Tribunal: il avait blessé l’éducateur de Fedasil Mouscron au couteau à la tête

Tribunal: il avait blessé l’éducateur de Fedasil Mouscron au couteau à la tête

Le 30 mai dernier, Abdoul est agacé. Il va voir les éducateurs du centre pour se plaindre de Malle, un autre Africain hébergé à cet endroit. Les deux hommes partagent la même chambre et Malle serait violent avec Abdoul.

La démarche du jeune homme est normale, saine, mais tout dérape. Il y a des insultes, des coups de part et d’autre. Malle a une barre de fer en main, Abdoul tient un couteau et fait de grands gestes, « pour faire peur, pour me défendre », dit-il. Toutefois, les éducateurs l’entendent dire, « je vais te tuer ». Il fait des grands gestes et son couteau se plante dans le front de l’éducateur, blessé.

Pour le ministère public, l’intention de tuer est établie par l’usage de l’arme, les gestes, les paroles. Devant le juge d’instruction, qui l’a placé sous mandat d’arrêt, Abdoul a dit qu’il était animé d’un esprit de vengeance. Une peine de huit ans est requise contre Abdoul et cinq moins contre Malle, auteurs de coups.

Suspension du prononcé plaidée

Cette peine de huit ans est trop sévère pour Me Quentin Dufranne, avocat de la défense, qui conteste l’intention de tuer. « En allant chercher les éducateurs, il n’est pas animé de l’esprit de tuer. Et dans une salle aussi petite, s’il veut le tuer, il touche au moins une fois Malle ».

L’avocat tient le même raisonnement pour le coup porté à l’éducateur. Il plaide un coup malencontreux.

Abdul est arrivé en Belgique à l’âge de 13 ans, après avoir traversé l’Afrique et un désert où il a vu d’autres jeunes mourir de soif, il a été balancé d’un centre à l’autre en Belgique. « Je n’ai pas voulu tuer Malle. Si j’avais voulu, je l’aurais touché au moins une fois », dit-il.

Me Dufranne a plaidé la suspension simple de la condamnation. Jugement le 28 octobre.

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