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Plainte pour non-assistance à personne en danger: «Le voisin a refusé de nous ouvrir»

Joël et son épouse Stéphanie ont perdu leur maison à Vaux-sous-Chèvremont lors des inondations de juillet. Ce sont des miraculés : après plusieurs heures d’attente sur un toit, des amis sont venus les secourir, eux et leurs deux filles, en jet-ski ! En revanche, ils en veulent à l’un de leurs voisins qui, selon eux, a refusé de leur ouvrir sa fenêtre. Ils ont porté plainte.

« J’ai retracé toute l’histoire dans ses moindres détails, heure par heure, sur sept pages entières », nous dit Stéphanie. « Et j’ai aussi mentionné les coordonnées de témoins. J’ai envoyé le tout au procureur du Roi de Liège. On verra la suite qu’il y donnera. Je ne laisserai pas tomber ».

La nuit des inondations, la maison familiale située en bord de Vesdre à Vaux-sous-Chèvremont (Chaudfontaine) a été submergée par les eaux et en même temps, touchée par un incendie qui s’est propagé au départ d’une première maison dans la rue. Jusqu’au bout, Joël, Stéphanie et leurs deux filles, âgées de 27 et 24 ans, ont cru qu’il suffirait de se réfugier à l’étage pour échapper à la montée des eaux. Ils ne se doutaient pas, à ce moment-là, que le feu qui avait éclaté à trois maisons de là (toutes les habitations sont mitoyennes) allait se communiquer d’un bâtiment à l’autre jusqu’au leur.

Mais au fil des heures, le feu a atteint leur habitation et la famille n’a plus eu d’autres choix que de se sauver. Mais le niveau de l’eau était devenu trop haut et la force du courant trop forte pour fuir par la route : ils ont donc escaladé un mur à l’arrière, côté jardin, et marché en équilibre à son sommet pour fuir par la maison d’un de leurs voisins.

« Il a refusé que l’on fuie par sa fenêtre »

« On était en équilibre sur le mur, devant la fenêtre de son premier étage, avec nos cages à chat car nous avions nos animaux avec nous. J’ai demandé à ce voisin d’ouvrir sa fenêtre et de déjà prendre nos cages à animaux (on avait six chats). Il a refusé catégoriquement et a même ajouté qu’il n’était pas question non plus que l’on entre, nous et nos filles. Du coup, on s’est réfugié sur un toit, on y est resté plus de 6 heures, le feu approchait, tout le monde pleurait. La citerne dans le jardin a même fini par exploser ! Au final, ce sont des amis de ma belle-fille qui sont venus nous sortir de là, avec un jet-ski. Mais je n’oublierai jamais l’attitude de ce monsieur. Je suis choqué… », nous confiait Joël quelques jours après les inondations. Il nous disait alors qu’il n’en resterait pas là.

Et de fait, son épouse nous apprend aujourd’hui qu’ils ont franchi le pas : ils ont porté plainte pour non-assistance à personne en danger via un long courrier au procureur du Roi de Liège.

Au lendemain des inondations, les autorités ont rasé la maison de Joël et Stéphanie ainsi que les maisons mitoyennes, dévastées par l’incendie. Aujourd’hui, la famille sinistrée loue un logement à Alleur et attend les indemnisations de l’assurance. « À ce jour, nous avons juste touché une avance de 5.000 euros », nous dit Stéphanie.

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