Interview: qui est Léo Walk, le nouveau danseur star qui a travaillé avec Christine and the Queens et Angèle?

Instagram/leowalkinparis
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Comment est née l’idée de ce spectacle, « Premier Ride », qui retrace à travers la danse l’histoire de huit jeunes dont le trajet en voiture devient une traversée symbolique entre l’enfance et l’âge adulte, un peu comme une initiation ?

C’est né tout d’abord de rencontres artistiques, à un moment où il y avait une grosse évolution dans la danse. On ne parlait plus juste d’un danseur qui ne fait que du contemporain, du classique ou du hip-hop. Je remarquais qu’il y avait une évolution où les différentes disciplines se liaient. Ma première envie a été de réunir ces gens et de créer quelque chose avec tous ces styles de danse, en les mélangeant. On passe d’un pas de hip-hop à un peu d’électro, à un pas de classique, à un pas de jazz.

Sur scène, ça donne quoi ?

Ce sont vraiment les danseurs qui racontent l’histoire, sans parler. Il y a aussi les jeux de lumière.

Vous avez 26 ans et vous avez fondé votre propre compagnie de danse « La marche bleue » à 23 ans. C’est précoce ! Pourquoi ?

Je ressentais le besoin de travailler sur d’autres corps que juste le mien. J’ai commencé très jeune la danse à un haut niveau. Je faisais de la compétition déjà à 7 ans. Et très vite, j’ai eu envie de projeter mon énergie et mon écriture scénique sur d’autres corps et de réunir des gens autour de ça.

Vous dites que la danse vous a sauvé la vie. Vous étiez un hyperactif, vous ne restiez pas en place. Lors de votre premier jour de classe, vous avez dit à votre père : si c’est ça l’école, je préfère mourir !

C’est exactement ça. Ça m’a permis de canaliser mon énergie. J’étais complètement perdu à l’école et le jour où on m’a dirigé dans la bonne direction, la danse, je suis devenu le meilleur. C’est important que les enfants trouvent le moyen de canaliser leur énergie. Si elle est mentale, l’école est faite pour eux. Mais si cette énergie passe par le corps, ça peut aller vers la danse, comme dans mon cas.

Jusqu’à vos 14 ans, on vous disait que vous n’étiez bon à pas grand-chose, jusqu’à ce que vous soyez diagnostiqué TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité)…

C’est compliqué, car les gens ne vous comprennent pas. Quand à 8 ou 10 ans, on vous dit que votre vie va être un échec, c’est dur de se construire. Plus je ressentais que j’étais mauvais à l’école, plus j’étais obligé de mettre ma rage dans quelque chose. Et mon énergie est allée dans la danse.

Léo Walk, ce n’est pas votre vrai nom. Vous vous appelez en réalité Léo Handtschoewercker. Comment avez-vous trouvé votre pseudo ?

En fait, le Léo Walk est à la base un pas de danse qui consiste à se déhancher en passant d’une jambe à l’autre. C’est un ancien du milieu du hip-hop, qui essayait de m’apprendre ce step et voyait que je galérais, qui me disait que c’était mon prénom et que je n’arrivais pas à faire ce pas. Du coup, il m’a appelé Léo Walk et les gens ont commencé à m’appeler comme ça. Et je maîtrise désormais ce pas (rires).

C’est quoi votre style ?

Justement, je n’arrive pas à le définir. C’est avant tout beaucoup de ressenti. Des fois, je vais danser uniquement avec la main. Je viens du break à la base.

Danseur, c’est combien d’heures de répétitions par jour ?

Aujourd’hui, j’ai la technique, je dois moins m’entraîner, je bosse plus sur les chorés. Mais à une époque, je m’entraînais 8 heures par jour. C’était du matin au soir.

Vous avez été révélé en accompagnant durant 3 ans Christine and the Queens. Vous en gardez quoi de cette expérience ?

C’était fou à 19 ans de prendre la route et de bosser avec une artiste qui explose au même moment avec son premier album. Il y avait un travail chorégraphique impressionnant.

Très vite, vous vous êtes tourné vers les chorégraphies pour d’autres artistes. Il y a eu le travail sur les clips de Roméo Elvis, et d’Angèle (« Tout oublier »). C’est une autre étape importante ?

C’est une évolution naturelle de ma vie. Quand on rencontre des gens, qu’on est amis, on partage des idées et on fait des choses ensemble. Je vois encore Roméo Elvis, on se parle. Mais on préserve d’abord l’amitié avant le taf et le business…

Comment avez-vous vécu cette notoriété soudaine, notamment lorsque vous étiez en couple avec Angèle ?

C’était assez fou. Il y a des gens qui sont faits pour ça, mais ce n’est pas mon cas. Mon but, c’est de faire des spectacles, de raconter des histoires aux gens. La danse, c’est un milieu un peu plus humble que la musique. Devenir une star, ce n’est pas mon but. Je suis content de pouvoir encore aller acheter un croissant tranquille.

Vous n’êtes pas que danseur Vous avez une approche artistique globale, qui comprend notamment aussi votre marque de vêtements, « Walk in Paris ». C’est une approche qu’on retrouve justement chez pas mal d’artistes comme Angèle, Stromae, etc. Qu’est-ce qui vous a poussé à avoir cette démarche qui englobe tout ?

Quand on est un bon artiste, on a une vision qui va au-delà de sa discipline. Tout est hyperlié. Ça ne m’étonne pas que Stromae ait fait de la sape, car il avait besoin de transmettre ses idées dans plus qu’une seule discipline.

Comment vous vous voyez évoluer ?

J’essaye de prendre le temps pour savoir ce que j’ai vraiment envie de faire. Je prépare un court-métrage, je travaille sur un autre spectacle.

Avec qui aimeriez-vous travailler ?

Je travaille surtout sur base de rencontres humaines. Si la personne me plaît, j’arrive à voir son art rempli de beauté. Mais parfois c’est l’inverse qui se produit. L’artiste a l’air super, mais lorsque je le rencontre, il a la grosse tête et il n’est pas cool. Je serai plus attiré vers la personne que l’artiste.

Spectacle « Premier ride » le 14 octobre au Cirque Royal.

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