Test Achats découvre 23 polluants interdits dans les cheveux des enfants: «Nous demandons que des études sérieuses soient menées»

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C’est ce qui ressort jeudi d’une nouvelle enquête menée par l’association des consommateurs Test Achats. À l’aide d’échantillons de cheveux, les chercheurs ont pu déterminer dans quelle mesure les enfants sont exposés à des substances nocives.

En juin 2021, Test Achats a fait prélever une petite mèche de cheveux de 3 cm sur 101 enfants âgés de 3 à 15 ans. L’examen de ces échantillons, appelé biomonitoring, a permis de découvrir que tous les enfants étaient infectés par une ou plusieurs substances chimiques, également appelés polluants.

La présence d’un seul polluant n’a été détectée que chez seulement trois enfants. Pour un tiers des participants, plus de sept polluants ont été trouvés, ce qui indique une toxicité chronique élevée. Ce chiffre est même monté jusqu’à douze polluants pour certains enfants. Cependant, le seuil d’alerte, fixé par les experts à vingt polluants, n’a pas été atteint.

Les pesticides occupent plus de 60% du panel de polluants retrouvés. On y retrouve entre autres des herbicides, des insecticides, des fongicides (contre les champignons), des rotenticides (contre les rongeurs) ou encore des molluscicides (anti-limaces).

Autre constat frappant : pour la moitié des enfants, 23 substances interdites en Europe ont été retrouvées. C’est le cas par exemple du pesticide «DNOC’, interdit depuis 1999. Les chercheurs ont également détecté chez l’un des enfants l’Atrazine, un autre désherbant interdit depuis 2012. «Nous sommes choqués», a réagi le porte-parole de Test Achats Simon November. «La fréquence des contrôles sur les produits destinés à la Belgique doit s’intensifier».

Comme le rappelle l’association, il est difficile de déterminer si cette pollution présente un risque pour la santé. «L’un des risques majeurs de cette pollution réside dans « l’effet cocktail »», explique Test Achats. «C’est un processus qui fait qu’en s’associant, des molécules, même a priori inoffensives, peuvent par synergie s’avérer délétères pour notre organisme».

«Nous demandons que des études sérieuses soient menées quant à l’impact sur la santé de l’effet cocktail de diverses substances dans nos organismes» conclut Simon November. «Notre analyse montre que l’on ne peut plus se limiter à étudier l’impact individuel de chaque polluant sur l’organisme».

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