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«En attendant Bojangles»: Virginie Efira et Romain Duris s’aiment à la folie

Dans « En attendant Bojangles », en salle à partir aujourd’hui, ils forment un couple de cinéma sensuel, dansant et chatoyant, jusqu’à ce que la schizophrénie s’en mêle. Ils en parlent à Ciné-Télé-Revue.

Qu’est-ce que la folie ? Dans des années 50 enchantées, le fantasque et roublard Georges (Romain Duris), escroc flamboyant plus que convaincant, rencontre la plus fantasque encore Camille (Virginie Efira, belle comme Virginie Efira). Lui tente de rendre beau le faux. Elle se perd dans le dédale de son imagination, qui masque des traumatismes plus sombres. Durant des années leurs rêves deviennent leur réalité, rythmée par leurs danses et les fêtes. Ils ont fait vœu de sensualité et de non-sens des responsabilités, se faisant un devoir de ne jamais ouvrir le courrier. Protégé par l’Ordure, ambassadeur au grand cœur qui vit son bonheur par procuration (Gregory Gadebois, à la bonhomie contagieuse), rien ne semble pouvoir les atteindre. Un enfant naît, c’est la félicité parfaite. Mais, malgré leur amour, malgré leur enfant, Georges et Camille vont être lentement séparés de plus en plus par le mur de verre de la schizophrénie qui ronge Camille. Georges essaye pourtant d’accompagner celle qu’il aime dans sa folie, en y embarquant leur fils, plutôt que de se montrer raisonnable pour trois…

L’histoire d’amour entre Camille et Georges nous dit qu’on a besoin de légèreté pour ne pas se prendre en permanence la violence du réel en pleine figure. Mais à partir de quel moment cela devient-il pathologique ? En adaptant « En attendant Bojangles », le roman à succès d’Olivier Bourdeaut, au titre inspiré d’un succès de Nina Simone, le réalisateur Régis Roinsard (« Populaire », déjà avec Romain Duris) teste les limites de l’« amour fou ». Georges tente de jouer le jeu de la schizophrénie de sa femme, aussi longtemps que possible, tout en tentant de protéger leur fils. Mais quel héritage vont-ils lui laisser ?

Comme pour « Populaire », Régis Roinsard opte pour la carte de l’esthétique et de la fantaisie plutôt que du réalisme. Cela nous vaut de très belles scènes colorées et joyeuses, ou au contraire douloureuse, lors du passage en institution psychiatrique, où soudain l’imagination, aussi maladive soit-elle, se fracasse contre le réel. Là, plutôt que la fuite pour, littéralement, construire des châteaux en Espagne, on aurait aimé que le réalisateur approfondisse la confrontation avec la schizophrénie. Elle lui faisait peut-être trop peur. La fin, aussi touchante soit-elle, est malheureusement un peu vite enquillée, faisant perdre de sa profondeur au film.

Virginie Efira, Romain Duris et Solàn Machado-Graner dans « En attendant Bojangles ». © Belga Films
Virginie Efira, Romain Duris et Solàn Machado-Graner dans « En attendant Bojangles ». © Belga Films

Il n’empêche qu’on passe un moment très agréable. Le couple plein de sensualité formé par Virginie Efira et Romain Duris fonctionne à merveille. Leur complicité est patente. C’est le fruit d’un travail en amont, lors de l’apprentissage des chorégraphies rythmant le film, comme ils nous l’ont confié dans une interview à lire dès ce jeudi dans votre Ciné-Télé-Revue. « On ne pouvait pas se permettre de ne pas être au point en arrivant sur le plateau », explique la comédienne. En même temps, « c’était bien d’avoir à trouver tout de suite une intimité physique. On était d’accord, dans cette histoire de croyance amoureuse, que ça passe par les corps, que ce soit un film avec une forme de libido, de sueur, de ne pas avoir peur de se toucher ou de brusquer l’autre… l’investissement de Romain est tel que tout semble possible, il n’y a pas de pudeur, on y va pleinement. »

Physique, sensuel, le film l’est assurément, même si parfois de façon surprenante. Pour certaines scènes de nu, Virginie Efira a dû dépasser ses limites : « Dans les autres films, en général, ce sont des scènes d’amour. Déjà, je ne suis pas toute seule à être nue, on partage un peu ses sentiments de pudeur avec l’autre, qui est mal aussi. Tandis que là, j’ai cru m’évanouir, quand je devais me balader à poil, avec mon petit chapeau sur la tête et des talons, pour aller faire des courses. Je me disais : ‘’Qu’est-ce que je fais comme métier, moi ?’’ Heureusement j’étais en confiance. Alors, on y va et on s’imagine qu’on est habillé ! »

« Ce qui est bien », ajoute Romain, « c’est que cette scène n’est pas gratuite, elle est magnifique. Parce qu’il la rejoint dans la rue, en se déshabillant aussi. Ça veut dire : ‘’J’accepte cette folie.’’ Je me retrouvais déjà à poil dans la rue dans ‘’Les poupées russes’. Ici, ça raconte encore autre chose. Et je pense ça fait de l’effet pour les spectateurs ! » C’est le mot ! Retrouvez l’intégralité de leur interview dans votre Ciné-Télé-Revue de ce 6 janvier.

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