L’Union belge déménage à Tubize: voici la nouvelle la Maison de verre

L’Union belge déménage à Tubize: voici la nouvelle la Maison de verre

Entamée le 1er septembre 1895 dans une brasserie à l’arrière du palais Royal, la promenade de l’Union belge dans les rues du Bruxelles du temps jadis s’achève officiellement ce vendredi 15 octobre 2021. Au gré des migrations de ses sièges sociaux, la vénérable institution a en effet battu le pavé dans tous les coins de la capitale durant 126 ans. Mais là, il lui vient l’envie d’aller prendre l’air de la province. Direction le Centre national de Tubize où les Diables l’attendent à bras ouverts depuis 5 ans.

Des implantations éphémères ou plus durables, il y en eut dans l’histoire de la vénérable Fédération. En 1895, disions-nous, La Brasserie du Coq Tourné à Ixelles vit 10 clubs fondateurs y signer l’acte de création de l’Union Belge des Sociétés de Sports Athlétiques (UBSSA). Avant la prise d’indépendance des footballeurs dans un secrétariat en pleine Galerie de la Reine en 1906, un court déménagement s’effectua cinq ans plus tard. Toujours au centre-ville à la rue de l’Etuve, à une portée de jet d’eau du Manneken Pis. Vint ensuite, aux premiers jours du printemps 1920, une installation de plus longue durée (57 ans) à la rue Guimard. L’antenne de la rue de la Loi devenant le siège social de l’URBSFA en 1977 puisque le Comité exécutif y siégeait. Jusqu’à la construction puis l’inauguration, le 4 juin 1989 au 145 de l’Avenue Houba de Strooper, d’un bâtiment au pied du stade Roi-Baudouin, très vite surnommé la Maison de verre.

Devenue obsolète et surtout transformée en un véritable gouffre énergétique faute d’entretien, elle était vouée un jour ou l’autre à avoir fait son temps. La péremption est aujourd’hui un fait acté, ce qui aurait probablement déjà dû être le cas il y a une quinzaine d’années déjà. L’absence d’entretien, l’inadéquation par rapport à la modernité et surtout l’émergence d’une première antenne fédérale au cœur du nouveau Centre national de Tubize en 2017, étaient en effet autant de préludes à l’hallali. Mi-2018, le principe d’un rassemblement de tous les secteurs d’activité de la Fédération était entériné. L’une des dernières décisions du défunt Comité exécutif avant un sabordage au profit d’une structure plus mobile et moins bureaucratique : le Conseil d’administration à représentation paritaire amateurs-professionnels avec une représentation d’indépendants depuis janvier dernier. Un plan de financement de 17 millions était validé, notamment pour moitié grâce à la revente de la Maison de verre.

Des travaux effectués en moins d’un an

Le 22 octobre 2020, les pelleteuses entraient action à Tubize, pratiquement au poteau de corner du terrain d’entraînement des Diables rouges. Quelque 358 jours plus tard – autant dire en un temps record – les 4 plateaux d’un total de 9.000 m2 que compte le nouveau bâtiment administratif (dont deux semi-enterrés à flanc de dénivelé), sont sortis de terre, en étant aujourd’hui au stade des dernières touches de parachèvement. Pour accueillir, dès ce vendredi, la grande famille du foot belge, tous domaines d’activité confondus. Une réelle performance dont Peter Bossaert, le CEO de l’Union belge se dit « pas peu fier en toute modestie », au moment d’intégrer son nouvel espace personnel dont le bureau… se fait attendre. « Je travaillerai quelque temps sur une planche et deux tréteaux en attendant, plaisante-t-il, mais l’essentiel est que nos 180 collaborateurs à temps plein soient bien installés. Ces derniers jours, un peu plus de 300 ouvriers ont travaillé d’arrache-pied pour que tout soit prêt à 90 % », explique-t-il en nous accompagnant mardi midi pour un tour du propriétaire ressemblant encore à une visite de chantier. « A l’intérieur du bâtiment, seul l’auditorium de 220 places demandera encore un peu de temps avant d’être fonctionnel, précise-t-il. Pour ce qui est des aménagements extérieurs, il faudra encore compter 2 ans en vue de la finalisation complète du projet. Avec la construction des terrains 8, 9 et même 10, deux terrains de padel, une éolienne et le bassin d’eau de pluie qui nous garantiront une autonomie énergétique totale en plus des panneaux solaires déjà installés. L’un dans l’autre, l’économie d’énergie et donc de fonctionnement, sera de 50 % par rapport à l’ancien bâtiment avenue Houba de Strooper. Un gain annuel que l’on peut chiffrer à environ 350.000 euros, rien que sur ce poste-là. »

De salles de réunion en bureaux paysagés, tous les espaces ont été aménagés pour l’interaction des secteurs d’activité. Une optique d’ouverture (seul le manager des licences Nils Van Brantegem disposera d’une infrastructure sous clé pour des raisons évidentes de confidentialité) portant sur l’effort collectif cher au football, entre toutes composantes d’une fédération moderne (administration, marketing, opérationnel, arbitrage, staffs sportif et médicaux, fédérations régionales, etc.). Le tout baigné dans un apport de lumière permanent et avec une vue en prise directe sur les pelouses, à commencer par ce Terrain 1 dévolu aux Diables et aux Red Flames et qui sera, à terme, pourvu d’une nouvelle tribune de 1.800 places pour les entraînements ouverts au public ou les matchs des catégories d’âges nationales.

A fleur de gazon, les nouveaux vestiaires en imposent, avec équipements thérapeutiques (bains cryogènes, espace santé, cabinet médical) et une nouvelle salle de fitness, que se partageront en alternance les Diables et les Red Flames. Du haut de gamme, sans luxe ostentatoire, mais calqué sur ce qui s’est recueilli de plus performant en termes d’informations et d’idées, au gré des visites dans les Centre nationaux les plus pointus d’Europe. « Un travail minutieux et de très longue haleine dont nos internationaux, tous âges confondus, vont inévitablement recueillir les fruits », assure Frédéric Veraghaenne, le directeur opérationnel de la Fédération.

L’ancien bâtiment probablement démoli

Deux décennies après l’Euro 2000 qui avait permis à l’Union belge de faire rentrer 9 millions (plus 3 millions de subsides UEFA) à injecter dans un Centre de formation dont on se demandait s’il allait un jour sortir de terre, la Fédération s’apprête à boucler son second tour de force après l’installation des Diables dans leur QG à la veille du Mondial 2018.

L’investissement initial de 14,9 millions était axé sur le technico-sportif. Il a ensuite été suivi d’une deuxième étape portant sur la construction de l’hôtel pour un coût total de 14,3 millions. Pour ce qui est de la phase 3, relative au nouveau bâtiment fédéral elle s’est initiée par le truchement d’une nouvelle recherche de financement. Le rachat du désormais ex-siège fédéral par la Ville de Bruxelles, a rapporté 7,5 millions, nous confirme-t-on à plusieurs sources du côté du politique. Une initiative et un montant diversement appréciés selon la couleur des partis, mais que la majorité PS-CDH-Ecolo défend dans son ensemble comme « étant primordiale dans le cadre du développement du plateau du Heysel ». Plus prosaïquement dit, la situation stratégique d’un terrain à bâtir à cet endroit, semble avoir pris le pas sur toute autre considération. A commencer par celle concernant un bâtiment voué à la démolition dans les mois à venir, toujours selon ces mêmes sources.

Ce pactole de 7,5 millions ainsi décroché par l’Union belge sera agrémenté d’un subside de 4,7 millions de la part de l’UEFA et d’un autre de 0,5 million en provenance de la Fifa. Soit un total de 12,7 millions sur les 17 nécessaires à l’érection, à Tubize, d’un volume parallélépipédique dont le premier surnom de baptême pourrait être la Big Box. « Le solde du budget à provisionner proviendra, dans les semaines à venir, de la vente de nos bâtiments provinciaux, dont nous ne conserverons que ceux à Namur et à Anvers », explique Peter Bossaert.

Et maintenant, le stade Roi Baudouin

Parallèlement à son installation à l’intersection des Brabant Wallon et Flamand (une partie du CNT se trouve sur la commune de Hal) qui lui permet de bénéficier d’une fiscalité plus avantageuse que sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale, la Fédération conservera tout de même un pied-à-terre bruxellois. Un plateau de 245 m2 au rez-de-chaussée du stade Roi Baudouin même, négocié pour l’euro symbolique sur base d’un bail de 30 ans, jusque fin 2050. Et qui servira de permanence à l’Union belge, en lien direct avec les activités au Heysel. A commencer par la demi-douzaine de matchs des Diables rouges qui s’y déroulent chaque saison. Les tarifs de location du stade pour les matchs restants négociés jusqu’à rénovation, à une fourchette oscillant entre 25.000 euros (huis clos) et la fourchette traditionnelle de 100 à 125.000 euros selon le taux de remplissage.

En passe d’être matérialisé d’ici aux derniers coups de pinceaux et le déballage des caisses de déménagement, le Tubize 2.0 est désormais une réalité. Les structures du football belge sont entrées dans une nouvelle ère, avec une philosophie volontariste, résolument tournée vers les grands enjeux de société au travers sport, de son économie et de sa sociologie. Le Ministère du foot a donc refermé ses portes. Et dans le même temps, l’avenir vient d’ouvrir les siennes. Prochaine étape : mener à bien les négociations sur la rénovation du stade Roi Baudouin. Faute d’accord sur une enceinte nationale flambant neuve, l’absence de Bruxelles lors de l’Euro 2020 constituant une gifle pour la Belgique et le sport de notre pays. Une enceinte multifonctionnelle, qu’avec un minimum d’ambition et de bon sens, les champs de maïs s’étendant à perte de vue autour du Centre National de Tubize auraient fort bien pu accueillir. A deux pas de Bruxelles, au cœur d’un réseau autoroutier idéal. Mais la lasagne institutionnelle belge et les susceptibilités politiques en ont décidé autrement.

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