150 membres d’Activision Blizzard exigent le départ du PDG pour des faits de harcèlement sexuel: «Nous ne nous tairons pas»

150 membres d’Activision Blizzard exigent le départ du PDG pour des faits de harcèlement sexuel: «Nous ne nous tairons pas»
Isopix

Selon l’agence de presse financière Bloomberg, les inquiétudes des investisseurs quant à la gestion de l’entreprise s’amplifient également.

Le groupe d’employés a cessé le travail pendant un temps en signe de protestation et s’est rendu devant le siège d’Activision Blizzard à Los Angeles. « Nous ne nous tairons pas jusqu’à ce que Bobby Kotick soit remplacé et nous continuerons à faire pression pour obtenir un audit indépendant », a clamé le syndicat des employés du groupe, l’ABK Workers Alliance.

Le Wall Street Journal a publié mardi un article relatant des accusations de harcèlement sexuel chez Activision Blizzard et décrivant M. Kotick comme étant conscient de ces agressions. Le quotidien économique américain se base pour ce faire sur des interviews, des e-mails au sein de l’entreprise, des demandes de régulateurs et d’autres documents internes qui démontrent que le PDG était au courant des faits de harcèlement sexuel qui ont eu cours en 2016 et 2017. L’entreprise ne l’aurait pas signalé à son conseil d’administration. Le Wall Street Journal a fait également état de cas où Bobby Kotick lui-même est accusé d’avoir harcelé sexuellement.

Soutien du conseil d’administration

Activision Blizzard a nié les allégations à l’encontre de son PDG et le conseil d’administration a également affirmé son soutien au patron de l’entreprise. « Le CA reste convaincu que Bobby Kotick a réglé de manière adéquate les problèmes sur le lieu de travail pour lesquels il a été alerté », avance-t-il dans un communiqué.

Le CA est composé de dix membres, dont deux femmes. Une source proche de l’organe a déclaré à Bloomberg que le soutien envers M. Kotick ne tiendrait toutefois pas si de nouvelles informations en sa défaveur apparaissaient.

Ces révélations ont porté un coup au cours de l’entreprise en bourse, qui avait perdu 6,1 % mardi. Le titre se négocie à un prix 36 % inférieur à son sommet atteint en février.

D’autres licenciements

À la fin octobre, le producteur de jeux vidéos avait déjà licencié une vingtaine d’employés, accusés de harcèlement sexuel et de discrimination sur le lieu de travail. Au moins 20 autres travailleurs ont écopé de mesures disciplinaires pour les mêmes motifs. Activision Blizzard a été poursuivie par le passé par une instance gouvernementale de l’État de Californie en raison de sa « culture sexiste » qui entraînait un salaire moindre pour les femmes que pour les hommes.

En août, il a également été annoncé qu’un cadre supérieur de l’entreprise avait démissionné en raison du scandale. En juillet, plus de 2.600 personnes travaillant pour Activision Blizzard avaient dénoncé des faits de harcèlement sexuel et de discrimination. Bobby Kotick avait alors promis d’agir.

Activision Blizzard compte environ 10.000 employés.