Agressions sexuelles au cimetière d’Ixelles: les bars El Café et le Waff sortent du silence, «nous n’avons jamais été complices d’actes de violences»

La 1 ère  marche.
La 1 ère marche. - Manon Vidal

« On en a marre que des viols puissent encore arriver sur nos lieux de détente », déclarait jeudi Manon Vidal, co-organisatrice des marches en soutien aux victimes d’agressions sexuelles. Comme de nombreuses femmes, elle réclame des mesures concrètes, notamment la fermeture des bars Waff et El Café dont un employé est accusé d’agressions sexuelles.

Depuis que l’affaire a éclaté dans les médias, les établissements sont la cible de vives critiques. Après le deuxième rassemblement, la direction, jusque-là restée en retrait, est sortie du silence. Elle a rappelé son soutien aux victimes.

« Nous comprenons et partageons les sentiments de révolte et de colère suscités par les actes d’agressions sexuelles relatés sur les réseaux que nous condamnons fermement », déclare la direction sur Instagram. « Nous n’avons jamais été et ne serons jamais complices d’actes de violences faites aux femmes. »

Elle a réaffirmé son intention de se porter partie civile si l’employé mis en cause est reconnu coupable. Elle a également tenu à clarifier la situation par rapport au transfert du barman accusé d’un bar à l’autre. « Ce n’était en rien lié à une volonté de cacher des faits dont nous aurions eu connaissances, mais bien en lien avec le fait que l’employé travaillait pour les deux établissements. »

Des propositions

La direction a fait part de diverses propositions auprès du bourgmestre d’Ixelles Christos Doulkeridis (Ecolo). Elle affirme entrer en contact avec les organisatrices du mouvement « afin de se concerter sur des mesures constructives à mettre en place, et ce, dans un climat serein ».

« Nous pensons en effet que si la haine dont nos établissements font l’objet concernant les violences faites aux femmes peut aider à conscientiser sur les comportements inadmissibles, ce sera un désastre pour un mieux », poursuit la direction. « Il faut à présent reconstruire. En commençant par les victimes. »

Parmi les initiatives à l’étude, la direction cite des protèges verre, des caméras sur l’espace préparation dans le bar en direct, des formations des équipes en continu sur la gestion de ce genre de situation, des concertations collectives avec les établissements de nuit, les victimes et les autorités compétentes afin d’aider au mieux, des tests antidrogues dans les établissements ou encore des communications claires dans les établissements sur les règles de vigilances, l’information préventive à partager aux clients et la manière de recevoir les plaintes et inquiétudes. Certaines seraient déjà mises en place.