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L’utilisation d’antibiotiques en dehors des hôpitaux ne baisse pas

L’utilisation d’antibiotiques en dehors des hôpitaux ne baisse pas
123RF

L’utilisation excessive d’antibiotiques peut avoir de conséquences graves sur le long terme. Étant donné que les bactéries deviennent résistantes, des infections légères peuvent générer de graves problèmes de santé et même devenir mortelles. De plus, lorsque les antibiotiques n’agissent pas, les transplantations et opérations deviennent sensiblement plus risquées. Cela entraîne, par la même occasion, de nombreux frais médicaux.

Les campagnes qui ont été mises en place dans le passé pour contrer l’utilisation excessive d’antibiotiques, ne semblent pas avoir porté leurs fruits. La recherche menée par l’université d’Anvers et celle d’Hasselt indique que, de façon globale, l’utilisation d’antibiotiques en Europe n’a pas diminué en vingt ans.

«D’après notre analyse des données de l’"European Surveillance of Antimicrobial Consumption Network (ESAC-Net)», portant sur l’utilisation d’antibiotiques en dehors des hôpitaux, il ressort, entre autres, qu’il n’y a pas de grande variation en fonction des saisons», explique Samuel Coenen, professeur à l’université d’Anvers. «En hiver, les antibiotiques sont souvent utilisés de manière excessive pour lutter contre les infections virales. C’est malheureux, parce que l’usage d’antibiotiques est tout simplement inutile dans ces situations.»

L’analyse montre, par ailleurs, que de plus en plus de pénicilline à large spectre est utilisée. Ici aussi, le patient encourt des risques de résistance aux traitements. L’utilisation des quinolones, un autre groupe d’antibiotiques à large spectre, est également en hausse.

En Belgique, l’utilisation par habitant reste supérieure à la moyenne européenne, mais les chercheurs observent surtout une tendance à la baisse. Cela s’applique à la fois à l’utilisation totale d’antibiotiques et au rapport entre les antibiotiques à large spectre et ceux à spectre étroit. Pour freiner l’utilisation des quinolones, les critères de remboursement de ces antibiotiques à large spectre ont été modifiés en Belgique depuis le 1er mai 2018.

Les chercheurs ont publié les résultats dans une série d’articles parus dans le «Journal of Antimicrobial Chemotherapy». «Des informations fiables sur l’utilisation des antibiotiques sont un élément essentiel de la lutte contre la résistance (bactérienne aux antibiotiques)», déclare le professeur Niel Hens (UAntwerpen/UHasselt). «Ces informations peuvent être utiles, par exemple, pour mettre en place des campagnes, formuler des objectifs autour de l’utilisation de groupes spécifiques d’antibiotiques et vérifier si les antibiotiques sont utilisés conformément aux directives nationales.»

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