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Rajae Maouane et Jean-Marc Nollet reviennent sur cet été marqué par les incendies et les inondations: «Des réfugiés climatiques, on en a en Wallonie»

Jean-Marc Nollet: «Il y a un absolu besoin chez les victimes d’avoir toute la clarté».
Jean-Marc Nollet: «Il y a un absolu besoin chez les victimes d’avoir toute la clarté». - E.G.

Une interview en forêt de Soignes, c’est original. Je suppose que ce n’est pas un hasard ?

Rajae Maouane (RM) : C’est important pour nous, voilà un bel endroit, un poumon vert de Bruxelles et cela traduit notre envie de remettre le vert au cœur de l’actualité politique. Cet été, on a eu des incendies et des inondations dramatiques, chez nous et en Europe, des pics de chaleur incroyables, etc. Il y a eu le rapport du GIEC qui est alarmant. On y dit que le dérèglement climatique est la cause de ce genre d’épisode extrême qui a fait une intrusion fracassante dans le quotidien des citoyens. Le rapport est clair, mais on n’a pas envie d’être alarmiste, car on a les solutions et les cartes en main. On a cette ambition que tous les gouvernements, où Écolo siège, mettent cela en avant. L’enjeu est important : ce combat est aussi celui pour plus de justice sociale, ce sont les deux faces d’une même pièce. On l’a vu : les premières victimes des inondations sont les plus vulnérables, les plus précarisés. Au rendez-vous de la Cop, la conférence annuelle de l’ONU sur le climat, qui aura lieu à Glasgow en novembre, la Belgique va retrouver une place à la pointe de ce combat. Notre ministre du Climat, Zakia Khattabi (Ecolo, NdlR), a demandé à tous les ministres fédéraux de présenter une feuille de route claire avec leurs actions. Il faut bouger aujourd’hui, sinon cela nous coûtera encore plus cher demain.

Cela veut dire qu’il faut investir massivement et très rapidement ?

Jean-Marc Nollet (JMN) : Investir, c’est le mot, avec « urgence » aussi. Le dérèglement climatique est le défi de notre génération et la manière de le contrer, c’est en investissant : au plus vite, on le fait, au moins ce sera coûteux. Le coût de l’inaction serait énorme. Il y a eu un déclic dans l’accord du gouvernement, le plus vert que l’on n’ait jamais eu, a dit le Premier ministre. Il y a les milliards du plan européen (…) Il faut intervenir pour adapter nos régions, notre territoire. Il faut réduire nos émissions de CO2, c’est déjà le cas, mais malheureusement, vu le retard accumulé, le dérèglement climatique va encore provoquer ces deux extrêmes que sont les sécheresses et les inondations. Il faut créer une sécurité environnementale comme on a créé une sécurité sociale en 1945. On est face à des catastrophes qui sont de moins en moins naturelle et de plus en plus climatiques. Avec des implications pour l’aménagement du territoire, l’agriculture, l’industrie, la construction, l’énergie… Pour tout, en fait. C’est la matrice des politiques à venir.

>> «  Des réfugiés climatiques, on en a en Wallonie », expliquent-ils.

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