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«Ce n’est pas au citoyen belge de payer», souligne Ecolo par rapport à la sortie du nucléaire

«Ce n’est pas au citoyen belge de payer», souligne Ecolo par rapport à la sortie du nucléaire

Interrogé samedi dans l’Echo, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a proposé qu’Engie fasse « un chèque de plusieurs milliards d’euros » en échange d’une reprise par l’État du risque lié au démantèlement des centrales et à l’enfouissement des déchets comme l’a fait l’Allemagne.

« C’est de la pure folie. M. Bouchez est-il le président d’un parti de la majorité au service de l’intérêt général ou le nouveau patron d’Engie ? » a demandé le député Samuel Cogolati (Ecolo-Groen).

« Il est irresponsable de privatiser tous les profits au bénéfice de Paris, pour abandonner la note extrêmement salée et risquée du passif nucléaire aux contribuables belges. Georges-Louis Bouchez joue à la roulette russe. L’ONDRAF avait déjà reconnu en 2018 avoir sous-évalué le coût de la gestion des déchets radioactifs. Pour les seuls déchets de haute activité et/ou longue durée de vie, la facture passait de 3,2 milliards à 10,7 milliards ! Plus de 3 fois le coût initial ? Et au coût de la gestion des déchets s’ajoute également le coût du démantèlement des centrales nucléaires. Au total, ce sont plus de 40 milliards d’euros qui sont en jeu à long terme », a souligné M. Cogolati.

Cette question est au centre de nombreuses spéculations politiques depuis quelques années. Aux yeux de certains observateurs, si le gouvernement décidait de prolonger deux réacteurs après 2025, une option laissée ouverte par l’accord de gouvernement, une difficile négociation s’engagerait avec Engie Electrabel. Le groupe a déjà fait savoir qu’il avait tourné la page du nucléaire en Belgique. Le temps d’obtenir des permis pour la prolongation et les opérations pratiques à mettre en œuvre porteraient la société hors délai, a expliqué l’an passé l’un de ses dirigeants.

La gestion du passif nucléaire, après le démantèlement des centrales, est l’un des enjeux qui attend aussi bien la Belgique que le groupe Engie. Des provisions sont constituées et entourées d’un cadre légal pour en garantir la pérennité.

« Cela fait 10 ans que nous exigeons de renforcer le cadre légal pour provisionner tous les coûts liés à la gestion des déchets nucléaires, mais aussi au démantèlement des centrales qui prendra des dizaines d’années. Il faut écouter les experts de la Commission des Provisions Nucléaires (CPN). Il convient aujourd’hui de réévaluer les coûts pour les prélever directement chez Engie et empêcher l’insolvabilité de la filiale d’Engie. Autrement, ce sont les citoyens qui devront trinquer ! Il est grand temps de passer à l’action et d’appliquer le principe du pollueur-payeur. Car ce n’est pas aux Belges à payer la facture des déchets nucléaires. Engie doit porter cette responsabilité », a conclu le député.

Plus tôt dans la journée, le PS s’est également opposé à la formule du MR. « Il n’est pas question pour le PS que l’État reprenne la responsabilité des risques de long terme liés au démantèlement, en contrepartie de la prolongation comme le proposait Georges-Louis Bouchez ce week-end, car ce serait un cadeau de plusieurs dizaines de milliards à Engie », ont affirmé les socialistes.

Ces différentes sorties ont lieu alors que le gouvernement doit se prononcer sur la sortie définitive nucléaire dans les semaines qui viennent. La ministre fédérale de l’Energie, Tinne Van der Straeten, fera un rapport à ses collègues vendredi sur la sécurité d’approvisionnement et l’impact sur les prix après la sortie du nucléaire. Dans la majorité, le MR plaide pour le maintien de deux réacteurs après 2025.

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