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L’accès à l’interruption volontaire de grossesse en Belgique: un droit fondamental constamment remis en cause

Une IVG sur quatre concerne la tranche d’âge des 25-29 ans.
Une IVG sur quatre concerne la tranche d’âge des 25-29 ans. - 123RF

En Belgique, c’est la loi du 15 octobre 2018 qui encadre l’interruption volontaire de grossesse. L’IVG est autorisée si elle est pratiquée sous certaines conditions définies par la loi.

En mars dernier, le rapport bisannuel 2018-2019 de la Commission nationale d’évaluation relative à l’IVG a été présenté en Commission santé de la Chambre des représentants. Il en ressort que, depuis 2012, le nombre d’IVG en Belgique est globalement stable, avec une légère baisse : 19.155 IVG pratiquées en Belgique en 2012 et 18.027 en 2019.

Bon nombre de citoyens imaginent que l’IVG concerne majoritairement les jeunes filles. Or, en 2019, c’était la tranche d’âges des 25-29 ans qui était la plus représentée (environ 25 % du nombre total d’IVG en Belgique) tandis qu’en 2012, c’était chez les 20-24 ans que les IVG étaient les plus pratiquées (environ 25 % du nombre total d’IVG en Belgique). Concernant l’âge moyen de l’IVG, en 2012, il était de 27,56 ans et en 2019, de 28,77 ans. Il y a donc une légère augmentation de l’âge moyen de l’IVG depuis quelques années.

En 2019, plus de 80 % des IVG en Belgique étaient pratiquées au sein des structures extra-hospitalières, comme, par exemple, les Centres de Planning familial. Ce pourcentage est relativement stable depuis 2012.

Avortement aux Pays-Bas

Depuis 2012, environ 500 femmes se rendent, chaque année, aux Pays-Bas pour avorter. En Belgique, l’IVG peut être pratiquée jusqu’à douze semaines de grossesse. Une fois ce délai dépassé, la situation la plus fréquente est de renvoyer la femme vers les Pays-Bas où l’IVG peut être pratiquée jusqu’à 22 semaines.

Depuis de nombreuses années, la Fédération des Centres de Planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes milite dans le but d’améliorer l’accès à l’avortement en Belgique, ce qui, d’après elle, passe par une amélioration de la loi. « Notre association considère que l’IVG est un droit fondamental des femmes et doit être accessible à toutes », explique Éloïse Malcourant, chargée de communication et responsable éducation permanente à la FCPF-FPS. « L’IVG doit être accessible à toutes les femmes, sans pression sociale, sans tabou et sans culpabilisation. Dans l’optique d’améliorer l’accès des femmes à l’IVG en Belgique, notre Fédération revendique plusieurs avancées et met en garde face aux attaques directes et indirectes à la liberté de disposer de son propre corps ».

Pour la Fédération, il faudrait notamment supprimer les sanctions pénales à l’égard des femmes et des médecins qui ne respecteraient pas les conditions imposées par la loi. Elle souhaite également supprimer l’obligation du délai de réflexion de six jours et allonger le délai légal de 12 à 18 semaines, « en tenant compte des réalités pratiques des Centres de Planning familial ».

Pénurie de médecins

« Nous souhaitons aussi lutter contre la pénurie de médecins pratiquant l’IVG. À l’heure actuelle, seule l’Université Libre de Bruxelles propose une formation de trois ans aux techniques d’avortement et ce, uniquement sur base volontaire. Nous revendiquons l’inscription des techniques d’avortement dans les cursus d’enseignement en faculté de médecine. Nous demandons que les pouvoirs publics qui ont la tutelle sur les universités ainsi que ceux qui ont en charge la Santé et l’Action sociale répondent à ce besoin de médecins afin que la loi puisse être appliquée dans l’intérêt de toutes les femmes, où qu’elles se trouvent sur le territoire national », ajoute Éloïse Malcourant.

Enfin, la Fédération rappelle que la plateforme Abortion Right, regroupant des associations francophones et néerlandophones militant pour le droit à l’avortement, a lancé un appel à témoignages s’adressant aux femmes qui ont demandé une IVG après douze semaines de grossesse en Belgique. Plus d’infos sur www.abortionright.eu.

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