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Semaine de la migraine: «Seuls 20% des cas sont bien traités en Belgique»

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Semaine de la migraine: «Seuls 20% des cas sont bien traités en Belgique»
123RF

Toute une série d’idées reçues circulent autour de la migraine qui ont un impact sur le parcours de la personne migraineuse, ressort-il d’un sondage effectué par le groupe pharmaceutique GSK dans le cadre de la 9e semaine de la migraine. Celle-ci visera à déconstruire les mythes liés à cette maladie neurologique du cerveau, du 27 septembre au 2 octobre.

D’après cette enquête menée auprès de 1.000 personnes, 62 % des répondants estiment qu’il existe un manque général d’informations liées à la migraine, terrain favorable à la profusion de mythes et de légendes.

Parmi les idées reçues : 18 % des Belges pensent que la migraine se caractérise uniquement par des maux de tête. Un a priori balayé par les médecins, qui affirment qu’elle peut également se présenter sous forme de vertiges, de vomissements ou encore d’une forte sensibilité à la lumière.

Quelque 36 % des sondés pensent également que la migraine peut être guérie, alors qu’il n’en est rien, selon Gianni Franco, neurologue au CHU UCL Namur Dinant, ajoutant que « nous sommes tous potentiellement migraineux ».

« À l’instar de maladies comme le diabète ou l’épilepsie, la migraine peut être traitée et gérée efficacement mais il est impossible d’en guérir pleinement. Il existe toujours un risque qu’une crise revienne plus tard, même si certaines nouvelles avancées thérapeutiques permettent maintenant d’être soulagé sur le long terme », explique-t-il. « D’autre part, une mauvaise gestion de la prise de médicaments peut justement provoquer l’apparition de crises migraineuses. »

Autres rumeurs encore largement répandues : 10 % des Belges continuent de croire que la migraine n’est pas une maladie et qu’elle ne concerne que les « bonnes femmes »…

« Ces mythes proviennent la plupart du temps du fait que les gens ont plusieurs sources d’informations, parfois peu fiables, et qu’il est difficile pour eux de déterminer le vrai du faux », analyse Gianni Franco.

Certaines idées reçues sont considérées comme « inoffensives » mais d’autres peuvent avoir un impact sur le parcours d’une personne migraineuse, en particulier dans l’initiative de consulter un professionnel de la santé. En effet, 23 % des personnes atteintes de migraine ont attendu plus d’un an après l’apparition des premiers symptômes avant de se rendre chez un professionnel (médecin généraliste, spécialiste, pharmacien). « Personnellement, j’ai attendu 20 ans et ma mère 60 ans », témoigne Stéphanie.

Une partie des personnes migraineuses ne consulte tout simplement pas un professionnel de la santé, ne serait-ce que pour avoir un diagnostic officiel. « 9 % (des sondés) estiment même qu’un médecin généraliste, spécialiste ou un pharmacien n’est pas capable de les aider tandis que 10 % disent savoir comment gérer leur migraine seuls », pointe l’étude.

Les plus jeunes surtout (entre 26 et 35 ans) appréhendent la visite chez le professionnel. Pourtant, la consultation peut se révéler essentielle dans le trajet de soin, d’après Gianni Franco : « Bien que la migraine puisse être gérée de façon indépendante par les personnes qui en souffrent, il est important de consulter et d’en parler à un médecin ou un pharmacien afin d’être correctement informé et ainsi de bénéficier du bon diagnostic, des traitements médicamenteux et non médicamenteux les plus efficaces et de mieux auto-gérer sa propre maladie migraineuse », conclut-il.