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Rencontre avec Sammy Mahdi, secrétaire d’Etat à la Migration: «Jamais une grève de la faim ne me fera changer ma politique»

Rencontre avec Sammy Mahdi, secrétaire d’Etat à la Migration: «Jamais une grève de la faim ne me fera changer ma politique»
Isopix

Comment avez-vous vécu cette grève de la faim des sans-papiers ? Quelles leçons tirez-vous de cet épisode ?

Humainement, c’est une période intense ; le secrétaire d’État a une pression morale sur les épaules. Politiquement, je n’avais aucune raison de laisser le moindre doute sur ce que j’allais faire. Je le dis et le répète : il faut mieux organiser et structurer la migration chez nous, mais une régularisation collective, c’est tout sauf mieux l’organiser. Ces derniers mois, j’ai expliqué ma politique aux sans-papiers, mais je leur ai dit que je n’étais pas une table de négociations : on ne peut pas régulariser tout le monde et il n’y aura pas de régularisation collective, même temporaire. Il y a des règles à respecter pour s’installer dans un pays. Il est important pour moi de pouvoir se regarder dans le miroir et d’avoir une politique dans laquelle les choses sont correctes. En politique, il est important d’avoir sa vision, ses convictions, ses principes ; c’est la seule garantie de trouver des équilibres sur une thématique si fragile.

Les ex-grévistes de la faim disent que quitter l’église leur ferait perdre leur rapport de forces avec l’État et ils veulent déposer toutes les demandes de régularisation en une fois. Ont-ils vraiment compris ce que vous leur avez dit ?

Chacun a le droit de manifester et de faire une action dans une église. Je comprends leur optique collective, mais au final, ils ne seront pas traités différemment qu’avant la grève : il n’y aura pas de collectivité dans la régularisation et beaucoup risquent d’être déçus…

Vous ne craignez pas que cela risque de relancer des actions, une nouvelle grève de la faim ?

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