Un ex-enquêteur de l’affaire Dutroux écrit aux politiques pour qu’on rouvre le dossier bis: «J’ai toutes les preuves de ce que j’avance»

Toute la vérité n’a pas été faite sur l’enlèvement des enfants.
Toute la vérité n’a pas été faite sur l’enlèvement des enfants. - Belga

Aimé Bille n’a jamais vraiment lâché son os. Mais le 25e anniversaire de la Marche blanche commémoré le 20 octobre dernier, avec des parents toujours en quête de vérité, lui a donné un nouvel élan.

Cet enquêteur de la BSR de Bruxelles, qui a travaillé pour le juge Connerotte sur le volet financier et les témoins X de l’affaire Dutroux, mais aussi sur le meurtre de la Champignonnière et sur l’affaire Di Rupo, demande à la justice de rouvrir le dossier bis de l’affaire Dutroux (traces inexploitées et témoins X) et aux politiques de relancer une nouvelle commission d’enquête parlementaire. Rien de moins !

Il nous avoue agir pour « que les parents connaissent enfin la vérité » et aussi « pour son honneur ». Car il faut savoir que lui et ses collègues de la BSR ont été écartés de leurs enquêtes. Aimé Bille accuse aujourd’hui la haute magistrature et la hiérarchie de la gendarmerie de l’époque d’avoir tenté de le pousser à la faute dans le dossier Di Rupo (totalement blanchi après de fausses accusations de pédophilie, NDLR), pour le discréditer et l’écarter du dossier Dutroux, où il était chargé avec Patriek de Baets d’entendre les témoins X. Et ça marché puisqu’en 1997, plusieurs mois après le début de leurs investigations, de Baets, Bille et d’autres gendarmes ont été écartés de l’enquête sur les témoins X. Les relecteurs de leur travail ont conclu à des auditions orientées et à de faux p.-v. La piste d’un réseau pédophile autour de Nihoul était définitivement écartée… Bille et ses collègues furent ensuite blanchis mais cela n’y changea rien à l’époque.

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