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L’un des plus gros barons de la drogue français maintenu en détention

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Illustration - 123RF

Surnommé « Mouf », cet homme de 41 ans, originaire de l’Essonne, est incarcéré à la prison de Gradignan, près de Bordeaux.

Dans l’attente de son nouveau procès prévu les 1er et 2 septembre à Bordeaux, la cour d’appel a ordonné son maintien en détention, confirmant un jugement du 6 juillet du tribunal correctionnel, qui évoquait notamment un « risque de fuite à l’étranger ».

Moufide Bouchibi réclamait sa « libération immédiate » au motif qu’il avait été remis le 12 mai à la France de manière irrégulière, « en dehors de toute procédure d’extradition » et « en méconnaissance » d’une convention d’extradition liant la France aux Emirats arabes unis.

« C’est une extradition déguisée », qui visait à éluder les règles d’une telle procédure, souvent longue, selon son avocat Thomas Bidnic.

« Il semble qu’il n’y a pas eu de demande d’extradition. Or, une telle décision était indispensable à l’exercice de toutes mesures coercitives à son encontre », a-t-il expliqué à l’AFP.

Dans leur jugement du 6 juillet, les magistrats écrivaient qu’une procédure d’extradition n’avait pas « concrètement été mise en oeuvre à l’aune de la convention bilatérale d’extradition » entre les deux Etats, a-t-il rappelé.

Or dans le cas de M. Bouchibi, « l’extradition s’imposait et c’est au prix d’une faute majeure que le parquet de Bordeaux et le ministère de la Justice se sont affranchis de cette obligation », affirme l’avocat.

« Il ne pouvait en être autrement que si M. Bouchibi avait expressément consenti à sa remise à la France pour y être poursuivi pour les faits à l’origine de sa condamnation en 2015. Or ce dernier n’a jamais formulé son consentement contrairement à ce que laisse entendre l’arrêt de la cour d’appel », ajoute-t-il.

Avant d’être interpellé, Moufide Bouchibi avait été en cavale pendant plus de dix ans. Il était visé par un mandat d’arrêt international depuis qu’il avait été condamné, en son absence, en 2015 à Bordeaux, à 20 ans de prison et un million d’euros d’amende.

Il était entré dans le trafic de stupéfiants à grande échelle en s’associant au début des années 2000 avec un Alsacien, Sophiane Hambli, dit « la Chimère ».

Sofiane Hambli, toujours recherché par la police, est connu pour avoir été un informateur de la police au coeur d’une retentissante affaire qui avait mis en lumière les pratiques controversées de l’ex-patron de la lutte antidrogue, François Thierry.

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