Affaire de la sextape: Benzema face à Valbuena devant le tribunal

Benzema et Valbuena sous le maillot des Bleus en mars 2015.
Benzema et Valbuena sous le maillot des Bleus en mars 2015. - P.N.

Karim Benzema n’a qu’un souhait : que la vérité le concernant sorte et qu’on ne l’intrigue plus avec cette « sextape » – Mathieu Valbuena filmé dans une scène érotique avec sa femme. Il s’est retrouvé mêlé à cette histoire par amitié. À cause de cette indéfectible loyauté qui l’unit à son ami d’enfance, Karim Zenati. Bien évidemment, il appartient au tribunal de vérifier si ce lien fraternel constitue une circonstance atténuante – si Benzema est reconnu complice – ou si l’attaquant a agi avec une innocente légèreté et sincérité. En tout cas, pour Benzema, son implication ou non tient dans l’interprétation que le juge fera de sa discussion avec Zenati.

« Je lui ai parlé avec le cœur et Mathieu le sait. Quand j’entends parler de rançon, d’argent, ça me rend dingue. Je n’ai pas besoin d’argent », avait déclaré Benzema lors d’une interview sur TF1.

Le verdict ne devrait cependant être prononcé que dans quelques semaines. En 2014, dans l’affaire Zahia, Benzema avait été relaxé par le tribunal correctionnel, le juge s’étonnant même de sa présence à l’audience devant le peu de preuves à charge… Ses proches pressentent qu’il n’en ira pas autrement cette fois-ci.

Sur écoute

La divulgation de l’affaire dite de la « sextape » remonte à novembre 2015. Précédemment, en juin de la même année, une bande de malfaiteurs a voulu extorquer de l’argent à Mathieu Valbuena contre la destruction d’une vidéo intime. L’international français reçoit plusieurs appels de la même teneur jusqu’en octobre 2015. Sur base de la plainte déposée par Valbuena à la PJ de Versailles dès la première sollicitation, les enquêteurs mettent sur écoute et piègent trois hommes (Axel Angot, Mustapha Zouaoui et Younès Houass), soupçonnés de vouloir le faire chanter. Un quatrième homme apparaît au cours de ces mois : Karim Zenati, le trait d’union entre les maîtres chanteurs et Karim Benzema. Ami d’enfance que l’attaquant du Real Madrid a toujours tenté de garder sur le droit chemin malgré un casier judiciaire noirci, Zenati l’approche pour que celui-ci convainque Valbuena d’accepter de rencontrer « quelqu’un (Zenati lui-même) qui peut anéantir l’enregistrement compromettant. »

Début octobre 2015, en retraite avec les « Bleus » à Fontainebleau, Karim Benzema s’exécute et présente cette possibilité à Mathieu Valbuena. Dans la foulée, Benzema relaie à Zenati cette conversation tenue dans les murs de Fontainebleau où l’équipe de France était concentrée. Ce que les deux Karim ne savaient pas, c’est qu’ils avaient été placés sur écoute. Benzema aurait aussi conseillé à Valbuena de payer : « Fais gaffe Mathieu, c’est pas des rigolos, ce sont des vrais délinquants. » Les avocats de Valbuena reprochent précisément à Benzema d’avoir exercé une pression morale sur leur client à des fins délictueuses.

En novembre, cet entretien téléphonique, au contenu ambigu, entre les deux potes, publiée in extenso par « L’Equipe » dans le courant du même mois, incite la justice à placer Benzema en garde à vue puis en examen, dans le même temps qu’elle disculpe Djibril Cissé brièvement inquiété avant d’être blanchi par Valbuena lui-même.

Jusqu’à 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende

D’un recours sur la forme – la loyauté des méthodes des enquêteurs dénoncée par la défense – reçu puis cassé, le footballeur comparaît finalement ces mercredi et jeudi devant le tribunal correctionnel de Versailles pour « complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs. »

Selon le code pénal, Karim Benzema encourt jusqu’à cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

En raison d’un calendrier chargé avec le Real Madrid, déplacement à Kiev ce mardi soir, le Clasico dimanche après-midi, Benzema se fera plus que probablement représenter par ses deux conseils à l’audience, faculté que la procédure lui autorise.

Ces démêlés avec la justice avaient recommandé à la Fédération française (FFF) de suspendre préventivement l’international du Real Madrid, à compter du 10 décembre 2015. Cependant, quand la justice avait levé l’interdiction faite à Benzema d’approcher Valbuena, la FFF n’avait pas pour autant rouvert les portes des « Bleus » jusqu’au 18 mai 2021 et le grand pardon de Didier Deschamps, lui faisant manquer l’Euro 2016 et la Coupe du monde 2018.

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