François Pirette de retour ce dimanche soir sur RTL-TVI: «Je suis scandalisé par l’attitude du ministre de la Culture»

François Pirette de retour ce dimanche soir sur RTL-TVI: «Je suis scandalisé par l’attitude du ministre de la Culture»
RTL-TVI

Quel regard portez-vous sur la situation sanitaire actuelle ?

Même si la situation ne semble pas avoir changé, elle a changé fondamentalement parce que je crois qu’elle a servi de révélateur de réalités de nos sociétés que l’on ne soupçonnait pas. Elle est en train de fissurer ce qui faisait socle commun pour beaucoup de gens jusqu’ici, à savoir notre cohésion et notre solidarité. On se retrouve dans une société de plus en plus polarisée et en tant que citoyen lambda, ça me rend profondément triste. J’ai perdu plus de proches du fait du vaccin qu’à cause du Covid parce que ça crispe les familles, les relations de travail et amicales. Ce qui a changé depuis un an, c’est ça.

La culture, comme d’autres secteurs, est victime de cette situation. Vous qui êtes dans ce métier, craignez-vous une nouvelle fermeture des salles de spectacle ?

Ce n’est pas la culture qui doit être touchée. C’est le fait objectif de se retrouver ou non en compagnie de plusieurs dizaines ou centaines de nos semblables dans un espace clos ou pas clos avec une saloperie qui circule. J’ai peut-être une voix dissonante par rapport à d’autres mais je pense qu’il n’y a jamais eu d’intention de toucher à la culture. Elle est toujours aussi accessible qu’avant. La contrainte vient juste du fait qu’on ne puisse plus se réunir. En revanche, là où ça ne va pas du tout, c’est qu’en Belgique, il n’y a pas eu de considération beaucoup plus évidente de la part de ceux qui sont en charge de la préserver. Il n’y a eu aucune considération sur la réalité du quotidien des gens qui travaillent dans la culture. Je suis vraiment scandalisé par le silence radio de la ministre de la culture parce que nous sommes une économie. Quand on nous dit qu’on peut travailler mais à 50 personnes maximum et avec des masques, ça me met en colère. C’est dit avec une inconscience manifeste de ce qu’est ce métier. Comment peut-on demander à un artiste de monter sur scène devant 50 personnes ? On veut travailler et gagner notre vie.

Dans « Mad in Belgium », allez-vous encore parler du Covid ?

Oui parce que l’oxygène qu’on respire en est plein. Le Covid rythme nos vies dans tous nos actes. « Mad in Belgium » est un projet que j’ai dans mes cartons depuis longtemps. Avec RTL, j’ai voulu créer un nouveau format plus court, de 35 à 40 minutes, diffusé après le journal et non plus en prime time.

Pourquoi ?

Aujourd’hui, c’est compliqué de captiver l’attention des téléspectateurs pendant 1h30 parce que le mode de consommation des gens a radicalement changé depuis l’avènement des plateformes. L’objectif est de faire en sorte que ce nouveau format soit diffusé plus régulièrement. Il s’agit d’un outil qui permet, non seulement à moi mais aussi à d’autres humoristes, d’aller s’ébrouer devant un public dans une salle de Comedy Club. C’est donc un outil de captation de stand up comedy show.

Y aura-t-il de nouveaux personnages dans ce format ?

Je pensais pouvoir le faire mais on avait tellement de choses à créer que je n’ai pas su. J’ai essentiellement joué avec les costumes dans lesquels j’étais le plus à l’aise. Il y a aussi d’anciens personnages auxquels j’ai donné de nouveaux costumes, par exemple, Amédée se retrouve dans la série « Squid Game ».

Vous venez d’avoir 58 ans, trouvez-vous toujours autant de plaisir à monter sur scène ?

Quand j’y suis, oui mais c’est de plus en plus angoissant d’écrire. J’ai de plus en plus conscience du fait que ce ne soit pas si anodin que ça, de monter sur scène. J’étais beaucoup plus inconscient avant et donc, c’était plus facile. Aujourd’hui, heureusement, le métier a évolué.

Vous êtes devenu grand-père pour la 1ère fois. Ça fait quoi d’être papy ?

Évidemment, je suis fou de joie que cette petite soit là et qu’elle vienne compléter notre famille. Je suis soulagé parce qu’elle est en pleine forme. Avant d’être grand-père, je me suis rendu compte que j’étais devenu le papa d’une maman. C’est un peu dingue de se dire ça d’autant que je la vois encore comme une petite fille.

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