Funérailles du Grand Jojo: «Il nous a tous fait aimer la vie»

« Y avait du monde à son enterrement. Car il dansait le french cancan », chantait le Grand Jojo sur sa célèbre chanson « Le french cancan », l'un de ses premiers succès. Ce mercredi matin, en la Basilique nationale de Koekelberg, à Bruxelles, la famille et les amis du poète et chanteur belge, mais aussi de nombreux anonymes, s’étaient déplacés pour rendre un dernier hommage à celui qui a fait chanter et danser les Belges pendant 50 ans, et pour adresser un dernier clin d'œil à celui qui était un ami fidèle. Environ 400 personnes, capacité de 200 augmentée par le bourgmestre, se sont rassemblées à 11h00 pour les funérailles du Grand Jojo, décédé à l’âge de 85 ans. La famille de l'artiste était unie derrière son épouse Nicole : son beau-fils Luc Van Buggenhoudt, son arrière-petit-fils et ses petits-enfants, ainsi que ses beaux-enfants.

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Sous les applaudissements de l’assemblée, le cercueil a fait son entrée dans la basilique sur « Ooba Boogie », jouée en direct par son orchestre « Les Poulycroc ». Une fan agite alors le drapeau belge. L’assemblée sourit lorsque la langue du père Marc Leroy fourche en néerlandais, transformant Lange Jojo en Lange Zozo.

Les amis du Grand Jojo étaient aussi évidemment présents pour rendre hommage à l'interprète de « Jules César ». Dans Basilique nationale, magnifiquement décorée d’un coloré et doux parterre de fleurs, on pouvait notamment reconnaître Salvatore Adamo et son épouse, Claude Barzotti, Jean-Luc Fonck ou encore Sandra Kim, Ivan Cévic et Dan Peeters. Mais aussi Enzo Scifo, Pablo Andres, Kody Kim, Daddy K… Elio Di Rupo, Ministre-Président de Wallonie, avait aussi fait le déplacement, comme Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles. Tout comme la journaliste de RTL-TVI, Sabrina Jacobs, amie depuis son adolescence avec le chanteur, l’animateur de « C’est du belge », Gérald Watelet, ou encore l’animateur de La Première, Marc Danval, accompagné de l’attachée de presse Viviane Vandeninden.

Lors de son discours, Cyril Forthomme, ami et archiviste du Grand Jojo, créateur du Musée Grand Jojo, a rappellé que Jean « a défendu toute (sa) vie les valeurs de notre pays » et qu’il avait « pendant plus de 50 ans, rassemblé le peuple belge, qu’ils soient wallons, flamands ou bruxellois, tous ensemble sous le drapeau belge (qu’il) arborait lors de tous (ses) concerts et qui l’accompagne encore aujourd’hui ». Mais aussi qu’il « aimait notre pays et notre famille royale, étais très patriotique et très royaliste ».

Le comédien Thierry de Coster, célèbre maître de cérémonie du Bal national, organisé chaque 20 juillet sur la Place du Jeu de Balle, dans les Marolles, a également rendu hommage à l'artiste qui venait régulièrement enflammer le cœur de notre capitale. La foule réunie dépassait souvent les 15.000 spectateurs.

« Le Grand Jojo rassemblait tout le monde : le petit gars de la rue, le prince ou le roi. (...) Quand il n’était pas là, une année sur deux, on se demandait quand il reviendrait. (…) Sans le Covid, on aurait fait la farandole dans la basilique. (…) C’était une icône mais c’était aussi notre copain. Bruxelles a une âme particulière. C’est un des plus beaux ambassadeurs de notre cœur qui nous quitte. You are the champion » Et la foule reprend le célèbre refrain qui a fait le tour du monde. »

Le père Marc Leroy a aussi rappelé que « Jean avait toujours avec lui une petite médaille de la vierge Marie. Il a demandé que sa croix de baptême l’accompagne dans son cercueil pour que cette petite médaille puisse désormais accompagner Nicole (sa femme, ndlr). Jean était un homme d’amour. Ce qu’il désirait, c’est qu’on soit tous ensemble. Il aimait tout le monde : les grands et les petits. (…) Jean a aimé et a tenu bon. Jean a continué à nous faire aimer la vie, à nous mettre ensemble, et pourtant il a perdu une épouse et un enfant. (…) Jean a fait chanter ce qu’il avait de plus beau en lui : la musique, les chants. Il nous a tous fait aimer la vie. Jean nous a rendu fiers d’être belges. Il faisait danser les foules mais il savait qu’il était un enfant du bon Dieu. Grand Jojo danse dans le ciel avec tous ceux qu’il a aimés. »

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L’assemblée a entonné l’Alléluia sur l’air de « Olé Olé Olé ». « Allé, Allé, Alléluia… ». Les petits-enfants de Jean ont invité l’assemblée à reprendre « E viva Mexico ». Les Poulycroc ont repris la Brabançonne telle qu’ils la jouaient pour et avec le Grand Jojo sur scène. Jamais une cérémonie d’au revoir à un artiste n’a été aussi joyeuse.

Le Grand Jojo a été inhumé au cimetière de Groot-Bijgaarden, en Brabant flamand.

« Tcheu dis, je suis parti… Mais que la fête continue ! », dit le Grand Jojo, tout sourire et vêtu du costume d’un capitaine de navire, photographié par le talentueux photographe belge Stéphane de Coster, sur la petite carte de remerciement reçue. Que la fête continue… Cher Jean, sois assuré que toujours tu resteras dans nos mémoires mais surtout dans nos cœurs. Et que toujours tu seras convié à nos rendez-vous de la fête.

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