Mireille Dumas: «Ne pas perdre le fil avec Benoît Poelvoorde était un exercice très compliqué»

Benoît Poelvoorde, à la fois drôle et touchant. © Gérard Bedeau/France 3
Benoît Poelvoorde, à la fois drôle et touchant. © Gérard Bedeau/France 3 - Gérard Bedeau/France 3

Vous vous êtes toujours intéressée aussi bien aux anonymes qu’aux célébrités. Mais cette fois, vous avez choisi de vous pencher exclusivement sur les artistes. Pourquoi ?

Avec ces derniers, je fais un croisement entre l’intime, l’artistique et le social. Mais la vie est commune à tous. Qu’est-ce qui nous construit ? Qu’est-ce qui nous déconstruit, nous permet d’avancer ? Le maître-mot pour moi, c’est : comment on se débrouille avec la vie. Qu’est-ce qui a amené Yannick Noah à gagner Roland-Garros, Guy Bedos à devenir humoriste ? D’où vient cette niaque qui fait accéder au-devant de la scène ?

Vous dites qu’aller à la rencontre des autres est une nécessité pour vous. Est-ce ce besoin qui fait tomber les barrières ?

Je pense. J’y suis allée avec ce que je suis. Je ne triche pas. À l’antenne, devant la caméra, je suis la même. Je ne suis pas attentive seulement aux mots, mais aussi aux silences, aux hésitations, à la gestuelle.

Bien que vos invités ne s’allongent pas sur un divan, avez-vous une approche de psy ?

Oui et non, je suis à l’écoute, ce qui m’intéresse, c’est de sonder l’intime, mais c’est toujours relié à l’artistique ou à la vie sociale et aux engagements. Dans mon livre, j’ai voulu rendre compte de tous ces parcours. Comment on affronte une mort proche avec Bernard Giraudeau. Avec Jean-Louis Trintignant, on est aux pieds du vieillir, mais aussi de la perte d’un être cher. Un livre permet de raconter ce qu’on ne voit pas forcément à l’antenne, de dire dans quelles circonstances je les rencontre.

Vous intitulez le chapitre consacré à Benoît Poelvoorde « La vie surréaliste ». Est-ce l’artiste le plus surprenant que vous ayez rencontré ?

Ah oui, l’entretien était surréaliste. Ça a été un des moments les plus inoubliables. C’est quelqu’un qui m’a fait rire et qui m’a amenée au bord des larmes comme personne. Il est très pudique, il ne voulait pas se laisser porter par trop d’émotion et à chaque fois qu’on était au bord, il faisait surgir des personnages extraordinaires imaginés. Ne pas perdre le fil avec Benoît était un exercice très compliqué. Il s’échappait avec un humour dont je suis très fan, c’est au dixième degré ! Et puis, peu à peu, il donnait de lui. Quand il a commencé à parler de sa mère, ça m’a beaucoup touchée. Cette fusion avec elle est magnifique.

L’intégralité de cette interview avec Mireille Dumas est à lire dans le Ciné-Télé-Revue de cette semaine.

« Les années télé de Mireille Dumas », vendredi 26 novembre, 21h05 France 3

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