«Don’t Look Up»: notre avis sur la farce co(s)mique avec Leo DiCaprio, Meryl Streep et Jennifer Lawrence… que nous avons rencontrés! (photos)

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Meryl Streep en Présidente des USA et Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence en astronomes pas doués pour la communication : rien que pour eux, il faut voir “Don’t Look Up”
Meryl Streep en Présidente des USA et Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence en astronomes pas doués pour la communication : rien que pour eux, il faut voir “Don’t Look Up” - D.R.

En effet, il y est question d’une découverte terrifiante : une comète de près de dix kilomètres de diamètre s’écrasera dans six mois sur la Terre, entraînant notre mort à tous. Et cette découverte, c’est un tandem d’astronomes peu charismatiques qui l’a faite : le Dr Randall Mandy, incarné par Leonardo DiCaprio, et sa jeune collègue Kate Dibiasky, jouée par Jennifer Lawrence.

Le premier, avec sa barbe, ses cigarettes et ses antidépresseurs, est du genre plouc, et la seconde, plutôt baba cool, n’est pas mieux fagotée. Et ils sont loin d’être les rois de la communication, ce qui est un problème, car ils sont censés convaincre la Maison Blanche et les médias de l’imminence de la catastrophe… Mais personne ne les prend au sérieux, Randall trompe sa femme avec une journaliste bling bling campée par une invraisemblable Cate Blanchett, et il finit par pousser une grosse gueulante. Mais est-elle assez forte pour empêcher l’inéluctable ?

Annonçons-le tout de suite : « Don’t Look Up » est l’un de nos films préférés de l’année ! Même s’il aurait pu être raboté de trente minutes… Visuellement, c’est une vraie réussite, c’est bourré de stars (on y voit aussi entre autres Ariana Grande, Matthew Perry et Tomer Sisley), on aime son ton et son humour, mais c’est surtout, derrière eux, son message, ou plutôt ses messages qui font toute sa force. Ils sont incorporés dans une grosse farce, donc, mais impossible de ne pas les prendre en pleine figure.

Dans cette histoire « inspirée de faits réels qui ne se sont pas encore produits » (bien vu !), l’opinion publique et les décideurs de ce monde font l’autruche et ne veulent pas voir que la fin est proche. Un comportement similaire à l’indifférence générale auxquels ont droit les gros problèmes de l’environnement, et à celui de Trump face à l’épidémie du Coronavirus, que l’ancien président minimisa d’abord, comme le firent des millions de ses fidèles.

C’est au cinéaste et scénariste Adam McKay que l’on doit ce film pas comme les autres. Pour ceux qui ne sauraient pas qui il est, il fit ses armes en tant qu’auteur en chef de « Saturday Night Live » et en concoctant des comédies avec Will Ferrer, à commencer par « Présentateur Vedette : La Légende de Ron Burgundy » ou « Frangins malgré eux ». Il se diversifia ensuite avec « Very Bad Cops » (Mark Wahlberg), « Big Short : Le Casse du Siècle » et « Vice », biopic du politicien Dick Cheney, qui lui valut 22 nominations à des prix prestigieux en 2019.

« Ce film est un cadeau du ciel pour moi ! » – Leonardo DiCaprio

« J’ai écrit ‘Don’t Look Up’avant la pandémie du Covid-19 », nous a-t-il dit après une projection du film au Fox Bruin Theater de Westwood (Los Angeles). « Mais comme vous sans doute, je devais pressentir que quelque chose de ce goût-là allait se passer. Ça fait des années que les scientifiques nous disent que les épidémies vont être de plus en plus nombreuses. Et depuis 5, 10 ans, l’ambiance était bizarre ici bas, avec les inondations, les ouragans… »

A ses côtés, Leonardo DiCaprio, rasé de près, a loué son génie visionnaire. « J’ai toujours cherché à faire un film sur le changement climatique », nous a dit Leo. « Mais ce qu’on m’a proposé dans le genre, c’était soit la remise en question existentielle d’un type par un retour à la nature, soit des blockbusters catastrophe où New York est sous la glace et le monde attend l’apocalypse. Le film d’Adam la montre aussi, mais au-delà de ça, il crée une tension et un sens de l’urgence incroyables, avec une réalité, celle des comètes, qui existe depuis la nuit des temps. Et surtout, il dresse le portrait de notre société, sous ses aspects culturel et politique, et la commente ! Il fait exploser les codes, et exhibe la folie du genre humain. »

Elle a tourné une scène sous cannabis et déjà enceinte !

C’est à Jennifer Lawrence qu’Adam a pensé en créant le personnage de Kate, qui finit par rencontrer un jeune homme campé par… Timothée Chalamet. Très enceinte (elle est mariée depuis deux ans à un certain Cook Maroney), la star de 31 ans, naturellement drôle, a tenu à rappeler que le réalisateur ne l’avait pas toujours aussi bien traitée. « Je suis une fan de la première heure, j’avais adoré ‘Présentateur Vedette’ et son site internet ‘Funny or Die’, dédié à la comédie », nous a-t-elle déclaré. « À 18 ans, je me souviens, j’étais allée le voir dans son bureau pour lui crier toute mon admiration et lui dire pourquoi il devait me mettre dans ses films. (Rires.) » Mais après ça, elle ne l’a plus revu. « On m’a dit qu’il était ‘occupé’. » Mais ces dernières années, il s’est rattrapé en lui proposant deux rôles. « Le premier n’était pas très grand, donc je comprends qu’elle ait décliné », nous a-t-il expliqué. « Puis il y eut le projet sur la vie de Pat Benatar, qu’elle a trouvé une drôle d’idée (Rires.) » Clairement, ces deux-là s’entendent comme deux larrons en foire. Plus tard dans la conversation, Jen a reconnu que, oui, elle avait fumé de l’herbe pour une scène. « Parce que mon personnage en fume et est stone (…) Si j’étais déjà enceinte à ce moment-là ? Oui… N’allez pas le dire à ma belle-mère. »

« On me fait souvent jouer des femmes détestables… » – Meryl Streep

Jennifer partage cette fameuse scène « à l’herbe » avec Meryl Streep, qui l’impressionne terriblement… « Sa capacité d’improvisation est soufflante… À un moment, je me suis dit à moi-même : ‘connasse, tu es vraiment en dessous de tout’ (Rires.) »

La grande Meryl Streep avait campé la mère de Leonardo dans « Simples Secrets » en 1998 (« il y a cent ans », a-t-elle plaisanté), mais n’avait en revanche jamais donné la réplique à Jennifer. Cela étant, celle-ci a quand même un « passif » avec elle, et elle a dû revenir dessus pour nous. En résumé, à la cérémonie des Golden Globes de 2013, Jen gagna le prix de la meilleure actrice pour « Happiness Therapy », l’emportant notamment sur Meryl qui était aussi dans la compétition. « J’ai battu Meryl ! » s’est-elle écriée sur le podium, des mots qui furent par beaucoup comme un affront envers son aînée. Plus tard, elle dut s’expliquer et le fit notamment chez David Letterman, disant qu’elle avait repris une réplique de « First Housewives Club » et simplement fait de l’humour. « J’avais 22 ans à l’époque, et je reconnais que ce n’est pas la décision la plus maligne que j’ai prise dans ma vie », s’est-elle encore excusée, toujours confuse, au Fox Bruin Theater. Et Meryl de la rassurer en glissant un « on t’aime quand même ». Sacrée Jennifer ! Ce ne serait plus elle si elle devenait sérieuse tout à coup…

Par rapport au fait qu’Adam McKay ait écrit le rôle de Kate en pensant à Jen, Meryl a assuré qu’une chose pareille ne lui était jamais arrivée. « On m’a souvent appelée après que d’autres actrices se soient désistées pour un rôle ». Elle n’avait jamais non plus incarné une Présidente des États-Unis, et McKay lui a offert cette opportunité. En plus d’avoir Jonah Hill comme fiston à l’écran ! Cela étant, cette présidente-là est une horrible personne, égocentrée et obsédée par sa réélection. Ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? « Je me rends compte qu’on me fait beaucoup jouer des femmes détestables », a constaté la star de 72 ans. « C’est quoi mon problème ? »

Pour vous divertir mais aussi vous faire réfléchir à la manière dont nous mettons l’air la planète, « Don’t Look Up : Déni Cosmique » est tout indiqué ! Vous y compterez aussi les stars comme on compte les étoiles dans le ciel. Bonnes fêtes !

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