Le nouveau «Scream» vaut-il le coup (de couteau)? Découvrez notre critique!

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«Scream» est de retour. A Woodsboro, tout le monde vous entend crier. © Sony
«Scream» est de retour. A Woodsboro, tout le monde vous entend crier. © Sony

« Matrix Resurrections », « Spider-Man : no way home », « S.O.S. fantômes : l’héritage », « West Side Story »… On savait Hollywood depuis des années dans la peur d’innover et préférant revenir encore et encore touiller sa soupe dans ses vieilles casseroles. Mais ces dernières semaines, il y a eu encore une accélération dans l’entreprise sans fin de recyclage de ses classiques. Forcément, à un moment, « Scream », la saga d’horreur méta de Wes Craven devait bien y passer à son tour, et nous offrir une réflexion à sa façon sur ses resucées à n’en plus finir.

Le nouveau « Scream », cinquième du nom, dû Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin, sort sur nos écrans ce 12 janvier, un peu plus de 25 ans après les débuts de la saga. A la question « vaut-il le détour ? », on ne vous dira pas que c’est à vous de trancher, le jeu de mots serait émoussé. On peut dire d’office dire qu’il est meilleur que le quatrième opus, datant de 2011, et par moments aussi drôle que le troisième. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle. On peut ajouter qu’il était parfaitement dispensable, mais ça tout le monde le savait avant même sa sortie.

Neve Campbell et Courteney Cox de retour face à Ghostface. © Isopix
Neve Campbell et Courteney Cox de retour face à Ghostface. © Isopix

David Arquette revient aussi dans le rôle du malheureux Dewey. © Sony
David Arquette revient aussi dans le rôle du malheureux Dewey. © Sony

On se demandait surtout comment le duo de réalisateurs succédant au défunt Wes Craven allait s’en sortir pour imprimer sa marque sans dénaturer la licence. Avec « Wedding Nightmare », Gillett et Bettinelli-Olpin avaient montré qu’ils maîtrisaient la comédie d’horreur, mais c’est encore autre chose de ne pas sombrer dans le ridicule. L’histoire, on la connaît. A Woodsboro, périodiquement, de sanglants dingos revêtent le masque de Ghostface pour aller trucider leurs prochains, de préférence parmi les proches de Sidney Prescott (Neve Campbell), leur cible favorite qui leur échappe toujours. Ici, ça ne rate pas, et c’est la jeune Tara (Jenna Ortega), qui fait les frais de la blague mortelle au téléphone qui ouvre traditionnellement les hostilités. Son agression fait revenir sa sœur, Samantha (Melissa Barrera), accompagnée de son petit ami, Richie (Jack Quaid, fiston de Dennis Quaid et Meg Ryan). Bientôt, la liste des méfaits du tueur s’allonge, au point que Dewey (David Arquette), ex-shérif de Woodsboro, rappelle Sidney et Gale Weathers (Courteney Cox), qui vivent leur vie bien loin de là… Voilà les trois survivants réunis de nouveau. Tous les ingrédients sont réunis pour leur faire leur fête une bonne fois pour toutes.

Le film est plutôt poussif au démarrage, et il ne prend son ampleur qu’après une scène qui risque de faire hurler nombre de fans des héros de départ, en enfreignant l’une des règles tacites les plus indéboulonnables de la saga. Mais c’était sans doute nécessaire pour « marquer le coup ». Il y a de grands moments, d’autres nettement moins convaincants, et parfois même quelques bévues. Mais dans l’ensemble, les réalisateurs font bien leur boulot. Du slasher correct, mis à part le manque de charisme de Melissa Barrera pour mettre ses pieds dans les chaussures de Neve Campbell.

Jack Quaid et Melissa Barrera, au coeur de l’intrigue de ce «Scream». © Sony
Jack Quaid et Melissa Barrera, au coeur de l’intrigue de ce «Scream». © Sony

Tout l’intérêt ensuite, c’est l’approche méta de la saga, l’un de ses piliers. Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin étant des fans invétérés des « Scream », les scénaristes ont eu la bonne idée de suivre ce filon. On est dans un « film de fans », une fanfiction. Les « Stab » (la translation de « Scream » dans son propre univers »), « qui sont devenus n’importe quoi à partir du 5 », avaient bien besoin d’un retour à leurs fondamentaux ! Mais ce « Scream » lui-même est dans la référence, les hommages et les citations permanents, jusqu’aux dédoublements de scènes – là, certains moments de la dernière partie du film sont un pur régal.

Tout cela nous vaut aussi une réflexion sur les « requels », un terme qui existait déjà avant mais que ce « Scream » va mettre à la mode chez nous. Les protagonistes l’utilisent pour désigner ces films qui mixent reboots et suites : de nouveaux personnages prennent la place principale, accompagnés des « anciens » de la saga originale – ici Neve Campbell, Courteney Cox et David Arquette – dans des rôles plus secondaires. Comme dans la troisième trilogie « Star Wars », comme dans « S.O.S. Fantômes : l’héritage », « Spider-Man : No way home »… La boucle est bouclée. De manière assez amusante, « Scream » poursuit, dans son style fun, la réflexion entamée par Lana Wachowski avec « Matrix Resurrections » sur le manque de créativité de Hollywood. Le point positif, c’est qu’une fois le mal identifié, on dit que la moitié du chemin pour en guérir est effectuée.

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