Coronavirus: les Suisses votent sur le pass Covid, la police sur le qui-vive

Coronavirus: les Suisses votent sur le pass Covid, la police sur le qui-vive
Isopix

Les bureaux de vote seront ouverts jusqu’en milieu de journée mais en Suisse la très grande majorité des électeurs vote avant la date du scrutin, par correspondance.

Les premières tendances seront disponibles vers 11H15 GMT, et seront suivies des premières projections à 11H30 GMT. Le dernier sondage de l’institut gfs.bern, réalisé entre le 3 et le 11 novembre, donnait 61% des sondés soutenant la loi, un chiffre relativement stable dans le temps.

Ce référendum, lancé par les antipass, intervient alors que le nouveau variant Omicron, détecté en Afrique du Sud et qualifié de «préoccupant» par l’Organisation mondiale de la santé, a replongé la planète dans un état d’alerte.

Signe des tensions inhabituelles en Suisse, la police a bloqué dimanche la place se trouvant devant le siège du gouvernement et du parlement à Berne, en prévision des manifestations.

La campagne a été marquée par de nombreuses manifestations, parfois interdites et émaillées de violences. On reste toutefois loin des véritables émeutes, comme celles qui se sont déroulées aux Pays-Bas ou aux Antilles françaises.

Mais la montée des tensions en Suisse, un pays réputé pour sa culture du dialogue et du compromis et où des référendums sont organisés plusieurs fois par an dans un climat apaisé, a eu l’effet d’un électrochoc.

Appel à la vaccination

De nombreux politiciens, y compris le ministre de la Santé Alain Berset, qui depuis deux ans en est venu à incarner la lutte contre le Covid dans le pays alpin, ont été menacés de mort et sont désormais placés sous protection policière.

Les Suisses votent également dimanche sur une initiative populaire sur les soins infirmiers qui demande à la Confédération de garantir une «rémunération appropriée» des prestations de soin.

Ces deux votes interviennent alors que la Suisse connaît comme d’autres pays une flambée des infections depuis la mi-octobre en raison du variant Delta.

Mais contrairement à d’autres pays dans le même cas, le gouvernement a refusé pour l’instant de durcir les mesures de lutte au plan national, faisant valoir que l’occupation des lits de soins intensifs par des patients Covid était relativement faible à ce jour (20%).

«La situation est pour l’instant maîtrisée», a déclaré mercredi M. Berset, en conférence de presse.

Alors que le nouveau variant Omicron se répand, le président de la Confédération Guy Parmelin a toutefois lancé un nouvel appel à la vaccination dans des journaux dominicaux. Et le gouvernement a pressé les cantons de prendre des mesures et a appelé la population à respecter les mesures sanitaires de base.

Avec un taux de personnes entièrement vaccinés d’environ 65%, la Suisse est en retard dans la couverture vaccinale en comparaison d’autres pays d’Europe de l’Ouest.

«Apartheid sanitaire»

C’est la deuxième fois en moins de six mois que la population doit voter sur la loi Covid. En juin, les citoyens l’avaient soutenue à 60% des voix lors d’un premier référendum.

Mais la loi ayant été modifiée afin de donner plus de latitude aux autorités pour combattre la pandémie et permettre l’instauration du certificat Covid, les antipass ont décidé de lancer un second référendum.

Le pass crée un «apartheid sanitaire», dénoncent les Amis de la Constitution, un des groupes à l’origine du référendum.

L’ensemble des mouvements politiques, à l’exception de la droite populiste UDC, premier parti du pays, soutient la loi.

«Soudainement, nous sommes censés être divisés entre les vaccinés et les non-vaccinés. Nous devons refuser cette scission», a dénoncé le président de l’UDC, Marco Chiesa.

Le gouvernement a lui fait valoir que le certificat facilite les voyages et les séjours à l’étranger, permet la tenue de manifestations et est «à la disposition de tous» car les personnes non vaccinées et n’ayant pas eu le virus peuvent se faire tester.

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