Seuls 20% des jeunes ont une alimentation équilibrée, selon une enquête menée durant deux ans

La consommation de sodas a tout de même baissé.
La consommation de sodas a tout de même baissé. - 123RF

Entre 2018 et 2020, l’Observatoire de la Santé du Hainaut et le réseau des Centres de Santé Scolaire Vigies ont mené une enquête sur la thématique de l’alimentation auprès des jeunes Hainuyers de 10 à 17 ans. Les résultats sont parfois surprenants et résument, aussi, de manière globale, le rapport des jeunes face à l’alimentation dans notre pays.

Parmi les aliments dont la consommation régulière est recommandée, la consommation quotidienne de fruits et de légumes n’est adoptée que par une minorité de jeunes Hainuyers. De plus, elle a connu une diminution ces dix dernières années.

En 2020, 44 % des jeunes ne consomment ni fruits, ni légumes quotidiennement. De plus, ils ne sont que 17 % à en consommer au moins une fois par jour !

Moins de la moitié des jeunes consomment du poisson une fois par semaine et cette proportion a diminué au cours des dix dernières années. Il en est de même pour la consommation quotidienne de produits laitiers. La consommation quotidienne d’eau connaît une lente augmentation ces dernières années, mais n’est pas encore suffisante en termes de santé publique. En effet, seuls 81 % des jeunes en consomment quotidiennement.

A contrario, et c’est là un très bon point, la consommation de sodas sucrés (30 %) et light (11 %) connaît une diminution régulière.

De manière générale, seuls 19 % des jeunes ont un score témoignant d’une alimentation équilibrée. La moitié (49 %) ont une alimentation moyennement équilibrée. Pour 32 %, le score dénote d’une alimentation non équilibrée.

La majorité des jeunes (62 %) déclarent grignoter en dehors des repas. Les jeunes de 13 ans sont plus nombreux à affirmer grignoter (66 %). Les connaissances et représentations des jeunes en matière d’alimentation sont également liées à leurs comportements alimentaires. La majorité des adolescents (70 %) ne consultent pas (jamais ou rarement) les étiquettes alimentaires. Beaucoup les trouvent trop complexes. Ceux qui ne lisent pas les étiquettes ont moins fréquemment une alimentation équilibrée. Pour ceux qui les consultent, 45 % les trouvent assez « difficiles à comprendre » et 10 % « incompréhensibles ».

QUELLES SOLUTIONS ?

Différentes pistes peuvent être envisagées afin de promouvoir une alimentation et des comportements favorables à la santé. À un niveau supérieur, la mise en place de politiques publiques valorisant l’accès équitable à une alimentation diversifiée, qualitative et durable est un moyen macrosociologique. D’une manière plus large, la lutte contre les inégalités sociales et territoriales de santé représente un élément majeur de l’amélioration de la santé des populations. Au niveau scolaire, il est important de réfléchir tant à l’aménagement des écoles, l’accès aux repas équilibrés et à l’eau qu’à la sensibilisation des jeunes à leur consommation d’aliments transformés ou défavorables à la santé, analysent les auteurs de cette enquête de fond.

Développer les compétences psychosociales des jeunes en fonction de leur âge, mais également leurs connaissances en matière d’alimentation, permet de leur donner les moyens de faire des choix alimentaires favorables à la santé. Les actions menées sur la thématique de l’alimentation des jeunes contribuent à favoriser leur santé, mais également à améliorer les enjeux de la santé publique.

Un lien avec le contexte socio-économique

C’est un fait connu, mais cette enquête le confirme : l’environnement familial et les ressources matérielles ont un lien direct avec l’alimentation des jeunes. L’activité physique, la limitation des activités sédentaires, la non-consommation de tabac sont fréquemment associées à une alimentation plus équilibrée.

Le rôle de l’environnement du jeune se manifeste dans le lien entre la présence d’un adulte fumeur à la maison et un moins bon équilibre alimentaire du jeune. L’ensemble de ces comportements est aussi en lien avec le contexte socio-économique dans lequel le jeune évolue.

Ces constats indiquent que certains enfants et adolescents vivent dans un milieu plus attentif à la santé et qui favorise une alimentation équilibrée, une pratique de l’activité physique, une limitation de la sédentarité, une moindre exposition au tabac. Dans ces mêmes familles, les jeunes ont plus fréquemment un recours régulier au dentiste, voire à une consultation diététique quand le besoin se fait sentir. Les jeunes en situation plus précaire au niveau de leur structure familiale ou de leur aisance matérielle sont souvent plus exposés à des comportements ou situations défavorables de santé.

Les jeunes dont le niveau d’aisance matérielle est faible sont plus fréquemment (16 %) susceptibles d’être obèses par rapport à ceux d’un niveau élevé (6,8 %). Lorsque le niveau d’aisance matérielle est faible ou moyen, ils ont plus fréquemment un régime alimentaire non équilibré. D’autre part, les jeunes d’un niveau d’aisance matérielle élevé sont plus nombreux (24 %) à manger quotidiennement des fruits et des légumes que ceux d’un niveau d’aisance matérielle faible (10 %).

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