Calais: décès d’un jeune migrant, blessé dans une zone de stationnement des poids-lourds

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La victime «est un jeune homme, mais nous n’avons pas d’éléments d’identification», a indiqué à l’AFP le procureur de la République de Boulogne-sur-mer, Guirec Le Bras, confirmant une information du quotidien La Voix du Nord.

«Il a été découvert blessé à l’occasion d’une patrouille de police», jeudi matin vers 07H00 au niveau d’un rond point, dans cette zone d’activités où stationnent les poids-lourds en partance pour l’Angleterre, a-t-il précisé. «Un attroupement de migrants était formé autour de lui».

Transporté au centre hospitalier dans un état grave, il est décédé vers 16H00.

«La cause exacte du décès n’est pour l’instant pas déterminée, mais la zone est connue pour être un lieu où les migrants cherchent à entrer dans les camions», a poursuivi le procureur.

Une enquête a été ouverte en «recherche des causes de la mort», et «une autopsie et des investigations» seront menées pour éclairer les circonstances du drame.

Fin septembre, un mineur soudanais était déjà mort à Marck (Pas-de-Calais), commune limitrophe de Calais, en tentant de monter dans un semi-remorque au petit matin.

Vers 18H00 vendredi, quelque 200 personnes, dont des représentants d’associations comme l’Auberge des migrants, Salam ou le secours catholique, et de nombreux migrants, se sont rassemblées devant un jardin public en hommage au jeune homme décédé jeudi.

Ils portaient notamment une bougie et une banderole, appelant à se souvenir des «305 exilés décédés» dans la zone «depuis le début de l’exode migratoire vers l’Angleterre».

Plusieurs associations avaient dénoncé lundi un «vol systématisé» des affaires des exilés lors des opérations d’évacuation des campements. Un prêtre et deux militants associatifs sont eux en grève de la faim depuis douze jours à Calais, pour réclamer notamment l’arrêt des démantèlements de campements à l’approche de l’hiver.

La préfecture organisait par ailleurs une rencontre vendredi soir avec les associations pour évoquer l’action de l’Etat, mais plusieurs responsables ont décidé de ne pas s’y rendre suite à ce drame.

Regrettant leur absence, le préfet a annoncé lors d’un point presse la mise en place de réunions mensuelles avec les associations, et un nouveau protocole de restitution des affaires perdues lors des évacuations.

Ces effets personnels seront confiés à une entreprise de réinsertion afin d’être nettoyés, puis seront restitués dans des hangars de la zone industrielle des dunes.

Les associations mandatées par l’Etat sont «de plus en plus victimes» d’agressions verbales et menaces, a déploré le préfet Louis Le Franc, indiquant que la restitution s’effectuerait dans des «conditions de sécurité strictes».

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