«Le chant du loup»: un film de guerre français digne de Hollywood

«Le chant du loup»: un film de guerre français digne de Hollywood
Pathé

« Le chant du loup », le film d’Antonin Baudry sorti en 2019, est un thriller aquatique qui démontre que le cinéma français est capable de titiller les profondeurs avec la même efficacité que Hollywood. Presque un genre en soi, le « film de sous-marin » a d’ailleurs souvent inspiré les cinéastes. Il y a bien sûr « Das Boot », qui révéla le réalisateur Wolfgang Petersen, mais aussi l’une des plus réussies adaptations des aventures de Jack Ryan au cinéma, « A la poursuite d’Octobre rouge », de John McTiernan, tout auréolé du succès de « Piège de cristal ». Plus récemment, « Kursk », de Thomas Vinterberg, avec Matthias Schoenaerts, a tenté une immersion particulièrement oppressante dans la tragédie qui coûta la vie à 118 sous-mariniers russes en 2000.

« Le chant du loup », lui, nous embarque dans des sous-marins français face à d’autres Russes, belliqueux et renégats, sur fond de menace nucléaire, avec notamment Mathieu Kassovitz, Reda Kateb et Omar Sy en officiers au courage exemplaire. Mais le tout mâtiné aussi de drame très français, puisqu’on suit la vie sur terre avec son amoureuse comme sous eau avec ses frères d’armes d’une « oreille d’or », jouée par François Civil. Une oreille d’or, dans le jargon maritime, c’est le surnom donné à l’opérateur spécialiste de l’analyse acoustique, chargé d’espionner les bruits de la mer afin d’identifier les sons furtifs émis par les sous-marins ennemis. On les surnomme ainsi car ils sont capables d’identifier les bruits les plus ténus et indistincts, là où la plupart des gens au mieux croiraient entendre une baleine. Un métier exigeant car ils doivent être capables de différencier plusieurs modèles de sous-marins, de reconnaître les bâtiments ennemis ou amis. Un travail exercé avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, ou plutôt une torpille : « le chant du loup » est le surnom donné au son causé par le sonar ennemi qui vous a repéré. Quand on l’entend, c’est qu’il est déjà trop tard pour échapper au projectile…

Même s’il s’agit d’un premier film, Antonin Baudry a eu la confiance de l’armée française qui l’a laissé monter à bord de véritables sous-marins nucléaires, d’attaque et lanceurs d’engins. « Toutes les procédures que je montre dans le film sont basées sur une observation précise, de la plus simple (détecter un bateau inconnu) à la plus complexe (vérifier l’authenticité d’un ordre du président de la République). J’ai décidé de conserver la façon d’être et le langage des sous-mariniers tels qu’ils étaient, sans rien édulcorer. J’ai fait le pari qu’avec les images, le spectateur comprendrait tout ce qui se passe – comme je l’ai moi-même fait quand j’ai été à bord », a expliqué le réalisateur à la sortie du film. Et ça se sent dans le résultat, réaliste tout en traduisant l’angoisse de ces hommes qui « s’entraînent à la guerre pour qu’elle n’ait pas lieu ».

« Le chant du loup », 18 octobre, 20h40, la Une.