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David a vu le niveau d’eau monter à Verviers et craint l’avenir: «Est-ce qu’on est toujours en sécurité ici?»

David a vu le niveau d’eau monter à Verviers et craint l’avenir: «Est-ce qu’on est toujours en sécurité ici?»

Directement après les dramatiques inondations d’il y a deux semaines, des voix se sont élevées pour dénoncer – ou à tout le moins questionner – le rôle du barrage d’Eupen sur l’ampleur du drame. Plusieurs témoignages font état de deux vagues qui ont littéralement dévasté la vallée de la Vesdre, faisant notamment 7 morts à Verviers et 8 à Pepinster.

Le député verviétois Malik Ben Achour est une de ces personnes convaincues que le barrage d’Eupen a sa part de responsabilité dans la catastrophe. Depuis plusieurs jours, il collecte des témoignages et des informations à ce sujet. Le dernier en date étant celui de David, un habitant de la rue Haute Crotte à Verviers, un quartier complètement sinistré. Malik Ben Achour a diffusé la vidéo de leur entretien sur Facebook ce mercredi soir.

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Ce Verviétois décrit comment l’eau a commencé à s’infiltrer dans les caves des maisons dès le mercredi après-midi. Le niveau a alors monté jusqu’au niveau de la porte d’entrée.

Sur le coup de 18 heures environ, certaines portes d’entrée ont été arrachées par l’eau. Il y avait alors entre 80 cm et 1 m d’eau.

« Tous les voisins sont alors sortis et ont quitté leur maison. Moi j’ai passé la nuit ici, dans ma voiture, pour rassurer tout le monde, pour veiller sur les maisons et éviter les pillages, explique David. Jusqu’à minuit, l’eau est montée jusqu’à 1 mètre puis le niveau s’est stabilisé. Plus tard, il y a même eu une décrue car on revoyait un appui de fenêtre qui était camouflé avant par l’eau. »

> Retrouvez toutes les informations de la région vérviétoise ici.

Mais c’était une courte accalmie, puisqu’après 2 heures du matin l’eau a remonté de plus belle. « Il y a eu une crue très importante qui m’a fait reculer. L’eau est alors montée jusqu’au niveau du premier étage ! », poursuit David. Ce qui signifie qu’il a fallu douze heures pour que l’eau monte d’un mètre, puis moins de deux heures pour qu’elle monte de deux mètres supplémentaires, jusqu’au 1er étage ! Ce que ne manque pas de relever le député verviétois, car la pluie n’a pas redoublé de plus belle durant ce laps de temps.

Une pièce de plus à verser dans le dossier à charge du barrage d’Eupen.

Pollué par les hydrocarbures

David évoque aussi la violence de l’eau, qui a détruit une canalisation de 60 cm de diamètre et des canalisations de gaz, ainsi que tous les murets de séparation des jardins, par exemple.

Il parle aussi des séquelles de ces inondations sur son corps. Le dimanche après les inondations, il a commencé à avoir des douleurs aux jambes. Ses mains et ses mollets ont gonflé et pris une teinte mauve. Il a dû aller aux urgences lundi soir tellement la douleur était forte. « Ils m’ont fait deux prises de sang et ont contacté le centre antipoison. Ils ont dit que c’était dû aux hydrocarbures et toutes les crasses qu’on retrouve dans l’eau. » Heureusement, il va mieux à l’heure actuelle.

« Est-ce que ça va se reproduire ? »

Pour Malik Ben Achour, il est absolument indispensable de comprendre ce qui s’est passé au barrage d’Eupen, les sinistrés ont le droit de savoir.

« Surtout que si nos maisons sont remises en état, on va continuer à vivre ici, mais dans quel état ?, se demande David. Si ça s’est passé, est-ce que ça va se reproduire ou pas ? Et est-ce qu’on est toujours en sécurité ici ou pas ? Ce sont des questions qu’on n’arrête pas de se poser aujourd’hui. »