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Variant Omicron: les interdictions de voyage visant l’Afrique du Sud sont «injustifiées»

De gauche à droite) Cheryl Cohen, co-responsable du Centre des maladies respiratoires et de la méningite à l'Institut national des maladies transmissibles, Zweli Mkhize, ministre sud-africain de la Santé, Joe Phaahla, vice-ministre sud-africain de la Santé, et Patrick Moonasar, chef par intérim du département national de la Santé.
De gauche à droite) Cheryl Cohen, co-responsable du Centre des maladies respiratoires et de la méningite à l'Institut national des maladies transmissibles, Zweli Mkhize, ministre sud-africain de la Santé, Joe Phaahla, vice-ministre sud-africain de la Santé, et Patrick Moonasar, chef par intérim du département national de la Santé. - AFP

La décision de nombreux pays vendredi d’interdire l’entrée sur leur territoire des voyageurs en provenance d’Afrique du Sud après la découverte dans ce pays d’un nouveau variant du Covid-19 est « injustifiée », a regretté le ministre sud-africain de la Santé, Joe Phaahla.

Les scientifiques ont annoncé la veille avoir détecté dans le pays d’Afrique australe une nouvelle forme du Covid-19, potentiellement très contagieuse et aux mutations multiples. L’efficacité des vaccins contre cette forme mutante baptisée Omicron par l’OMS est à l’étude.

Isolée du monde

Au fil de la journée, l’Afrique du Sud s’est retrouvée de plus en plus isolée du reste du monde. De nombreux pays tels que la France ou les États-Unis ont annoncé suspendre les vols. L’Union européenne a recommandé de suspendre tous les voyages en provenance et à destination de l’Afrique du Sud et six pays voisins.

« Certaines réactions sont injustifiées », a déclaré le ministre de la Santé sud-africain, Joe Phaahla, lors d’une conférence de presse dans la soirée. « Certains dirigeants cherchent des boucs émissaires pour résoudre un problème qui est mondial », a-t-il poursuivi évoquant une réaction de « panique ».

La Grande-Bretagne a été la première à annoncer tard jeudi fermer ses frontières aux voyageurs venant d’Afrique du Sud.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est entretenu vendredi avec le premier ministre Boris Johnson : « Ils ont discuté des défis posés à l’échelle mondiale par la nouvelle variante du Covid-19, et des moyens de travailler ensemble pour faire face et rouvrir les voyages internationaux », a déclaré un porte-parole de Downing Street.

Des mesures « draconiennes »

Jamais un nouveau variant n’a provoqué autant d’inquiétude dans le monde depuis Delta.

De telles mesures « draconiennes », selon l’Afrique du Sud, qui impactent l’économie et le tourisme, pourraient dissuader les pays de signaler la découverte de prochains variants de peur de se retrouver sanctionnés.

« On est parfois puni pour avoir été transparent et fait les choses rapidement », a regretté à son tour le virologue Tulio de Oliveira qui, avec son équipe de l’institut de recherche KRISP, a détecté le variant.

Selon M. de Oliveira, les interdictions de voyager n’ont « scientifiquement pas beaucoup de sens » dans la lutte contre le Covid. Le spécialiste a rappelé que les États-Unis avaient imposé une interdiction similaire à la Chine au début de la pandémie, avant de se retrouver avec le nombre le plus élevé d’infections.

L’OMS, qui a classé le variant « préoccupant », estime qu’il faudra quelques semaines pour comprendre son niveau de transmissibilité et de virulence, et a déconseillé à ce stade toute restriction de voyage.

Omicron, classé « préoccupant » par l’OMS, semble s’être déjà propagé, avec des cas détectés au Botswana voisin, mais aussi à Hong Kong, en Belgique et en Israël.

L’Afrique du Sud est officiellement le pays africain le plus touché par la pandémie et connaît une hausse exponentielle des contaminations. Le pays compte jusque-là plus de 2,9 millions de cas et près de 89.800 morts.

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