Tchéky Karyo: «J’aimerais beaucoup revenir dans Kaamelott!»

Tchéky Karyo: «J’aimerais beaucoup revenir dans Kaamelott!»
Isopix/DR

Quelle a été votre réaction lorsque l’invitation pour la Nymphe de cristal du festival de Monaco vous est parvenue ?

J’étais très étonné ! Rendre hommage à ma carrière, ça m’a fait plaisir évidemment. Je me suis dit qu’il ne fallait pas faire la fine bouche et accepter ce beau trophée les bras ouverts, que c’était l’occasion d’embrasser tous ceux qui sont heureux de me voir recevoir cette chose fragile et délicate. J’ai trouvé ça plutôt cool, et en même temps ça me questionne sur où j’en suis dans ma vie. Vous savez, moi je vis comme quelqu’un qui a trente ans ! Alors, quand je réalise l’âge que j’ai vraiment (67 ans, ndlr)… ça fait bizarre. Mais c’est une réalité et je trouve ça intéressant de pouvoir se questionner de ce point de vue-là. C’est un moment qu’il faut vivre.

Comment avez-vous vécu ces derniers mois de crise sanitaire ?

Le confinement a été une espèce d’autoroute incroyable où, tout d’un coup, tout s’est arrêté. Cette sensation était quand même assez géniale je dois dire… Et puis pour nous, avec mon épouse Valérie (Kéruzoré), on a eu l’occasion de se rapprocher, d’être avec les enfants qui ont 8 et 5 ans, de faire l’école à la maison… Moi j’ai cuisiné, j’ai cherché à développer leur goût, à leur faire découvrir de nouvelles choses. C’était un moment formidable, vraiment.

La télévision n’est aujourd’hui plus l’anti-chambre du cinéma, on voit de plus en plus d’acteurs faire le pas du grand au petit écran. Qu’est-ce qu’elle a de si attirant, cette petite lucarne ?

Je ne sais pas comment répondre à ces questions… car je ne vois pas de différence. A part le financement, le mode de travail, la façon de préparer, d’écrire… le temps de tournage, aussi. C’est tout le fonctionnement plutôt que le contenu. Quand on fait de la télévision, on a bien souvent affaire aux séries, donc évidemment en tant qu’acteur, c’est un travail de plus longue haleine qui est intéressant à aborder. Ce qui fait qu’aujourd’hui, quand je fais un long, j’ai parfois l’impression de faire un court-métrage.

Et quel regard portez-vous sur les plateformes de streaming ?

Je trouve ça extraordinaire ! J’ai jamais vu autant de choses depuis qu’on a les moyens de prendre un iPad, un smartphone ou un pc et de porter de très bons écouteurs. On se focalise sur un écran et on est embarqués, avalés par une série, quel que soit l’endroit où l’on se trouve. C’est impressionnant ! Et quand on a affaire à des chefs d’oeuvre, c’est formidable.

Êtes-vous un grand consommateur de télévision et de streaming ?

Je passe pas mal de temps à regarder des séries, tout à fait. D’ailleurs, je fais attention de ne pas faire ce que j’interdis de faire à mes enfants ! (Rires.) C’est-à-dire d’être complètement absorbé. Je n’ai pas envie de les voir hurler quand on leur retire un écran, d’être comme des drogués… parce que c’est vrai que ça peut devenir une drogue, surtout quand on commence à faire ce qu’ils appellent le « binge-watching ».

Quelles séries recommanderiez-vous ?

J’ai été captivé par « Unodthodox » et l’histoire exceptionnelle de cette jeune fille qui se bat pour sa liberté. Sur le même thème, j’ai beaucoup aimé la série turque « Bir Başkadır », également disponible sur Netflix. On y suit une femme prise dans les fils de ses traditions et du machisme, c’est passionnant. « Fauda » est aussi une excellente série ! Les fictions israéliennes sont très qualitatives. À chaque fois, on sent comme une tentative d’être objectif par rapport au sujet. On essaie de comprendre la réalité de l’humanité avec une prise de hauteur, c’est très intéressant.

Vous citez beaucoup de séries étrangères… les séries françaises vous attirent moins ?

La fiction française a beaucoup évolué, elle est de plus en plus présente à l’étranger et séduit davantage la nouvelle génération. Mais j’ai trouvé « Lupin » formidable. « Engrenages » et « Dix pour cent », c’est pas mal aussi…

Quels sont vos projets ?

Là, je tourne dans une série qui s’appelle « Les Combattantes » avec Audrey Fleurot, j’y incarne un beau personnage. Et puis j’ai d’autres projets qui commencent à s’aligner, mais qui ne sont pas encore signés donc je préfère ne pas trop m’étendre. Sinon je vais doubler en français « Baptiste », dont la saison 2 arrive. C’est une série qui me tient à coeur, parce que c’est une histoire magnifique avec la BBC…

Justement, vous êtes un des rares Français à avoir réussi à vous exporter. Quelle différence éventuelle y a-t-il entre le cinéma américain et le cinéma français ?

Je ne sais pas trop, moi je suis toujours le nez dans le guidon. Quand on me propose quelque chose, je regarde le sujet, à qui j’ai affaire, les intentions qu’il y a derrière. Le cinéma européen est peut-être un peu moins formaté… C’est vrai qu’aux États-Unis, il y a le poids de l’industrie qui fait qu’on a droit à de grosses machines plutôt envahissantes, et c’est vrai qu’on peut le vivre comme une sorte d’impérialisme. Mais j’aime me promener dans ces différents espaces.

Y a-t-il un rôle que vous n’avez pas encore eu l’occasion d’interpréter et que vous aimeriez aborder ?

Le prochain ! (Rires.) Non mais disons que j’aimerais jouer des personnages chargés de ce que je suis aujourd’hui, c’est-à-dire un homme d’un certain âge qui est encore en pleine forme et qui a envie d’en découdre avec la jeune génération. Je trouve ça intéressant, parce qu’il y a des gens incapables de s’entendre avec les jeunes, qui ne les supportent pas, qui sont coincées dans leur époque. J’ai le souvenir de prendre des cours de guitare avec un jazzman qui avait une soixantaine d’années et qui n’arrêtait pas de dire du mal des jeunes et de ceci et de cela… Au bout d’un moment, j’ai dit ‘mais arrête, tu te comportes comme le mec contre lequel tu te bagarrais quand t’avais 20 ans !’ Il faut tenter d’échanger, faire des choses avec eux.

Et de toute votre carrière, quel est le rôle que vous avez préféré jouer ?

Ne me demandez pas quel enfant que je préfère. (Rires.) À chaque fois, ça été une aventure originale et singulière. À chaque fois, il y a des choses à raconter…

« Kaamelott » fait enfin ses débuts au cinéma. Vous avez joué dans quelques épisodes il y a quelques années… quel souvenir gardez-vous de ces tournages ?

Un souvenir très jubilatoire. J’aime beaucoup l’humour d’Alexandre Astier. C’est très facile de jouer avec lui, très simple… Ce qu’il écrit est tellement évident, il n’y a pas à chercher midi à quatorze heures, on peut lui faire confiance. Le personnage qu’il m’a donné à jouer (le sénateur Manius Macrinus Firmus, ndlr) est quand même très drôle, c’était génial de pouvoir incarner un type comme ça.

Il ne vous a pas encore appelé pour l’un des trois films qui va sortir ?

Non, mais j’aimerais beaucoup ! S’il a envie de voir ce personnage continuer à se développer, à être pris dans ses peines et sa frustration… je suis pour ! En tout cas, ma femme est dans le premier volet (elle joue la servante Nessa, ndlr), alors on ne manquera pas d’aller voir le film au cinéma.

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