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Deux semaines après les terribles inondations, quatre sinistrés témoignent: «Nous cherchons des solutions au jour le jour»

Joël (Pepinster), Jonathan (Trooz), Johnny (Angleur), Jean-Michel et Chantal Larondelle (Ensival).
Joël (Pepinster), Jonathan (Trooz), Johnny (Angleur), Jean-Michel et Chantal Larondelle (Ensival). - D.R.

L’heure est aux estimations des travaux nécessaires pour réhabiliter leur foyer. Mais cela vaut-il la peine de se lancer dans de telles dépenses ? Car il y a aussi l’envie de ne pas rester là, par crainte de revivre une nouvelle catastrophe.

Joël - Pepinster

Depuis de nombreuses années, Joël Meessen vit à Pepinster derrière l’école primaire de la Providence. Sa sonnette est bien connue des élèves qui veulent récupérer leurs ballons de foot quand ils passent par-dessus le petit mur séparant la cour de récré de son jardin. S’il leur prenait l’idée de venir jouer foot aujourd’hui dans la cour, les bambins n’auraient aucune difficulté à récupérer leur balle. Le mur s’est effondré. D’ailleurs au sein de sa maison, il ne reste pas grand-chose. Au rez-de-chaussée, le mur de la cuisine n’est lui aussi plus qu’un vague souvenir. Les meubles sont soit partis avec l’eau, soit inutilisables. L’eau est montée jusqu’au plafond et même au-delà.

Joël Meessen, de Pepinster, dans sa... cuisine.
Joël Meessen, de Pepinster, dans sa... cuisine. - A.R.

Que faire maintenant ? Loin de s’appesantir sur la perte de ses souvenirs, Joël aimerait que l’on rase purement et simplement sa maison. Malheureusement, elle ne fait pas partie du listing officiel de la commune. « Elle vaut 180.000 €. À quoi ça va servir de la retaper sachant que ça pourrait coûter 200.000 € ? » L’homme va faire venir des experts pour bien estimer ça. « Les escaliers ont bougé, il faut faire sécher les murs, le sol gondole, on va avoir des trous dans le mur… En plus on va détruire les maisons qui sont en première ligne me dit-on. Donc si ça se reproduit, ma maison sera aux premières loges sans rien pour la protéger. C’est ridicule. »

Pour l’heure, l’homme vit chez sa compagne et s’est trouvé un appartement à Dolhain. « Je ne souhaite pas spécialement rester dans la région, mais si je dois faire des travaux, c’est tout de même plus facile à suivre si je ne suis pas loin. »

Mentalement, l’homme vit assez bien la situation. « Le seul problème, c’est que je n’aime pas quand ça traîne. Sinon je ne suis pas pour m’appesantir sur mon sort. Il y a tellement de choses à faire que ça ne sert à rien de s’arrêter. Oui je suis triste, oui j’ai perdu des souvenirs et des objets auxquels je tenais. Mais voilà, maintenant, il faut se mettre au travail. »

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