Thomas Dermine, secrétaire d’État pour la Relance et les investissements stratégiques : «On va investir plus que ce que l’on a fait depuis 40 ans»

Thomas Dermine, secrétaire d’État pour la Relance et les investissements stratégiques : «On va investir plus que ce que l’on a fait depuis 40 ans»
E. Germani

« Monsieur Plan de relance » est-il satisfait avec ce milliard complémentaire ? Après le plan de relance soutenu par l’Europe, c’est un peu la valse des milliards ?

Oui, au total, ça fera 2,6 milliards jusqu’en 2024 (la fin de la législature, NdlR), avec une petite queue pour 2025 et 2026… C’est très satisfaisant et très important pour le pays d’investir pour la relance et s’assurer ainsi de voir l’économie repartir sur de bonnes bases après le choc subi. C’est important aussi, car l’investissement et le climat, c’est la même question. La moitié des émissions de CO2 peut être réduite par nos comportements individuels (la manière de se déplacer, par exemple), mais l’autre moitié dépend du collectif (comment est produit ce que je consomme ? Les transports, l’isolation des bâtiments, etc.). On a déjà fait beaucoup de transitions dans l’histoire, lorsque l’on est passé de la force de l’homme et du cheval au charbon, puis au pétrole. À chaque fois, il a fallu investir massivement. C’est le cas, cette fois, avec le climat. Or, nos investissements publics, qui représentaient 5 à 6 % de notre PIB (Produit intérieur brut, soit la richesse produite, NdlR) dans les années 50, 60, sont en baisse complète depuis les années 80. On les a divisés par trois ! Regardez l’état de nos routes. On veut absolument donner un virage radical et arriver à 4 % du PIB à l’horizon 2030, avec une étape intermédiaire à 3,5 % en 2024.

Avec ce milliard, vous y arrivez ? Pouvez-vous être tout à fait satisfait, alors que vous avez déposé pour 3,3 milliards d’euros de projets sur la table ?

Grâce aux moyens mis en œuvre par le fédéral et les entités fédérées, on va y arriver. Il fallait au minimum 800 millions pour cela. Mais je voudrais apporter une nuance : je n’ai pas déposé 3,3 milliards sur la table. En fait, on a demandé à tous les ministres de rentrer des projets. Là, il y en a effectivement eu pour 3,3 milliards. J’ai ensuite joué le rôle de gare de triage : qu’est-ce qui contribuait à la transition écologique ? Qu’est-ce qui n’était pas préjudiciable à l’environnement ou pas validé par l’Inspection des Finances ? Etc. Je dis toujours à mes équipes que l’on est une usine à saucisses. Tout arrive dans notre entonnoir et on regarde combien de kilos de saucisses il faut sortir pour tenir nos objectifs. C’est une boutade, bien sûr…

Mobilité, digitalisation, fonds des calamités, accord budgétaire... : retrouvez notre interview avec Thomas Dermine ici