Fringant centenaire pour les Armes de Bruxelles

Le chef Cédric Callenaere a rendu des couleurs  à une carte toujours traditionnelle.
Le chef Cédric Callenaere a rendu des couleurs à une carte toujours traditionnelle. - Luc Viatour

Ainsi des « Armes de Bruxelles » qui ont été reprises en 1921 par Calixte Veulemans, originaire de Tirlemont. L’enseigne existait déjà et était fréquentée par les cochers de malle-poste dont les chevaux étaient au repos dans des écuries rue de la Fourche. Calixte transforma la taverne en friture, inventa la cocotte individuelle pour les moules qu’il fut le premier à acheminer par camion vers la capitale (jadis c’était par péniche). Il épousa une Wallonne qui créa un des tout premiers services traiteur du pays. Ensemble ils élevèrent quatre enfants qui travaillèrent tous dans l’entreprise familiale. Les Armes étaient plus qu’à la mode sans sacrifier la tradition. Elles s’agrandirent (notamment en reprenant le célèbre cabaret « La Rose Noire », petite rue des Bouchers, où Jacques Brel débuta), elles furent même couronnées d’une étoile Michelin en 1954. La belle vie : Expo 58, Golden Sixties. Rien que du beau monde (des vedettes internationales, des personnalités politiques ou du monde des affaires) pour s’attabler dans ce magnifique décor grand bourgeois ceint de lambris de chêne massif, de vitraux anciens, de granito. Logettes dans la salle d’entrée, salle à manger déployée toute en rondeur dans la pièce adjacente. « Aux Armes » est une brasserie tout ce qu’il y a de chic pour magnifier la cuisine belge en général et bruxelloise en particulier. Elles incarnent la version classe et gastronomique de « Chez Léon », la voisine d’en face. L’histoire allait les rapprocher. En effet, quand les Veulemans déposent… les armes en 2006, l’établissement connaît des années difficiles marquées du sceau de la mauvaise gestion de repreneurs successifs. Jusqu’à 2018 quand Rudy Van Lancker, le propriétaire « Chez Léon » s’émeut de la situation de la maison où il a été stagiaire. Il refuse de la voir disparaître, en fait l’acquisition, la rénove de fond en comble mais à l’identique. Une (bonne) action salvatrice. Les « Armes », triomphant du Covid et du poids des ans, sont toutes requinquées pour leur centenaire. On a la réjouissante et rassurante impression de manger dans un livre d’une histoire bien vivante. Le chef Cédric Callenaere a rendu des couleurs à une carte toujours traditionnelle. Le service en salle est confié (depuis tant de dizaines d’années) à Luis Gomes qui dirige une brigade de serveurs en uniforme qui envoient à bon rythme de jolies et copieuses assiettes déposées sur des nappages immaculés. Le flambage en salle des desserts à la Mandarine Napoléon reste un spectacle devenu rare et dont on ne se lasse pas. Pas plus que de la demi-douzaine de préparations de moules et de homards, des anguilles au vert, de la Salade Veulemans (crevettes grises et croquette de crevettes, 17€50) ou de la Tête pressée maison aux aromates et sauce tartare (13€50). Le banc d’écailler semble sortir de la mer en ligne directe. Le waterzooi (19€75), les carbonnades (19€85), la langue de veau sauce Madère et purée (17€50) réconfortent. Les desserts sont gourmands et les vins bien élevés (à prix abordables). Moi, je me la suis jouée « royale » en commandant le menu préféré de Léopold III quand il visitait les Armes : assiette de moules au beurre d’escargot (ail et persil) et sole meunière avec des frites fraîches cuites à la graisse de bœuf ! Tout simplement…

Aux Armes de Bruxelles, 13 rue des Bouchers, 1000-Bruxelles, 02/511.56.50. Ouvert tlj à partir de midi jusqu’à 23h. En semaine lunch deux services (24€) ou trois services (27€)

Cadeau!

Pour fêter leur centenaire, les « Armes » vous proposent de vous inscrire (via leur site) pendant cent jours (jusqu’au 31 décembre) pour bénéficier de 50 % de réduction sur un repas (hors boissons) pendant cent autres jours (du 15 janvier au 24 avril 2022). De même, les 270 centenaires de la région bruxelloise seront invités en famille ! www.auxarmesdebruxelles.com

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