Virée à la mer pendant les fêtes: au Coq pour un voyage dans le temps

Le quartier historique de «La concession».
Le quartier historique de «La concession». - Westtoer

Son nom est aussi étrange qu’attirant. En quoi un coq fait-il l’histoire d’une commune flamande ? L’explication viendrait de la mer.

L’équipage d’un navire en perdition se serait repéré au chant d’un coq qu’il entendait au loin.

Le roi de la basse-cour aurait ainsi permis aux matelots de rejoindre la terre ferme. La légende prétend que le chant de l’animal fut si puissant qu’il en mourut !

Alors qu’il était propriétaire de plusieurs hectares de terre, le roi Léopold II les a cédés en concession à une société privée afin de développer une nouvelle station balnéaire pour les Bruxellois francophones. Le monarque souhaitait voir édifier une centaine de villas anglo-normandes louées pour des longues durées à des propriétaires privés.

Dans les années septante, une règle urbanistique stricte contraint les grands promoteurs immobiliers de revoir leur projet parce qu’aucun permis ne sera délivré pour l’édification de bâtiments à multiples étages. Le paysage de la cité balnéaire garde dès lors son charme belle époque.

Avec ses petites cabines de bric et de broc, son cordon de dunes qui la ceinture dont celle de Wenduine, la 2ème plus haute du pays (31 m) et la plus longue plage de la côte belge (12 km), Le Coq-sur-Mer est le profil type de la station balnéaire populaire.

La plage est aussi l’une des plus calmes et les plus huppées du littoral belge. Depuis des décennies, des personnalités issues de tous horizons et de toutes les régions s’y retrouvent.

Dans les années 30, après un séjour aux États-Unis en tant que professeur, Albert Einstein, physicien et prix Nobel s’installe au Coq pour ne pas rentrer en Allemagne alors que le parti d’Adolf Hitler venait de remporter les élections.

Plus tard, ses belles-filles, son assistant et sa secrétaire viennent vivre avec lui. Einstein aimait les lieux, l’ambiance, le calme et l’air pur de la mer. Il aimait y recevoir de nombreux diplomates, politiciens, savants et artistes dont le peintre James Ensor avec qui il s’est lié d’amitié.

Sa tête ayant été mise à prix par les nazis, estimant que la situation était trop dangereuse, Einstein et sa famille quittent Le Coq incognito pour l’Angleterre le 9 septembre 1933 avant de s’installer définitivement aux États-Unis en octobre de la même année.

Une architecture qui vaut le coup d’œil

Nombreux sont les bâtiments qui méritent le coup d’œil, voire d’être immortalisés en souvenir d’une escapade singulière dans le plat pays.

La gare du tram de la Côte, érigée en 1902 en remplacement de la station initiale surnommée « De blekken statie » (la gare en tôle) marie avec grâce et élégance les courants normands, Art nouveau et Art déco. Classée, elle abrite désormais l’Office du Tourisme.

La plupart des villas anglo-normandes sont elles aussi classées afin de préserver ce précieux patrimoine du passé. Certaines sont à colombages, dotée de tourelles ou de petits balcons et recouvertes de tuiles orange. Certaines abritent des commerces ou des hôtels.

Fondé en 1923 soutenu par de puissants financiers comme Ernest Solvay, le Zeepreventorium marin était un haut de soin de la tuberculose. En 1903, à l’initiative du roi Léopold II, un parcours de golf entre dunes et mer fut inauguré.

Le tram en fête

Chaque premier samedi d’août, le tram et la ville sont en fête autour du thème de la Belle-Epoque. En l’espace de quelques heures, petits et grands profitent de multiples activités et s’immiscent dans le temps pour revivre quelques grands épisodes de l’histoire de la région.

De Haan est également bordée de la réserve naturelle De Kijkuit, à l’ouest du Zeepreventorium, où poussent des pensées sauvages, des iris mauves, des argousiers, bouquets de sureaux, pins maritimes, chênes rouvres…

Les courageux adeptes de marche profiteront de ses superbes panoramas.

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