Philippe Devos et le problème liégeois: «Du porte-à-porte chez les plus de 65 ans»

Le Dr Philippe Devos.
Le Dr Philippe Devos. - Belga

On enregistre de plus en plus de nouveaux cas (423 alors que la moyenne belge est de 239). Le taux de contamination est de 9 %. Le taux d’occupation des lits Covid aux soins intensifs est de 15 % alors qu’il est de 8 % dans le Hainaut. Nous nous tournons vers Philippe Devos, le chef des soins intensifs au CHC de Liège en lui posant la question : « Alors, c’est grave, docteur ? » « La Belgique a demandé que les hôpitaux passent du plan 1 au plan 0. Nous ne le sommes pas car nous avons trop de cas pour l’être. Mais nous sommes en 1A, cela veut dire qu’il n’y en a pas beaucoup et cela ne nous empêche pas de fonctionner normalement ». Il se veut donc rassurant, surtout qu’on a observé une forte augmentation, en province de Liège, du nombre de jeunes qui ont été contaminés. Mais cela n’a pas provoqué une hausse dans les hôpitaux. « Cela est dû à la vaccination ». Justement, à propos de la vaccination, a-t-il des patients totalement vaccinés aux soins intensifs ? « Oui et c’est normal à partir du moment où on sait que la vaccination n’est pas efficace à 100 %, mais à 90 %. Sur la petite dizaine de patients que nous avons, c’est 2/3 non-vaccinés et 1/3 vaccinés. Certains diront que cela ne sert alors à rien de se vacciner. Quand il y a un mort sur la route, cela veut-il dire qu’on doit retirer les airbags ? Non, évidemment ».

Par contre, ce qui inquiète l’ancien président de l’ABSym, ce sont les Liégeois de plus de 65 ans qui ne sont toujours pas vaccinés. « À plus de 65 ans, on fait automatiquement partie des personnes à risque et il y a 15 % de Liégeois, je parle ici de la ville, qui ne sont pas vaccinés ». Nous avons demandé à Statbel combien de Liégeois avaient 65 ans et plus. Le premier janvier, il y en avait 34.375. Cela représente près de 5.150 personnes à risque non-vaccinées ! « Plutôt que de fermer les écoles et d’imposer le Covid Safe Ticket, il est urgent d’aller les voir, de faire du porte-à-porte avec leur médecin généraliste. Imaginons que le virus s’installe dans toutes les rues, il y aura un problème aux soins intensifs ». Mais, indique Philippe Devos, ce problème touche toutes les grandes villes. Comme Charleroi ou Verviers. « C’est comme si les gens croyaient qu’ils étaient mieux protégés dans les centres urbains. Ce qui est tout le contraire ».