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Une femme transgenre condamnée au Koweït pour «imitation du sexe opposé»

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Illustration - 123RF

« Un tribunal a condamné Maha al-Mutairi, 40 ans, à deux ans de prison et à une amende de 1.000 dinars koweïtiens (2.850 euros) pour avoir +abusé des communications téléphoniques+ en +imitant le sexe opposé+ », a déclaré HRW dans un communiqué.

La loi koweïtienne criminalise le fait d’« imiter le sexe opposé » et selon HRW, les femmes transgenres dans le pays subissent diverses formes d’abus de la part de la police pendant leur détention.

« Ces lois violent les droits à la liberté d’expression, à la vie privée et à la non-discrimination garantis par la constitution koweïtienne et le droit international », a fustigé l’ONG, appelant les autorités à « immédiatement la libérer et annuler la condamnation ».

Maha al-Mutairi a été arrêtée à plusieurs reprises par le passé pour les mêmes motifs, a déclaré à l’AFP son avocate, Me Ibtissam al-Enezi. Mais la dernière condamnation, qui inclut « l’utilisation abusive » d’internet, reste de loin « la plus sévère » de toutes, a-t-elle souligné, précisant qu’une audience d’appel est prévue le 31 octobre.

Selon Me al-Enezi, sa cliente a demandé à être transférée vers une prison pour femmes après avoir été placée dans une cellule destinée aux détenus transgenres dans une prison pour hommes.

« Nous avons demandé un sursis à l’exécution de la peine. Nous nous attendons à ce qu’elle soit libérée », a précisé l’avocate.

La surveillance exercée par le gouvernement koweïtien et les arrestations répétées de Maha al-Mutairi constitue une « violation flagrante » de ses droits fondamentaux, a estimé Rasha Younes, chercheuse sur les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) pour HRW.

Le Koweït, riche État pétrolier, jouit d’une relative ouverture politique par rapport à ses voisins du Golfe mais le conservatisme social reste très prégnant.