Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

«Battlefield 2042», le futur, ce n’est pas maintenant

Que vaut vraiment ce nouveau Battlefield?
Que vaut vraiment ce nouveau Battlefield? - Electronic Arts

Dice, l’éditeur du jeu, a longuement fait monter la « hype » autour de son nouveau jeu avec une campagne de promotion extrêmement bien rodée. Et on le sait bien, Battlefield c’est des combats à grande échelle avec des graphismes beaucoup plus réalistes que ses licences rivales. Mais dans ce nouveau jeu, dès la scène d’introduction, un sentiment de trop peu est présent. Nous sommes en 2021 et le jeu est presque moins beau que Battlefield 3, sorti il y a 10 ans.

Nous voilà donc, 30 ans après notre époque actuelle, dans un champ de bataille futuriste avec les modes de jeu qui ont fait la renommée de la licence, le mode « Conquête » et le mode « Percée » qui raviront les fans de la 1e heure car c’est exactement le même principe mis à part quelques petites modifications quant au système des secteurs à capturer pour vaincre l’ennemi.

Deux nouveautés

Étant donné l’absence d’un mode « Histoire » dans cet opus, deux nouveaux modes de jeu on fait leur apparition. Le premier, c’est « Hazard Zone », et le principe de ce mode est relativement simple. Les joueurs seront groupés en escouades de 4 et devront récupérer des lecteurs de données dispersés sur la carte tout en survivant aux attaques des équipes adverses. Une fois les lecteurs de données récupérés, il faudra ensuite procéder à l’extraction en se rendant aux zones spécifiques tout en évitant cette fois une zone de tempête.

Electronic Arts

Le mode « Portal » quant à lui permet à n’importe quel joueur de créer SON propre mode de jeu. Vous vous êtes toujours demandé à quoi ressemblerait une bataille entre des soldats de la seconde guerre mondiale et ceux de maintenant, voire du futur, c’est possible dans « Portal ». Vous voulez être seul dans un char contre 64 autres soldats à pied, vous pouvez. Dans une tout autre mesure, il est possible de vous battre au couteau contre des soldats équipés de défibrillateur. (ndlr. Dans Battelfield, les défibrillateurs peuvent réanimer mais aussi tuer si on l’utilise contre nos ennemis)

Tant que vous avez de l’imagination, tout est pratiquement faisable dans ce mode, chaque carte peur être combinée avec n’importe quel véhicule. Et honnêtement, c’est surtout grâce à ces deux modes que le jeu peut plaire, car pour le reste, ce n’est vraiment pas plaisant.

Passé et futur s’affrontent sur le même champ de bataille
Passé et futur s’affrontent sur le même champ de bataille - Electronic Arts

Des mauvaises maps…

Après ces deux points positifs, passons désormais aux points négatifs… Malheureusement, il y en a.

« Orbital », la première map présentée au public début octobre avait fait fort impressions lors des teasers, mais la réalité est tout autre. Plus on parcourt ses collines verdoyantes, plus la magie disparait. Visuellement parlant, c’est loin d’être beau. Ce n’est pas hideux non plus mais il est clair que comparé à Battlefield 3, sorti il y a 10 ans, on pourrait presque ne pas distinguer l’ancien jeu du nouveau. En dehors des effets météorologiques, il n’y a pas réellement de claque visuelle et c’est réellement triste pour un jeu de 2021 qui est censé être « Next Gen ». Certes, le test a été effectué sur PS4, et est donc logiquement moins beau, mais en fouillant un peu sur le net, je m’aperçois que c’est le même son de cloche pour les personnes qui jouent sur le précieux sésame qu’est la Playstation5. Ce n’est clairement pas le niveau qu’on attendait d’un blockbuster de ce calibre.

Dans l’ensemble, le parti pris de DICE au niveau du level design fonctionne assez mal. Le développeur a voulu intégrer de nombreuses zones moins denses et très ouvertes afin de générer des territoires sous hautes tensions. En théorie, l’idée marche plutôt bien car cela devait créer des escarmouches puis des grands affrontements, mais dans la pratique, on se retrouve avec des sections sans intérêt et totalement vides. Si nous ne sommes pas véhiculés pour être beaucoup plus rapide et plus protégés, ces zones sont très longues à parcourir et servent surtout pour les snipers adverses qui se feront un plaisir de nous punir si l’on passe dans ces zones « mortes ».

Du sable, des palmiers et des buildings. Il n’y a que ça…
Du sable, des palmiers et des buildings. Il n’y a que ça… - Electronic Arts

… et des mensonges

On regrettera aussi le fait que, finalement et contre toute attente, les cartes ne contiennent finalement que peu d’éléments destructibles. Pourtant, il avait été clair, lors de la promotion du jeu, que la force de ce Battlefield 2042 était que la map entière pouvait être détruite afin de permettre de vivre le jeu différemment et empêcher certains ennemis de se cacher dans des tours ou des entrepôts. Certes, il y en a de très spectaculaires comme l’explosion de la fusée dans « Orbital » mais pour le reste, c’est réellement anecdotique et n’influence que très peu voire pas du tout le cours du jeu. À ce niveau, 2042 fait peine à voir.

On peut également parler de la « verticalité » et la possible volonté de favoriser les snipers dans le jeu. En effet, le grappin fait son retour et permet à tout un chacun de passer sa vie en hauteur et de faire de chaque surplomb, un nid à sniper potentiel.

Pour terminer, on pourra mentionner que dans Battlefield 2042, l’utilisation d’un aéroglisseur peut nous permettre d’escalader les murs et son utilisation est totalement dévastatrice, presque au même point qu’un char d’assaut.

Ceci pourrait bien devenir votre pire ennemi
Ceci pourrait bien devenir votre pire ennemi - Electronic Arts

Une régression majeure

De manière générale, ce Battlefield 2042 n’a de futuriste que le nom. Au niveau du gameplay, il s’agit malheureusement d’une régression claire et nette à bien des égards. L’excitation de la découverte retombée, on se rend compte à quel point un nombre sidérant de mécaniques importantes ont évolué dans le mauvais sens ou ont complètement disparu. On passe donc d’un gunplay relativement nuancé dans Battlefield V à des mécaniques beaucoup plus « arcade » avec un time-to-kill (ndlr. Le nombre de balles utilisées pour tuer son ennemi) beaucoup plus long que sur les précédents opus. Reste à savoir si c’est les ennemis qui sont beaucoup plus résistants qu’avant ou si c’est la faute des rafales qui semblent plus aléatoires qu’à l’époque mais dans l’ensemble, le constat reste le même ; les combats semblent moins précis et manquent d’impact.