La déclaration de politique générale de Rudi Vervoort appartient aux occasions manquées, selon l’opposition

La déclaration de politique générale de Rudi Vervoort appartient aux occasions manquées, selon l’opposition
Belga

La cheffe du groupe MR, Alexia Bertrand, a remis une montre au chef de l’exécutif bruxellois, symbole de deux ans et demi depuis la mise en place de la majorité « sans avoir saisi les opportunités d’inverser réellement le cours des choses » dans une série de domaines.

Pour Mme Bertrand, très peu de moyens ont ainsi été consacrés, dans le plan de relance bruxellois, à l’emploi et à la formation, et aucune mesure forte n’est annoncée en la matière. En matière de rénovation et d’isolation du bâti, la stratégie « Renolution » ne précise toujours pas clairement comment tous les outils doivent être utilisés, malgré la hausse sensible du coût de l’énergie.

« Vous dépensez sans compter mais pour quel résultat au regard de l’exode d’habitants de la classe moyenne et d’entreprises », a-t-elle demandé à Rudi Vervoort.

Taux de chômage élevé et chiffres de la précarité en hausse constante ; elle a été rejointe par Françoise De Smedt (PTB) sur ce seul constat, mais pas sur les remèdes.

« Après plus d’une heure de votre déclaration, vous posiez la question ’que veulent les Bruxellois pour leur commune et leur Région ?’ 40 % veulent avoir accès à un médecin généraliste ; un sur trois aimerait être au-dessus du seuil de risque de pauvreté ; 133.000 demandent un logement social ; 90 000 veulent un emploi décent », a souligné celle-ci.

À côté de cela, il y en a pour qui tout roule : le secteur immobilier ; Engie-Electrabel, qui grâce à l’augmentation des prix de l’énergie va se faire un surprofit de 1,5 milliards d’euros, ou encore Uber, « le loup que le gouvernement bruxellois a laissé entrer dans la bergerie pendant sept ans », a-t-elle ajouté.

Rayon solutions face à la crise sociale, « il y aura bientôt plus de pages dans la déclaration gouvernementale que de logements sociaux produits », a-t-elle encore dit.

Pour Céline Fremault, la Région bruxelloise donne malheureusement l’impression d’être plutôt un poids que l’on fuit avec plus ou moins de regrets ? Le cdH espérait apercevoir un sursaut de l’ensemble du gouvernement, avec un cap et de l’ambition pour s’atteler à sauver ce qui peut l’être avant qu’il ne soit trop tard face à la gravité de la situation…

« Vous nous avez finalement dévoilé ce jeudi après-midi un traditionnel catalogue d’intentions, une compilation de petites réalisations en cours et de plans déjà évoqués précédemment. Un nombre important de mesures sont peu précises. Elles ne contiennent notamment pas de date de mise en œuvre, par exemple pour augmenter le parc de logements.

« J’ai eu en plus l’impression étrange, en vous entendant, que la crise Covid est derrière nous », a-telle encore dit.

Sur les bancs flamands de l’opposition, la cheffe du groupe N-VA, Cieltje Van Achter, a estimé que les contours de l’accord budgétaire intervenu il y a quelques jours n’étaient toujours pas clairs. La déclaration de politique générale mentionne 105 millions d’économies et 140 millions d’investissements différés, mais ne donne aucun détail. Le prix des titres-services sera augmenté, mais on ne sait pas comment ni quand.

La cheffe de file de la formation nationaliste flamande s’en est également pris aux « simplismes » du gouvernement. Une révolution copernicienne du bien-être animal est ainsi annoncée, alors que le gouvernement bloque l’abattage d’animaux avec étourdissement. L’exécutif annonce des efforts plus importants sur le plan climatique alors que les objectifs actuels ne sont pas atteints.

Pour Mme Van Achter, la déclaration de politique générale ne prévoit rien pour stimuler l’emploi, rien pour lutter contre les factures énergétiques élevées. Aux yeux de la N-VA, il n’y a guère de traces non plus de mesures en matière de sécurité ni de réelle avancée pour endiguer la hausse de la précarité.

Bianca Debaets (CD&V) a souligné le manque de cohésion et de leadership au sein du gouvernement de Bruxelles. « La liste est longue : la 5G, le plan taxi, la redevance kilométrique intelligente, l’abattage sans étourdissement… », a-t-elle déclaré.

Le son de cloche était bien différent dans la majorité.

John Pitseys (Ecolo) a salué l’accélération du mouvement de transition économique et climatique à la hauteur des habitants, emprunté par l’équipe aux commandes. Ridouane Chaid (PS) a salué les initiatives prises par le gouvernement dans le domaine social. Le chef du groupe socialiste a notamment épinglé le plan logement, la gratuité de l’abonnement STIB pour les moins de 25 ans, ou encore les 10 millions d’euros dégagés pour permettre aux CPAS d’aider la population défavorisée à honorer ses factures d’énergie.

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