Que vaut la mini-série «Landscapers» («Les Paysagistes») avec Olivia Colman?

A nouveau bluffante, Olivia Colman compose ici une femme mentalement fragile et détachée de la réalité…
A nouveau bluffante, Olivia Colman compose ici une femme mentalement fragile et détachée de la réalité… - D.R.

Sur le petit écran, les produits de qualité supérieure, c’est toujours sur la chaîne américaine payante HBO qu’on les trouve. Nouvelle prévue : la mini-série qu’elle a lancée ce 6 décembre, « Landscapers » (« Les Paysagistes »), qui a pour star Olivia Colman, qui n’a pas arrêté de tourner depuis que « The Crown » l’a révélée au monde. Ici, elle joue Susan Edwards, une Anglaise qui existe bel et bien et fut condamnée, en 2014, avec son mari Christopher, à vingt-cinq ans de prison, pour le meurtre de ses parents, William et Patricia Wycherley, qui résidaient dans le Nottinghamshire.

Le premier de ses quatre épisodes nous montre d’abord Susan et Christopher à Lille, où ils se sont enfuis après avoir supposément commis l’irréparable. Pendant plusieurs années, ils vécurent là en profitant de la pension des Wycherley, soit plus de 300 000 €. Mais le goût immodéré de Susan pour les antiquités et les objets, photos et autographes liés à ses vieilles idoles hollywoodiennes firent rapidement fonder ce magot. À un moment, ils n’ont plus aucune ressource financière, ne parviennent plus à payer le loyer, et Christopher ne parvient pas à décrocher un emploi dans une langue qui n’est pas la sienne. Désespéré, il appelle sa belle-mère pour lui demander de l’argent… Dans la réalité, il finit aussi pour avouer à celle-ci que Susan et lui ont tué les parents de cette dernière.

C’est alors que la police fait des recherches et retrouve les cadavres de William et Patricia, morts respectivement à 85 et 63, enterrés dans leur jardin. À la fin de l’épisode, on voit Susan et Christopher n’ayant plus aucun autre choix que de retourner en Angleterre et se rendre aux autorités. Les autres épisodes décriront évidemment le parcours funeste de ce couple ayant, à un moment, solidement disjoncté. Mais ils se prétendent innocents et déclarèrent aux enquêteurs que c’est Patricia qui abattit William (d’une balle dans la tête) puis poussa Susan à la tuer car elle avait eu une liaison avec Christopher.

Une histoire de fous… et c’est clairement ce que la série fait voir ! Réalisée par Will Sharpe, elle restitue à la perfection l’ambiance glauque du quotidien de Susan et Chris, qui se sont lentement mais sûrement détachés de la réalité. Un signe qu’ils l’ont probablement fait… « Bobonisée » à l’extrême, Olivia Colman excelle à nouveau avec ce « personnage » mentalement fragile, qui semble avoir des absences et vit dans son propre monde. La manière dont elle a modifié sa voix est remarquable. Chris a l’air un peu plus lucide, mais il est également à l’ouest… Il est joué par David Thewlis, qu’on a pu voir dans la série « Fargo », qui est tout aussi criant de vérité dans son décalage. Même si, avant d’attaquer cette série, on connaît les tenants et aboutissants de l’affaire qu’elle reconstitue, elle offre beaucoup à voir, à commencer, donc, par de très fortes performances d’acteurs. Mais aussi la création d’un monde imaginé par Susan, basé sur sa passion pour les vieux films. Dernier bon point : il n’y a ici que quatre volets, donc c’est plus facile d’aller au bout !

Olivia Colman est de retour sur nos grands écrans ce 15 décembre dans « The Lost Daughter », où elle est une autre femme tourmentée, mais différemment… Ne la manquez pas !

Notre sélection vidéo