A Madrid, De Croo discute hausse des prix de l’énergie, Etat de droit et Catalogne

A Madrid, De Croo discute hausse des prix de l’énergie, Etat de droit et Catalogne
Belga Image

Dans un discours prononcé devant la presse, les deux chefs de gouvernement ont souligné les valeurs partagées entre les deux pays et leur histoire commune, comme les migrants espagnols qui se sont rendus en Belgique dans les années 1960. M. Sanchez a également évoqué les touristes belges, espérant qu’ils retrouveront rapidement le chemin de l’Espagne après la crise du coronavirus, comme avant la pandémie.

Dans son intervention, Alexander De Croo a, de son côté, évoqué la récente décision de la Cour constitutionnelle polonaise selon laquelle certaines parties du droit européen ne sont pas compatibles avec la constitution polonaise. Le droit européen est pourtant considéré comme la base juridique de l’UE. Le Premier ministre belge a qualifié cette situation de très inquiétante.

«Si vous voulez un marché unique, vous avez besoin d’un arbitre», a-t-il souligné. Selon lui, le jugement rendu en Pologne pourrait ébranler l’Union. La question sera donc abordée lors du Conseil européen de jeudi et vendredi. «Je veux entendre ce qu’ils ont à dire (la Pologne, NDLR) sur la façon dont ils voient l’avenir», a-t-il déclaré.

Les deux chefs de gouvernement ont également discuté du changement climatique et de la hausse des prix de l’énergie. Pour maîtriser ces derniers, il faut accélérer la transition vers les énergies renouvelables. «Nous devons fixer des ambitions élevées, mais aussi veiller à ce que la transition soit socialement juste et équitable», a soutenu Alexander De Croo.

Les désaccords suite au référendum de la Catalogne

Dans sa déclaration, le Premier ministre libéral a également évoqué les moments plus difficiles des relations hispano-belges. Pour rappel, les liens entre les deux pays ont été mis sous pression il y a quelques années à la suite du référendum d’indépendance en Catalogne et à l’exil du leader catalan Carles Puigdemont en Belgique.

Les ministres belge et espagnol des Affaires étrangères, Sophie Wilmès et Arancha González Laya, ont signé un «protocole d’accord» en juin dernier afin de renforcer le dialogue politique et les relations bilatérales entre les deux pays.

«Nous avons eu des désaccords, ce n’est pas un secret», a rappelé, à ce sujet, Alexander De Croo. «Mais les désaccords entre amis renforcent cette relation. Je suis venu ici aujourd’hui pour souligner cette force.»

La Belgique et l’Espagne ont de nombreuses caractéristiques en commun, telles que des sociétés diverses, a-t-il d’ailleurs relevé. «C’est quelque chose que nous devons chérir», a-t-il dit. «La démocratie ne concerne pas seulement la majorité, mais aussi les minorités. Une démocratie qui choisit de considérer la diversité comme une force est une démocratie forte.»

Selon le Premier ministre belge, les deux pays ont renforcé leurs liens sur l’importance du dialogue, afin de combler les différences entre les communautés. «La seule bonne voie est celle du dialogue politique», a-t-il conclu.

Au second semestre 2023, l’Espagne présidera le Conseil de l’Union européenne, tandis que la Belgique prendra le relais entre début janvier et fin juin 2024.

Les deux Premiers en visite chez Indra

Plus tôt dans la journée, les deux Premiers ministres ont visité l’entreprise espagnole Indra, spécialisée dans les technologies de l’information et les systèmes de défense. Elle est présente dans plus de 140 pays, dont la Belgique. L’année dernière, elle comptait 48.000 employés et a réalisé un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros.

Chez Indra, M. De Croo a reçu une explication des différents domaines dans lesquels cette société est active. Dans le domaine de la défense, elle a notamment développé des équipements pour les avions de transport Airbus A400M, dont la Belgique a également acheté certains exemplaires.

L’entreprise s’est également spécialisée dans la gestion de l’espace aérien. Le contrôleur aérien européen Eurocontrol a ainsi choisi Indra pour assurer sa transformation numérique.

Enfin, la société espagnole travaille également sous le nom de Minsait sur les «villes intelligentes» pour relever des défis tels que la mobilité, la sécurité, le logement et l’approvisionnement en énergie. Sa plateforme a déjà été lancée à Anvers.

Cette visite bilatérale s’inscrivait également dans le cadre des célébrations du centenaire des ambassades des deux pays à Bruxelles et à Madrid. Elles ont en effet été créées en 1921. Il est d’ailleurs désormais possible de visiter virtuellement la résidence officielle de Belgique en Espagne : le Palais du Marquis de Rafal (Palacete del Marqués de Rafal).

Notre sélection vidéo