Georges Brassens, le petit délinquant devenu icône de la chanson française: le chanteur aurait eu 100 ans ce vendredi

Georges Brassens, le petit délinquant devenu icône de la chanson française: le chanteur aurait eu 100 ans ce vendredi

Tout d’abord, et c’est sans doute le plus original, « Brassens l’Enchanteur, une vie au jour le jour », par Bernard Lonjon. Il s’agit d’une biographie chronologique qui se base notamment sur les carnets et les agendas de Brassens lui-même. La biographie ne dissimule rien de la jeunesse parfois turbulente du Grand Georges, rien non plus des années de vaches maigres et de galères où l’on vivait littéralement d’amour et d’eau fraîche. Pour chacune des années, l’auteur donne des repères musicaux, avec les succès populaires de l’époque, puis détaille la vie de plus en plus trépidante et éreintante de l’artiste au fur et à mesure que le succès augmentait. Entre les enregistrements et les passages télé/radio, les galas empilaient les dates, qui se succédaient à un rythme incroyable, souvent un par jour pendant des semaines, en changeant de ville, voire de pays, à chaque fois. Brassens adorait conduire lui-même lors de ces marathons.

Le chanteur français né à Sète, une ville qu’il chantera de la plus belle des manières, avait un gros faible pour la Belgique. Il avait noué de très solides amitiés chez nous et s’y est produit à de multiples reprises.

Le deuxième ouvrage à découvrir est « Brassens, Jeanne et Joha » de Maryline Martin. Des trois, c’est le livre le plus intime et donc le plus touchant. L’auteure raconte les dernières semaines de Brassens, qui se sait malade. Le chanteur s’est retiré dans sa villa de Lézardrieux, non loin de Paimpol. Une mise au vert qui lui laisse le temps de composer de nouvelles chansons, mais aussi de ressasser de vieux souvenirs. Tout au long du récit, deux femmes occupent le devant de la scène. Deux femmes qu’il a aimées follement, mais différemment.

Joha, la poupée

Joha, d’abord, dite Püpchen (« poupée »), la vraie femme de sa vie, celle qui est enterrée à ses côtés à Sète. Une femme qu’il a aimée passionnément mais sans jamais vivre avec elle sous le même toit, et pour qui il écrira quelques-unes de ses plus belles chansons dont « La non-demande en mariage ». Et puis la fameuse Jeanne, Jeanne Planche, de 30 ans son aînée, une femme mariée qui a accueilli le jeune Georges lorsque celui-ci est « monté à Paris » et qui l’a hébergé durant la guerre… et même après. Brassens lui doit tout. La « cane de Jeanne » et « L’Auvergnat » ont notamment été écrites pour elle et son mari Marcel. Un beau livre, bien documenté, sensible et même émouvant par endroits.

« Brassens. Légende d’un poète éternel » évoque sa jeunesse turbulente qui se soldera par une condamnation pour sa participation à un vol de bijoux en bande. Un épisode fondateur dans sa carrière artistique, puisque le jeune homme s’exilera à Paris auprès de sa tante où il fera la connaissance de Jeanne. Piégé par le Service du travail obligatoire, il passera un an en Allemagne où cet anarchiste en devenir écrira sa seule et unique chanson patriotique. Il composera aussi un hommage à ses parents, un titre resté inédit. De retour en France, il se prendra d’une vive amitié pour l’écrivain René Fallet, tout en gravissant une à une les marches de la gloire. Une biographie concise qui permet d’aller à l’essentiel du personnage tout en mettant en avant les passages autobiographiques de ces chansons.

« Brassens l’Enchanteur », Bernard Lonjon, ed. L’Archipel 23 € ; « Brassens, Jeanne et Joha », Marilyne Martin, ed. du Rocher 16,90 € ; « Brassens, légende d’un poète éternel », Jean-Claude Lamy, ed. du Rocher, 6,20 €

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