L’Afghanistan aux mains des talibans: Biden va s’exprimer «bientôt»

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L’Afghanistan aux mains des talibans: Biden va s’exprimer «bientôt»
AFP

14 h 50 → des relations toujours fortes mais plus discrètes entre talibans et Al-Qaïda

Dans leurs négociations avec les Américains, les nouveaux patrons de l’Afghanistan avaient promis de ne pas protéger les combattants d’Al-Qaïda, fondé par Oussama ben Laden et responsable du plus grand attentat jamais commis contre une puissance occidentale. « Les talibans n’ont jamais été sincères sur la rupture des liens avec Al-Qaïda et nous n’aurions jamais dû les croire », s’emporte Michael Rubin, un ancien fonctionnaire du Pentagone, aujourd’hui chercheur pour le groupe de réflexion conservateur American Enterprise Institute (AEI). « On ne parle pas de deux groupes militaires qui coupent les liens, mais plutôt de deux frères, de deux cousins. La présence des Etats-Unis et l’Otan ont empêché Al-Qaïda d’utiliser l’Afghanistan comme un sanctuaire. Ils ne pouvaient pas opérer ouvertement. Désormais, les paris sont ouverts », assure-t-il à l’AFP.

La présence d’Al-Qaïda en Afghanistan sera donc nécessairement plus clandestine, moins officielle, pronostique Aymenn Jawad Al-Tamimi, un chercheur du programme sur l’extrémisme de l’université George Washington. « Je ne pense pas que les talibans les laisseront ouvrir des camps d’entraînement qui pourraient être détectés de l’extérieur et faire l’objet de bombardements », estime-t-il.

« Ce qui se passe en Afghanistan est une victoire claire et retentissante pour Al-Qaïda », affirme sans détour Colin Clarke, directeur de recherche du Soufan Center, basé à New York. « C’est un événement qu’il pourrait utiliser pour attirer de nouvelles recrues et créer une dynamique dont il n’a pas bénéficié depuis la mort de Ben Laden » en 2011.

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Illustration - Photonews

14 h 39 → Un avion militaire afghan s’est écrasé en Ouzbékistan

Un avion militaire afghan s’est écrasé dimanche soir en Ouzbékistan, une ex-république soviétique d’Asie centrale qui partage une frontière avec l’Afghanistan, a déclaré lundi à l’AFP un porte-parole du ministère de la Défense. « L’avion militaire a traversé illégalement la frontière de l’Ouzbékistan. Une enquête est en cours » sur l’incident, a déclaré le porte-parole, Bakhrom Zoulfikarov, confirmant les informations de médias ouzbeks faisant état du crash la veille dans la province de Sourkhondario (sud), frontalière de l’Afghanistan.

Bekpoulat Okboïev, un médecin dans un hôpital de la province de Sourkhondario, a dit lundi à l’AFP que deux patients portant l’uniforme des forces armées afghanes y avaient été hospitalisés dimanche soir. L’un des patients s’est éjecté « avec un parachute », a-t-il raconté, précisant que tous les deux souffraient de fractures. Trois autres militaires afghans présumés ont été admis dans cet hôpital samedi, selon la même source.

14 h 30 → Pour des Afghanes, le retour des talibans marque « la fin du monde »

« Pour toute la nation, voir ainsi tout s’effondrer en un instant, c’était la fin du monde », a confié lundi matin à l’AFP une étudiante afghane, quelques heures après l’entrée des talibans dans Kaboul. « C’est un cauchemar pour les femmes qui ont fait des études, qui envisageaient un avenir meilleur pour elles-mêmes et les générations futures ».

Les talibans ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils respecteraient les droits humains si ils revenaient au pouvoir en Afghanistan, en particulier ceux des femmes, mais en accord avec les « valeurs islamiques ». Les Afghanes ont le plus grand mal à croire à ces promesses, notamment celles qui, pendant deux décennies, sont allées à l’université, ont occupé des postes à responsabilité, notamment en politique, dans le journalisme et même au sein de la magistrature et des forces de sécurité. Les talibans ne tolèrent pas de reproduction d’images des femmes. Samedi, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres s’est dit « horrifié » de « voir que les droits durement acquis par les filles et les femmes afghanes sont en train de leur être enlevés ».

14 h 16 → Biden va s’exprimer « bientôt », selon l’un de ses principaux conseillers

Joe Biden, qui se trouve à Camp David, lieu de villégiature des présidents américains, va s’exprimer « bientôt » sur l’Afghanistan, a déclaré lundi son conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan. Les Américains « peuvent s’attendre à avoir bientôt des nouvelles du président. Il est en ce moment même en contact actif avec son équipe de sécurité nationale. Il travaille dur pour gérer cette situation », a dit Jake Sullivan, interrogé sur la chaîne de télévision ABC. Il n’a pas donné de détails sur le moment ou la forme de cette intervention.

Un cliché diffusé dimanche le montre assis seul à une immense table de réunion à Camp David, face à un écran de visioconférence sur lequel apparaissent plusieurs hauts responsables.

Photonews

13 h 45 → Retrait d’Afghanistan : Merkel évoque une décision de « politique intérieure » américaine

Angela Merkel a qualifié d’« amère » la situation en Afghanistan et jugé que la décision du retrait des troupes occidentales avait été prise par les États-Unis, entre autres, « pour des raisons de politique intérieure ». « Il y a eu un effet domino après le retrait des troupes », a déclaré la chancelière allemande au cours d’une réunion à huis clos devant les cadres de son parti, l’Union démocrate-chrétienne allemande (CDU), selon des propos rapportés à l’AFP par des participants. Elle a ajouté que la responsabilité du retrait militaire occidental revenait aux États-Unis, ont poursuivi ces sources. « Nous avons toujours dit que nous resterions aussi si les Américains restaient », a-t-elle souligné. Mais la chancelière a aussi exprimé une certaine compréhension de la décision prise par Joe Biden, relevant que les États-Unis avaient payé un lourd tribut sur le plan humain en Afghanistan.

Samedi, le président américain avait défendu sa décision de mettre fin à 20 ans de guerre en Afghanistan, estimant qu’« une année ou cinq années de plus de présence militaire américaine n’aurait fait aucune différence, quand l’armée afghane ne peut ou ne veut pas défendre son propre pays ».

13 h 36 → Le retrait de l’Otan, « une erreur »

L’ancien ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer a jugé lundi que le retrait des troupes de l’Otan d’Afghanistan « sans négociation » préalable avait été « une erreur », laissant le champ libre aux talibans. « Je pense que la décision d’un retrait précipité sans négociation était une erreur », a martelé celui qui était le chef de la diplomatie lors du déploiement des troupes de l’Otan en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. « Après le 11 septembre, ne l’oublions pas, nous avions le devoir de combattre le terrorisme islamiste », a défendu l’ancien responsable des Verts, retiré depuis plus de 15 ans de la vie politique. « Nous en voyons les conséquences aujourd’hui », selon l’ex-ministre écologiste.

13 h 24 → La cohue à l’aéroport de Kaboul rend les décollages impossibles

Il n’est actuellement pas possible d’utiliser l’aéroport international de Kaboul, selon un porte-parole du gouvernement allemand cité par l’agence de presse ANP. Il y a tellement de monde dans l’enceinte de l’aéroport que les avions ne peuvent ni décoller ni atterrir.

Des images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent des Afghans, désespérés, s’agiter sur la piste de décollage et d’atterrissage, certains s’agrippant tant bien que mal à un avion de l’U.S. Air Force en mouvement. Suite à la prise de pouvoir des talibans ce dimanche, beaucoup d’Afghans tentent de fuir, craignant pour leur vie parce qu’ils ont travaillé avec le gouvernement précédent ou avec des puissances occidentales. Ou parce que, comme dans les années 1990, ils redoutent d’être persécutés par les talibans pour des raisons ethniques ou religieuses. Cinq personnes sont déjà décédées à l’aéroport de Kaboul en raison du chaos ambiant.

13 h 07 → La délégation afghane ne pourra pas se rendre à Tokyo

L’équipe d’Afghanistan ne va pas pouvoir participer aux Jeux Paralympiques de Tokyo, qui débutent la semaine prochaine, en raison de la situation dans le pays, a annoncé lundi le Comité international paralympique (CIP). Deux sportifs seulement font partie de cette délégation afghane : Zakia Khudadadi et Hossain Rasouli, engagés en taekwondo. Khudadadi, 23 ans, aurait été la première femme à représenter l’Afghanistan à des Jeux paralympiques, mais les talibans, opposés par principe à ce que les femmes aillent à l’école, travaillent ou fassent du sport, ont pris Kaboul dimanche.

Selon un porte-parole du CIP, Craig Spence, « à cause de la situation très grave dans laquelle se trouve le pays, tous les aéroports sont fermés et il leur sera impossible de partir pour Tokyo ».

Reuters

13 h → La Défense belge se propose d’activer des moyens aériens et un détachement d’évacuation

Selon nos confrères du Nieuwsblad, la ministre de la Défense Ludivine Dedonder a annoncé vouloir envoyer des avions belges à Kaboul. « Suite à l’évolution très préoccupante de la situation en Afghanistan, nous proposons d’activer une série de ressources », a-t-elle déclaré. « Concrètement, il s’agit d’un A400M, de deux C130 et d’un Falcon7X. Une partie du détachement NEO (opérations d’évacuation des non-combattants) est également prête à participer à l’organisation d’une évacuation de l’aéroport de Kaboul.

« Quant aux interprètes et employés afghans qui ont travaillé pour des intérêts belges, ils ont la possibilité de se faire connaître auprès de nos autorités. Ces personnes étaient aussi souvent employées par d’autres pays. un autre pays », a déclaré la ministre.

12 h 37→ Les compagnies aériennes doivent éviter l’espace aérien afghan

L’espace aérien afghan est laissé aux militaires et tous les vols civils sont invités à l’éviter, a annoncé lundi l’Autorité afghane de l’aviation civile (ACAA). Dans la foulée, Lufthansa, premier groupe aérien européen, ainsi qu’Air France ont annoncé éviter « jusqu’à nouvel ordre », le survol de l’Afghanistan. British Airways et Virgin Atlantic ont également indiqué qu’elles n’empruntaient plus l’espace aérien afghan. Dans une Notam (« notice to airmen » ou message aux navigants aériens), l’ACAA « conseille aux avions en transit de se dérouter ». « Tout transit dans l’espace aérien de Kaboul sera non contrôlé », ajoute-t-elle.

Les talibans ont repris Kaboul dimanche, poussant ressortissants étrangers et de nombreux Afghans à tenter en catastrophe de quitter le pays. À l’aéroport Hamid Karzaï de Kaboul, où un pont aérien a été mis en place, l’envahissement des pistes par des Afghans affolés a provoqué l’annulation des vols commerciaux. Sur l’aéroport, une noria d’avions militaires, essentiellement américains, évacuait personnels diplomatiques et leurs employés locaux.

12 h 30 → La « défaite » des Américains doit se transformer en « opportunité de paix »

Le président iranien Ebrahim Raïssi a estimé lundi que « la défaite » des États-Unis en Afghanistan, où les talibans ont repris le pouvoir, devait se transformer en une « opportunité de paix » dans ce pays voisin de la République islamique d’Iran.

« La défaite militaire et le départ des États-Unis d’Afghanistan doit se transformer en opportunité pour établir la sécurité et une paix durable dans ce pays », a déclaré le président Raïssi, affirmant que Téhéran « tenait aux relations de bon voisinage avec l’Afghanistan », selon un communiqué officiel publié sur le site de la présidence.

12 h 24 → Le fils du commandant Massoud appelle à la résistance

Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda, a appelé lundi ses compatriotes à le rejoindre pour résister aux talibans qui sont en train de prendre le pouvoir en Afghanistan, tout en pressant les « amis de la liberté » étrangers d’aider son pays. Dans une tribune publiée par la revue française La Règle du jeu, il affirme vouloir faire « sien » le combat de son père pour la liberté, alors que « la tyrannie triomphe en Afghanistan ».

Ahmad Massoud
Ahmad Massoud - AFP

« Mes compagnons d’armes et moi allons donner notre sang, avec tous les Afghans libres qui refusent la servitude et que j’appelle à me rejoindre dans notre bastion du Panjshir, qui est la dernière région libre de notre pays à l’agonie », lance-t-il à l’adresse des Afghans « de toutes régions et de toutes tribus ». Il estime que « malgré la débâcle totale », « tout n’est pas perdu ».

12 h 18 → Réunion mardi des ministres des Affaires étrangères de l’UE

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE tiendront mardi une réunion par visioconférence pour discuter de la situation en Afghanistan, où les États occidentaux accélèrent leurs opérations d’évacuation, ont indiqué lundi plusieurs diplomates à l’AFP.

Plusieurs États membres et la Commission européenne tâchent d’évacuer en hâte leurs diplomates et ressortissants de Kaboul, où les talibans sont en train de reprendre le pouvoir après une offensive militaire éclair qui a balayé les forces armées afghanes. En Belgique, un conseil ministériel restreint (« kern ») rassemblant les principaux ministres du gouvernement fédéral est prévu lundi soir, a-t-on appris de source gouvernementale.

12 h 10 → La France évacue, Macron va s’exprimer

La France commence d’ici lundi soir à évacuer ses derniers ressortissants d’Afghanistan, passé sous contrôle des talibans, alors qu’Emmanuel Macron doit s’exprimer à 20H00 pour détailler sa stratégie face à cette crise qui inquiète fortement la communauté internationale. Près de 625 Afghans employés dans des organisations françaises sont déjà arrivés en France avec leur famille depuis le mois de mai, selon le gouvernement.

« La France a déjà donné plus de 1.000 visas. Il faudra en donner aux gens qui ont travaillé avec nous. Il ne faut surtout pas abandonner ces familles », a souhaité lundi François Patriat, le patron des sénateurs LREM, sur Cnews. Les opérations d’évacuation sont notamment gérées par les diplomates toujours présents à Kaboul, dont l’ambassadeur David Martinon, qui se sont délocalisés dimanche à l’aéroport quelques heures avant que les talibans n’entrent dans la capitale, désertée par le président Ashraf Ghani. Sécurisé par les forces américaines, l’aéroport est devenu le seul point de fuite pour les étrangers mais aussi les Afghans.

Afghans voulant fuir en se réfugiant à l’aéroport de Kaboul
Afghans voulant fuir en se réfugiant à l’aéroport de Kaboul - Reuters

11 h 53 → Une cinquantaine de Belges encore en Afghanistan, leur rapatriement est compliqué

Selon nos confrères de la RTBF et un décompte du Ministère des Affaires étrangères, il resterait une cinquantaine de Belges sur le territoire afghan, soit 34 résidents permanents (travailleurs d’ONG, double-nationalité…) et membres de leur famille et une dizaine de Belges de passage dans le pays. Leur sortie d’Afghanistan est compliquée à organiser.

Le Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères appelle tous les Belges présents sur place à prendre contact avec l’ambassade de Belgique compétente pour l’Afghanistan, celle d’Islamabad, la capitale pakistanaise. « Nous examinons la situation au cas par cas. La situation sur place est extrêmement chaotique, avec des milliers de personnes bloquées à l’aéroport (international) de Kaboul », a indiqué le porte-parole, Wouter Poels, à l’agence Belga.

11 h 15 → La Chine souhaite des « relations amicales » avec les talibans

La Chine, qui partage 76 km de frontière avec l’Afghanistan, a indiqué lundi qu’elle souhaitait des « relations amicales » avec les talibans, au lendemain de la prise de Kaboul par les insurgés.

Pékin « respecte le droit du peuple afghan à décider de son propre destin et de son avenir », a affirmé devant la presse une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying.

11 h 14 → Lufthansa suspend le survol de l’Afghanistan « jusqu’à nouvel ordre »

Lufthansa, premier groupe aérien européen et maison-mère de Brussels Airlines, a suspendu lundi « jusqu’à nouvel ordre », le survol de l’Afghanistan, où les talibans ont repris le pouvoir. Les ressortissants étrangers tentent en catastrophe de quitter le pays. « Toutes les compagnies aériennes du groupe suspendent les survols de l’Afghanistan jusqu’à nouvel ordre », a indiqué Lufthansa dans un communiqué transmis à l’AFP. Le groupe détient, outre Brussels Airlines, également les compagnies Swiss, Austrian Airlines et Eurowings.

10 h 58 → Un « échec de la communauté internationale », pour Londres

« C’est un échec de la communauté internationale, qui n’a pas compris qu’on ne règle pas les choses du jour au lendemain », a déclaré sur la BBC le ministre britannique de la Défense Ben Wallace, qui avait déjà critiqué ouvertement la semaine dernière la décision américaine de se retirer. Il a cependant assuré que l’engagement britannique en Afghanistan, qui a coûté la vie à 457 soldats britanniques en 20 ans d’intervention, « ne comptait pas pour rien ». Prenant acte du fait que « les talibans contrôlent le pays », Ben Wallace a estimé sur Sky News que ce n’était « pas le moment pour l’instant » de reconnaître les talibans comme gouvernement officiel de l’Afghanistan. « Il y a encore beaucoup de choses à faire avant que ces décisions soient prises », a-t-il souligné, estimant que les actions des talibans « ne correspondaient pas à leurs promesses ».

Les scènes de panique « sont localisées du côté civil » de l’aéroport. Le côté militaire est sécurisé et sous contrôle, les vols militaires entrent et sortent », a assuré M. Wallace.

Le Royaume-Uni a déployé 600 soldats pour assurer l’évacuation de ses ressortissants et de son personnel local. Un premier vol est arrivé pendant la nuit sur la base de Brize Norton, dans le centre de l’Angleterre. « Nous avons évacué 370 employés et citoyens britanniques hier et avant-hier », a précisé le ministre, ajoutant qu’un groupe de 782 Afghans sera évacué du pays « dans les prochaines 24 à 36 heures ».

10h30 → L’Allemagne veut déployer des soldats en Afghanistan

L’Allemagne veut déployer des soldats en Afghanistan pour évacuer les derniers Allemands ainsi que des Afghans menacés dans le pays reconquis par les talibans après le départ des troupes de l’Otan, a appris l’AFP lundi de sources parlementaires.

Angela Merkel va demander un mandat aux députés pour déployer jusqu’à « plusieurs centaines de soldats » de la Bundeswehr pour cette évacuation, selon un briefing de la chancelière devant les responsables de son groupe parlementaire dimanche soir. Selon le projet du gouvernement, un pont aérien doit être mis en place pour permettre l’évacuation de 2.000 Afghans ayant travaillé pour les Allemands, « des femmes particulièrement menacées, des défenseurs des droits de l’Homme et d’autres employés d’ONG », selon les mêmes sources.

Le conseil des ministres doit adopter mercredi ce projet, examiné par les députés la semaine prochaine lors d’une séance extraordinaire. Après près de deux décennies de présence en Afghanistan dans le cadre d’une opération de l’Otan, la Bundeswehr a achevé son retrait du pays fin juin.

10 h → L’ambassadeur russe à Kaboul va rencontrer les talibans mardi

L’ambassadeur de Russie à Kaboul va rencontrer les talibans mardi, a annoncé lundi l’émissaire du Kremlin pour l’Afghanistan, Zamir Kaboulov, précisant que Moscou allait décider de reconnaître ou non le nouveau pouvoir afghan en fonction de ses « agissements ».

« L’ambassadeur russe (Dmitri Jirnov) est en contact avec les talibans. Demain, il va rencontrer leur coordinateur pour la sécurité », a indiqué M. Kaboulov à la radio Echo de Moscou. « La reconnaissance ou non va dépendre des agissements du nouveau régime », a-t-il ajouté.

09h44 → Au moins cinq morts à l’aéroport de Kaboul

Au moins cinq personnes ont été tuées dans le chaos qui règne à l’aéroport de la capitale afghane, Kaboul. Des témoins oculaires ont rapporté ces faits à l’agence de presse Reuters. Un témoin oculaire dit avoir vu les restes de cinq personnes être chargés dans une voiture. Le Wall Street Journal américain a reçu des informations selon lesquelles trois personnes ont été abattues.

Soldats américains sécurisant l’aéroport de Kaboul
Soldats américains sécurisant l’aéroport de Kaboul - AFP

09h40 → Donald Trump demande la démission de Joe Biden

Suite aux événements se déroulant en Afghanistan, Donald Trump a réagi dans un communiqué en appelant son successeur, Joe Biden, à démissionner.

09h20 → De nombreux manifestants ont envahi le tarmac de l’aéroport de Kaboul

D’après une vidéo publiée sur Twitter, des milliers de manifestants ont envahi le tarmac de l’aéroport de Kaboul, où se sont réfugiés les membres diplomatiques des États-Unis. Des coups de feu ont été tirés.

09h03 → Les Afghans illégaux ne seront plus renvoyés de force

Le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Sammy Mahdi a annoncé sur Twitter que, vu la situation en Afghanistan, il ne renverrait plus d’Afghans de force dans leur pays temporairement.

09h00 → Les vols commerciaux annulés à l’aéroport de Kaboul en raison du chaos

Les vols commerciaux sont annulés à l’aéroport de Kaboul, où des milliers d’Afghans cherchent à fuir leur pays dans un chaos total après la prise du pouvoir par les talibans, a annoncé lundi l’autorité aéroportuaire de la capitale.

« Il n’y aura pas de vols commerciaux au départ de l’aéroport Hamid Karzai, pour prévenir le pillage. S’il vous plaît, ne vous précipitez pas à l’aéroport », a-t-elle déclaré dans un message transmis à la presse.

08h49 → Première rotation d’évacuation de Français de Kaboul prévue d’ici lundi soir

La première rotation aérienne d’évacuation de Kaboul organisée par l’armée française entre sa base aux Emirats et la capitale afghane tombée aux mains des talibans est prévue d’ici « la fin de ce lundi », a déclaré la ministre française des Armées Florence Parly.

« Nous planifions de faire la première rotation d’ici la fin de ce lundi », a déclaré la ministre sur la radio France Info, précisant qu’il y avait « plusieurs dizaines » de Français à évacuer, ainsi que des « personnes qui sont sous notre protection ». « Nous avons organisé sur la base dont nous disposons aux Émirats Arabes Unis les conditions d’accueil des premiers évacués, qu’il s’agisse de ressortissants français qui seraient encore à Kaboul, mais qu’il s’agisse aussi des personnes qui sont sous notre protection et que nous allons évacuer », a-t-elle dit.

La priorité française est d’« évacuer ses ressortissants, évacuer les personnels (afghans, ndlr) qui ont rendu d’éminents services à notre pays en nous aidant au quotidien, et par ailleurs faire le maximum pour mettre en protection des personnalités qui ont défendu les droits, les Droits de l’Homme, des journalistes, des artistes, tous ceux qui sont engagés pour ces valeurs que nous continuons de défendre partout dans le monde », a-t-elle dit.

Cette opération militaire d’évacuation, baptisée Apagan, mobilise notamment deux avions de transport de l’Armée de l’Air, un C130 et un A400M, qui ont décollé dimanche soir et lundi matin de France pour les Émirats.

08h00 → La situation à 08h ce lundi

Le fulgurant triomphe des insurgés, qu’ils ont célébré dimanche soir en investissant le palais présidentiel à Kaboul, a déclenché des scènes de panique monstre à l’aéroport de la capitale.

Une marée humaine s’est précipitée vers ce qui est la seule porte de sortie du pays, pour tenter de fuir le nouveau régime que le mouvement islamiste radical, de retour au pouvoir après 20 ans de guerre, promet de mettre en place.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montraient des scènes de chaos absolu, des milliers de personnes attendant sur le tarmac même, et des grappes de jeunes hommes, surtout, s’agrippant aux passerelles ou aux escaliers pour tenter de monter dans un avion.

Les forces américaines ont même tiré en l’air pour tenter de contrôler cette foule, pas convaincue par les promesses des talibans que personne n’avait rien à craindre d’eux, a indiqué à l’AFP un témoin, qui a avoué avoir « très peur ».

« Nous avons peur de vivre dans cette ville et nous tentons de fuir Kaboul », a raconté à l’AFP depuis l’aéroport Ahmad Sekib, 25 ans, un autre témoin utilisant un faux nom.

« J’ai lu sur Facebook que le Canada accepte des demandeurs d’asile d’Afghanistan. J’espère que je serai l’un d’eux. Comme j’ai servi dans l’armée, j’ai perdu mon boulot, et c’est dangereux pour moi de vivre ici car les talibans me cibleront, c’est sûr », a-t-il expliqué.

En raison de la situation à l’aéroport, l’autorité aéroportuaire de la capitale a annoncé que les vols commerciaux en partance étaient annulés.

Les rues de la capitale étaient en revanche plutôt calmes, largement patrouillées par des talibans en armes, notamment dans la « Green zone », auparavant ultra-fortifiée qui abrite les ambassades et les organisations internationales.

Les talibans ont informé leurs combattants que « personne n’est autorisé à entrer dans la maison d’autrui sans permission », a affirmé l’un de leurs porte-parole, Suhail Shaheen. « Il ne peut être attenté à la vie, la propriété, l’honneur de personne », a-t-il affirmé.

« Servir notre nation »

Le désormais ex-président Ghani a reconnu dimanche soir que les talibans avaient « gagné », après avoir fui le pays.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le mollah Abdul Ghani Baradar, co-fondateur des talibans, a salué la victoire du mouvement islamiste. « À présent, c’est le moment d’évaluer et de prouver, à présent nous devons montrer que nous pouvons servir notre nation et assurer la sécurité et le confort dans la vie », a-t-il affirmé.

La débâcle est totale pour les forces de sécurité afghanes, financées pendant 20 ans à coups de centaines de milliards de dollars par les États-Unis. En dix jours, le mouvement islamiste radical, qui avait déclenché une offensive en mai à la faveur du début du retrait des troupes étrangères, notamment américaines, a pris le contrôle de quasiment tout l’Afghanistan.

Et ce vingt ans après en avoir été chassé par une coalition menée par les États-Unis en raison de son refus de livrer le chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Le drapeau américain a été retiré tôt lundi de l’ambassade des États-Unis à Kaboul et « mis en sécurité avec le personnel de l’ambassade » regroupé à l’aéroport dans l’attente d’une évacuation, ont annoncé depuis Washington le département d’État et le Pentagone.

Les Américains ont envoyé 6.000 militaires pour sécuriser l’aéroport et évacuer quelque 30.000 diplomates américains et civils afghans ayant coopéré avec les États-Unis qui craignent les représailles des talibans.

De nombreux autres diplomates et ressortissants étrangers ont également été évacués à la hâte de Kaboul dimanche. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir lundi à 14H00 GMT pour débattre de la situation en Afghanistan.

Les citoyens afghans et étrangers voulant fuir l’Afghanistan « doivent être autorisés à le faire », ont plaidé les États-Unis et 65 autres pays dans un communiqué commun, avertissant les talibans qu’ils devaient faire preuve de « responsabilité » en la matière.

L’administration du président américain, Joe Biden, a défendu sa décision de mettre fin à 20 ans de guerre, la plus longue qu’ait connue l’Amérique.

« Ceci n’est pas Saïgon », a assuré dimanche le secrétaire d’État américain Antony Blinken sur CNN, évoquant la chute de la capitale vietnamienne, en 1975, un souvenir encore douloureux pour les États-Unis.

Pilule amère pour Washington

Mais la pilule est amère pour Washington dont l’image en ressort profondément écornée et qui déplore 2.500 personnes tuées, ainsi qu’une facture de plus de 2.000 milliards de dollars.

« Je suis le quatrième président à gouverner avec une présence militaire américaine en Afghanistan (…) Je ne veux pas, et je ne vais pas, transmettre cette guerre à un cinquième », avait auparavant justifié le président Biden.

Son prédécesseur Donald Trump – qui avait conclu avec les talibans en février 2020 l’accord de retrait des forces américaines – a fustigé « une des plus grandes défaites dans l’histoire américaine » et l’a appelé à démissionner.

La peur régnait aussi parmi les dizaines de milliers de personnes réfugiées à Kaboul ces dernières semaines pour fuir les violences dans leur région.

« Je crains qu’il n’y ait beaucoup de combats ici », a confié un médecin ayant requis l’anonymat, arrivé de Kunduz (nord) avec 35 membres de sa famille. « Je préférerais rentrer chez moi, où je sais que ça s’est arrêté ».

Lorsqu’ils dirigeaient ce pays, entre 1996 et 2001, les talibans avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique.

Ils ont maintes fois promis que s’ils revenaient au pouvoir, ils respecteraient les droits humains, en particulier ceux des femmes, en accord avec les « valeurs islamiques ».

Mais dans les zones nouvellement conquises, ils ont déjà été accusés de nombreuses atrocités : meurtres de civils, décapitations, enlèvements d’adolescentes pour les marier de force, entre autres.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, « particulièrement préoccupé par l’avenir des femmes et des filles, dont les droits durement acquis doivent être protégés », a appelé toutes les parties au conflit à « la plus grande retenue ».