Abonnez-vous pour 1€

«Travaillez avec nous plutôt que de nous critiquer»: la Ville de Verviers floque des chasubles... pour prouver sa présence sur le terrain

Certains gaspillent leur énergie à critiquer, ce qui énerve la bourgmestre de Verviers.
Certains gaspillent leur énergie à critiquer, ce qui énerve la bourgmestre de Verviers. - Belga

En Pré-Javais, certains habitants affirment que dans les premières heures suivant la crue meurtrière, on les a abandonnés et que depuis, on les laisse grosso modo se débrouiller, avec le seul appui de bénévoles.

Manière de voir les choses qui fait bondir la bourgmestre, Muriel Targnion. Rue Hombiet, on distribue des vivres à la population depuis vendredi matin, souligne-t-elle. Avec du personnel communal, mais aussi des bénévoles par dizaines, sous la houlette de l’autorité communale. Ils ont notamment distribué des bouteilles d’eau dès vendredi, puis un camion d’eau a circulé dans le quartier. Et les entreprises qui dégagent les déchets, elles sont réquisitionnées par la Ville. « On est là depuis le début », résume la bourgmestre.

À côté de cela, un point de distribution, lancé par des privés, s’est ouvert sur le parvis de l’église Saint-Remacle. Et certains y colportent, selon Muriel Targnion, la rumeur selon laquelle la Ville délaisse la population du quartier par rapport à d’autres zones.

Faux, s’insurge la bourgmestre, qui compte réagir en donnant davantage de visibilité aux initiatives coordonnées ou initiées par la Ville. « Notre action n’est pas assez visible. On va devoir faire faire des polos », explique-t-elle. Ce week-end, des chasubles ont déjà été achetées et la Ville fait imprimer des autocollants « Ville » pour les afficher dessus ou sur les vêtements de ceux qui collaborent avec la Ville.

Certains s’étonnaient aussi en Pré-Javais d’avoir vu davantage d’autres élus qu’elle sur le terrain. Normal, répond Muriel Targnion : la place d’une bourgmestre est au centre de crise, pour coordonner. Mais elle descend plusieurs fois par jour dans les quartiers, à Ensival et Pré-Javais, souligne-t-elle. « Et chaque fois que je retourne au centre de crise, je dois répondre à 40 coups de fil. »

Quant aux échevins, ils se retroussent les manches, en s’impliquant avec la population, dit-elle. « Jean-François Chefneux était beaucoup en Pré-Javais ; Maxime Degey aussi, et il court tout le temps, en tant qu’échevin des Travaux et Alexandre Loffet est sur le terrain ». De fait, ce lundi, il s’activait pour évacuer le matériel abîmé à l’école de l’Est.

Pour autant, on aurait encore pu mieux faire, selon la bourgmestre. Ainsi, pour les cabines W.-C. L’eau est revenue et les gens ont voulu réutiliser leurs toilettes. Mais les égouts étaient bouchés et donc, ça remontait. La Ville a bien essayé de louer des cabines dans des firmes spécialisées. Mais c’était quasi impossible un week-end, les bureaux des firmes étant fermés. La Ville a même contacté des flamandes, en vain. Mais ce lundi, des contacts ont pu être établis.

Bref, la bourgmestre rejette les accusations et estime que certains sont tentés par une instrumentalisation, politique ou non, de la gestion de la crise. Elle leur lance : « Travaillez avec nous plutôt que de nous critiquer. »

Notre sélection vidéo