Corinne Masiero se livre sur son passé de SDF: «Je me suis retrouvée dans la rue»

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Corinne Masiero se livre sur son passé de SDF: «Je me suis retrouvée dans la rue»
JC Lother/Apollo Films

«Les invisibles» raconte l’histoire d’assistantes sociales qui décident d’agir hors de la loi pour aider un groupe de femmes SDF. Le sujet a dû tout de suite vous intéresser.

Bien sûr, faire entendre des paroles généralement inaudibles, ça me parle. Et encore plus quand c’est Louis-Julien Petit, le réalisateur, qui me le propose. Déjà parce qu’on est potes et qu’on a parlé de sujets de société qui nous choquent, dans «Discount», «Carole Mathieu»… La seule chose, c’est que je ne voulais pas faire «Louise Wimmer 2» (où elle jouait une SDF). C’est ainsi qu’il m’a proposé le rôle de la directrice du centre.

Vous dites que pour certains rôles, comme la capitaine Marleau, vous «faites l’actrice». Ici, l’engagement est différent.

Je m’investis toujours dans mes rôles. Après, ce qui m’intéresse, ce n’est pas le personnage, c’est ce que le réalisateur veut raconter. Le rôle est secondaire. C’est une paire de pantoufles qu’on enfile. Faire l’actrice, pour moi, c’est sans intérêt. Ce que j’aime plus que tout, c’est l’accident, l’imprévu.

Ici, en donnant la réplique non à des actrices professionnelles mais à des femmes qui ont connu la rue, les surprises n’ont pas dû manquer!

Pour moi, à partir du moment où elles sont payées pour dire leurs dialogues, ce sont des actrices professionnelles. Elles n’ont juste pas le même bagage, et donc pas de tics d’acteur. Ça nous oblige à oublier les ficelles qu’on utilise par paresse ou mépris. C’est comme en théâtre de rue, il faut rebondir aux maladresses, aux silences…

La surprise, c’est aussi l’humour, omniprésent!

Se passer de l’humour aurait été refaire ce qui était déjà développé dans le documentaire de Claire Lajeunie, «Femmes invisibles», qui a inspiré le film. L’humour, c’est ce qui les a aidées à tenir. C’est une arme et une passerelle efficace pour créer un lien avec le spectateur, en espérant qu’il le gardera quand il croisera des SDF.

Le risque au début du film est qu’on prenne ces femmes pour des excentriques. Alors qu’on découvre qu’elles ont toutes des carrières, des vies «normales» derrière elles.

On peut tous se retrouver dans cette situation, surtout de la manière dont les choses tournent aujourd’hui. Moi, ça m’est arrivé, je me suis retrouvée dans la rue, il y a très, très longtemps. Un deuil, une maladie, une séparation peut faire basculer quelqu’un. C’est ça qui fait peur. C’est pour ça qu’on a tendance à passer son chemin quand on croise sur le trottoir un type dans une misère noire.

« Les invisibles », 4 octobre, 20h40, la Une.

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