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Trottinettes, camions, sanctions…: voici comment le Fédéral et les Régions vont agir!

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« Penser chacun dans son coin ne sauvera pas de vies. C’est pourquoi nous voulons aujourd’hui collaborer davantage afin que les politiques menées au niveau fédéral et régional soient en phase les unes avec les autres et que nous puissions ensemble veiller à la sécurité de chacun », souligne le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet, en marge des États généraux de la sécurité routière qui se tiennent ce mardi à Bruxelles.

En 2019, 644 personnes ont perdu la vie dans la circulation. L’objectif commun est d’abaisser ce chiffre à zéro d’ici 2050. Jusqu’à présent, chacun avait élaboré son propre plan. À l’instigation du ministre Gilkinet, ils viennent de concevoir le premier Plan interfédéral de sécurité routière. La sécurité des usagers actifs, piétons et cyclistes en particulier, est au centre des préoccupations afin d’avoir une mobilité plus durable.

Trottinettes électriques

Les citoyens considèrent souvent les réglementations comme complexes ou peu claires. De plus, de nouveaux modes de déplacement nécessitent une adaptation de ces règlements. C’est le cas de la trottinette électrique. Le fédéral est responsable des règles liées à la vitesse maximale, à l’obligation ou non de porter un casque, à l’âge minimum ou encore à la conception d’un panneau de signalisation pour les zones de parking. Les régions sont quant à elles compétentes pour créer ces zones de parking, pour imposer des conditions aux opérateurs comme une limitation de vitesse sur les piétonniers ou encore veiller à une sensibilisation des usagers de la route face à cette nouvelle micromobilité. Un groupe de travail a été mis en place pour déterminer ensemble un cadre juridique clair pour les trottinettes électriques dans tout le pays.

« Le partage de la route est une notion essentielle pour diminuer l’insécurité routière et le nombre de victimes », indique la ministre wallonne de la Sécurité routière, Valérie De Bue. « Parmi mes dix mesures prioritaires pour améliorer la sécurité routière, l’une concerne le renforcement de la sensibilisation et de la formation des usagers notamment en matière de nouvelles formes de mobilité. Il est primordial que les politiques menées au niveau fédéral et régional soient bien coordonnées ».

Contrôles et sanctions

Des contrôles et des sanctions plus efficaces doivent permettre de prendre des mesures plus strictes à l’encontre des conducteurs les plus dangereux, en particulier les récidivistes. Plus d’un Belge sur trois (34,5 %) impliqué dans un accident de la route entre 2014 et 2019 est, en effet, un récidiviste. Les sanctions doivent dès lors viser à modifier les comportements. Les ministres concernés élaboreront un cadre commun pour des sanctions alternatives plus efficaces, telles que les formations ciblées.

Comportements dangereux

Les comportements dangereux au volant sont l’une des principales causes d’accidents de la route : excès de vitesse, conduite sous l’influence de l’alcool, de drogues ou de médicaments, conduite sans ceinture, mais aussi fatigue excessive ou visibilité insuffisante. Les quatre ministres veulent s’attaquer à ce problème en alliant la sensibilisation et la technologie.

Concrètement, les ministres fédéral et régionaux visent par exemple un objectif de zéro accident dans l’angle mort des camions. Au niveau fédéral, il peut être question par exemple d’imposer des « systèmes anti-angle mort » et des caméras à 360º pour certains types de camions ainsi que d’homologuer les différents systèmes technologiques, ou encore de concevoir un panneau de signalisation pour les zones où les camions ne pourraient pas circuler sans cet équipement. Ensuite, les régions pourraient, elles, définir ces zones, concevoir des pistes cyclables et des carrefours plus sûrs et sensibiliser davantage les citoyens.

Meilleur partage des données

Pour éviter les accidents ou en réduire les conséquences, il est nécessaire d’avoir un accès facile à diverses sources de données ainsi que des méthodes d’analyse appropriées. Un meilleur partage des connaissances entre les niveaux fédéral et régionaux permettra de mieux comprendre la complexité des accidents de la route. Dans le cadre de ce Plan Interfédéral, l’objectif est de mettre en relation les données de la police avec celles des hôpitaux ou encore des compagnies d’assurances.

Les quatre ministres sont convaincus que l’objectif « All for zero » est à la fois ambitieux et réaliste. Il nécessite une approche progressive, avec plusieurs étapes encore à venir. Il y aura par exemple chaque année dix événements locaux qui nous permettront de suivre l’évolution de la sécurité routière sur le terrain. Le Plan Interfédéral sera également évalué chaque année. Et grâce au site web www.all-for-zero.be, les citoyens pourront toujours y retrouver toutes les informations utiles pour leur sécurité.