Forcé à témoigner à un procès, l’ancien président français Sarkozy joue l’apaisement

Forcé à témoigner à un procès, l’ancien président français Sarkozy joue l’apaisement
Belga

«Les forces de l’ordre sont assez occupées, pas besoin de s’occuper de moi. J’ai toujours répondu aux convocations qui m’ont été faites», a déclaré M. Sarkozy en marge d’une séance de dédicaces à Lyon, après que le tribunal judiciaire de Paris eut ordonné sa comparution forcée le 2 novembre.

Face à quelques journalistes, l’ancien président n’a cependant pas explicitement confirmé sa présence au tribunal le 2 novembre, précisant qu’il aurait «l’occasion de dire ce qu’(il) ferait calmement».

Cité au procès par l’association Anticor, à l’origine de l’affaire des sondages de l’Elysée, l’ex-chef de l’État avait indiqué dans une lettre adressée à la juridiction qu’il n’entendait «nullement déférer à cette convocation».

Pourtant, le tribunal considère «que le témoignage de Nicolas Sarkozy est effectivement (...) nécessaire à la manifestation de la vérité» et qu’il est «susceptible d’avoir une influence sur les faits reprochés aux prévenus», a expliqué mardi le président Benjamin Blanchet.

Selon la Constitution, le chef de l’Etat est couvert par une immunité pénale pour les actes accomplis au cours de son mandat, mais le texte suprême «ne fait nullement obstacle à ce qu’un ancien président soit entendu en qualité de témoin», a rappelé le magistrat.

Depuis lundi et pendant quatre semaines, cinq anciens proches de Nicolas Sarkozy, dont l’ex-secrétaire général de la présidence Claude Guéant, sont jugés pour des soupçons de favoritisme et de détournement de fonds publics, liés à des contrats de conseil et de sondages entre 2007 et 2012.

Dans ce dossier, depuis l’origine, l’ancien locataire de l’Élysée n’a jamais été poursuivi. Il a été condamné à de la prison ferme dans deux affaires, celle des «écoutes» et celle de Bygmalion, et a à chaque fois fait appel.

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