Que vaut «Kaamelott: premier volet»? Faut-il avoir vu la série? Pas d’inquiétude! Suivez le guide…

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Le roi Arthur reprend son épée et sa mission dans «Kaamelott: premier volet». © Belga Films
Le roi Arthur reprend son épée et sa mission dans «Kaamelott: premier volet». © Belga Films

Enfin en salle à partir de ce 21 juillet après douze ans d’attente, « Kaamelott : premier volet » est bien plus que l’adaptation par Alexandre Astier de la série télé qui l’a rendu célèbre. C’est un véritable film d’heroic fantasy humoristique, qui vient s’inscrire à la suite de la sixième et dernière saison diffusée sur M6 en 2009. Alexandre Astier, que nous avons pu interviewer, nous l’a confirmé : « ici, c’est le monde du jeu de rôle, de l’heroic fantasy. Le monde est vaste, il y a des bateaux, des châteaux, des armées. Si on ne donne pas d’ampleur, ça ne va pas marcher. Et la comédie en profite aussi. Tous les personnages de cinéma, mais surtout les comiques, sont des êtres fragiles, pour moi. Les jeter dans un monde immense, à subir le froid ou la chaleur, à se farcir de vrais kilomètres, à affronter des dangers, ça crée un contraste où le comique naît naturellement. »

Le réalisateur, pour ce premier film de sa trilogie, a tiré profit de cette décennie passée : « S’il ne s’était passé que deux ans, ça n’aurait pas eu la même force. Surtout, ce laps de temps m’a permis d’introduire de nouveaux personnages, des jeunes dont on peut soupçonner qu’ils ont vécu dans le culte d’Arthur sans l’avoir jamais connu. Toute une population à laquelle je tiens beaucoup, car elle jouera un grand rôle par après. Je n’ai pas dû sortir toute la grammaire du cinéma pour justifier une longue ellipse, on l’a eue pour de bon ! Je n’ai pas dû recourir à des effets spéciaux pour vieillir les personnages, ils se sont vraiment pris dix ans dans la tronche ! » nous confie l’acteur et réalisateur, interprète du roi Arthur, dans son interview à retrouver dans le Ciné-Télé-Revue de ce jeudi.

«Kaamelott: premier volet», c’est «Kaamelott» avec des effets spéciaux, de l’espace et de la grande aventure. © Belga Films
«Kaamelott: premier volet», c’est «Kaamelott» avec des effets spéciaux, de l’espace et de la grande aventure. © Belga Films

Pour autant, faut-il avoir vu la série pour apprécier le film ? On ne peut que regretter pour ceux qui l’ont ratée d’avoir loupé ça, pour autant, ils ne seront pas perdus ! Dans les grandes lignes, à la fin de la saison de « Kaamelott », Arthur a abdiqué son pouvoir en faveur de Lancelot, pourtant son ennemi juré. Il a replanté Excalibur dans le Rocher, ne s’estimant plus digne de régner sur le royaume de Logres, et il s’est exilé. L’histoire reprend donc dix ans après. Lancelot est devenu un tyran, qui s’est acoquiné aux Saxons (emmenés par Sting !). Certains, adversaires d’Arthur, se sont rangés sous sa bannière (c’est le cas des personnages joués par Christian Clavier, Antoine de Caunes et François Rollin). Les partisans d’Arthur, comme le duc d’Aquitaine (Alain Chabat) et sa famille se sont repliés sur leurs terres, ou même la Résistance. C’est le cas des Perceval et Karadoc qui, leur taverne brûlée, mènent la lutte en sous-terrain (c’est-à-dire, sous terre, car ils ont sûrement mal compris le concept). Ce tableau brossé, tout est prêt pour le retour du roi.

Pas de «Kaamelott» sans Perceval et Karadoc (Franck Pitiot et Jean-Christophe Hembert)? C’est pas faux! © Belga Films

Si les « jeunes » se mêlent aux anciens protagonistes, comme la Dame du Lac (Audrey Fleurot), il n’y a absolument aucune difficulté à suivre l’intrigue. Arthur, contre son gré, est ramené à Logres pour l’affrontement avec Lancelot, et libère Dame Guenièvre au passage. Il va aussi devoir s’assurer qu’il est de nouveau capable de retirer l’épée de son rocher. Evidemment, si l’histoire n’est pas compliquée à suivre que l’on soit novice ou pas, pour les nouveaux venus, difficile d’expliquer ce qui fait le sel de cette saga. Au-delà du récit arthurien détourné et de la personnalité de plus en plus dépressive du roi dans un combat pour un pouvoir dont il ne veut pas, c’est l’humour d’Astier qu’on a plaisir à retrouver. Ça, c’est un petit plaisir d’initiés. Ses personnages causent toujours comme dans un film dialogué par Michel Audiard. L’argot pétille et dézingue plus qu’un coup d’épée, dans des joutes surtout verbales.

Ce méchant digne de «Star Wars» dans son costume de lézard est Lancelot (Thomas Cousseau). © Belga Films

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Mais comme on est dans un film, comme il y a une grande mission (un truc avec le Graal) qui se profile pour les Volets 1 et 2, il y a aussi de grands paysages, de l’exotisme, des balistes, des catapultes, des bateaux et des châteaux. Des souvenirs traumatisants aussi pour Arthur, formé à Rome durant son adolescence. Tout ça désarçonne… surtout pour celui qui a suivi la série. Il faut un petit temps pour reprendre ses repères. C’est comme de sortir à nouveau avec une ou un ex, dix ans après. On se rappelle ce qui avait fini par nous déplaire avant de regoûter à ce qui nous plaisait… Pour nous, il a fallu attendre une scène « totalement inutile » dixit Alexandre Astier, mais tellement, tellement irrésistible pour que nos zygomatiques se remettent à l’heure « Kaamelott ». C’est quand Roi, parti libérer Guenièvre, ordonne à Perceval et Karadoc de « faire deux cents pas sur le chemin et de monter la garde ». Ceux qui connaissent à quel point Astier maîtrise l’art de la prise de tête entre le roi et ses deux pires alliés savent déjà qu’ils vont avoir mal au ventre de rire. C’est un moment plus fort que la tentative de jouer une partie de robobrol, un de ces jeux aux règles impossibles que seul Perceval comprend. A sa façon ! Et là, tout à coup, on se rend compte combien toute cette bande nous avait manqué.

Et pour ceux qui veulent (re)voir la série avant pour être sûrs de tout bien suivre, les DVD existent et ils peuvent aussi se farcir le binge-watching de la mort qui tue en se prenant les six saisons sur RTL Play. Mais sinon, c’est pas grave.

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