Pialat, portrait d’un homme aigri qui en a fait voir à ses acteurs

Pialat, portrait d’un homme aigri qui en a fait voir à ses acteurs
Gaumont

En seulement dix films, le réalisateur Maurice Pialat s’est hissé au sommet du cinéma français. Un maître, mais aussi un écorché vif, un caractère ombrageux, voire tyrannique. Ceux qui tournèrent pour lui, de Jean Yanne à Jacques Dutronc, en passant par Sophie Marceau, n’en gardèrent pas que de bons souvenirs.

Dans « Nous ne vieillirons pas ensemble », il revendiquait raconter sa propre histoire à travers celle du personnage incarné par Jean Yanne. Un homme odieux, violent, capable d’élans de tendresse inattendus mais souvent trop tardifs. Pialat tirait le meilleur de ses comédiens, mais souvent dans la douleur. Jean Yanne, d’ailleurs, préféra partir en vacances que d’assurer la promotion du film au Festival de Cannes 1972, où il obtint pourtant le prix d’interprétation.

D’après le documentaire « Sous le soleil de Pialat », proposé aussi par Arte, l’auteur nourrissait une grande amertume de venir d’une famille ruinée et d’avoir ruminé son ennui durant vingt ans avant de pouvoir tourner, en ayant toujours le sentiment d’être incompris.

« Nous ne vieillirons pas ensemble », 18 octobre, 20h50, Arte.