Éric Zemmour comparable à Donald Trump? Le candidat d’extrême droite a des similitudes avec l’ancien président: «Mais aussi de grandes différences!»

Éric Zemmour comparable à Donald Trump? Le candidat d’extrême droite a des similitudes avec l’ancien président: «Mais aussi de grandes différences!»
Belga

« Il y a effectivement des similitudes entre les deux comme l’outrance, les erreurs factuelles ou le rapport à la religion. Trump s’appuyait sur les protestants évangélistes tandis que Zemmour compte sur les catholiques intransigeants. Mais il y a aussi de grandes différences », indique le politologue de l’ULB, Pascal Delwit.

La première différence – et elle est de taille – est le contexte politique. En la matière, les États-Unis ne sont pas du tout l’Europe. « Par ailleurs, Donald Trump a été choisi comme le candidat des Républicains à l’issue du processus des primaires. Ce n’est pas le cas de Zemmour. Trump a gagné de peu la présidentielle parce qu’il a réussi à conquérir en partie l’électorat ouvrier du Midwest, des électeurs salariés touchés par la crise qui depuis lors ont rallié les démocrates. Zemmour aura des difficultés avec cette frange de l’électorat. Paradoxalement, on peut dire que la stratégie de Donald Trump est plus proche de celle de Marine Le Pen, même si cette dernière a opté pour une normalisation de son parti. Elle a réussi à capter un électorat populaire salarié ou non. La question migratoire fait partie de son programme, mais elle a élargi à des préoccupations telles que le logement ou la question sociale ».

Éric Zemmour a lancé son propre parti « Reconquête ! », comme Emmanuel Macron avant lui avec la « République en marche » en 2016. Est-ce à dire que qu’il y aura de plus en plus à l’avenir des candidats hors partis traditionnels. « Et vous pourriez ajouter « La France insoumise » qui est très structurée autour de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon », réagit Pascal Delwit. Pour lui, le phénomène dépasse la France : « En Allemagne, dans les pays scandinaves, en Belgique et ailleurs en Europe, nous assistons à une forme d’amoindrissement des grands partis politique alors qu’ils restent cruciaux dans la vie politique. Cette fragmentation ne va pas sans entraîner des difficultés pour constituer des gouvernements. C’est actuellement le cas aux Pays-Bas et plusieurs pays ont un gouvernement minoritaire ».

À ce phénomène, il faut ajouter une spécificité française. Tout est focalisé sur la présidentielle chez nos voisins, ce qui conduit des personnalités à se lancer sans l’aide d’un parti traditionnel. Le système a ses limites. La République en marche n’a jamais réussi à percer au niveau départemental, régional ou municipal.

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