Mathilde Seigner: «J’ai décidé de faire une pause»

Mathilde Seigner: «J’ai décidé de faire une pause»
Isopix

Véritable boulimique de travail, Mathilde Seigner ne cesse d’enchaîner les rôles, que ce soit sur le petit ou le grand écran. Depuis deux semaines, on la retrouve dans « Une si longue nuit », une minisérie dont les deux derniers épisodes sont diffusés ce dimanche. Elle y campe une avocate qui défend un jeune homme de 20 ans, Sami, accusé de meurtre. Les derniers épisodes entrent dans le vif du sujet avec le procès aux assises. Mais Sami a sombré. Drogué, tatoué, le crâne rasé, il ressemble à tout sauf à un innocent.

Mathilde Seigner n’a en tout cas pas hésité avant d’accepter ce rôle. « J’avais apprécié la série britannique Criminal Justice, dont s’inspire le feuilleton, et je trouvais intéressant que l’adaptation française mette en scène une avocate et non un avocat. En effet, le point de vue d’une femme est différent de celui d’un homme et cela a un impact sur la narration. C’est une femme libre comme beaucoup de personnages que j’ai eu la chance d’incarner. Ce qui est très beau dans ce rôle, c’est son évolution. Au début, Isabelle est une avocate peu considérée, notamment par Jeff, le flic chargé de l’enquête, interprété par Jean-Pierre Darroussin. Elle ne paraît pas très crédible aux yeux de ses pairs. Lorsque Sami la choisit pour le représenter, la donne change. La suite des événements et sa ténacité vont prouver son talent et largement redorer son blason. »

Le fond de l’histoire l’a également interpellée. « Dès le départ, Sami est victime d’un délit de sale gueule. Au mauvais endroit, au mauvais moment, il est la cible idéale. Dès le premier épisode, le téléspectateur est tiraillé entre des faits implacables et le doute légitime qui subsiste. C’est ce qui est intéressant. Sous son regard angélique, Sami peut être coupable. C’est un vrai sujet à une époque où les accusations de viols se multiplient. Sayyid El Alami, qui joue Sami à l’écran, est un jeune comédien formidable ! C’est un gosse très travailleur qui s’est beaucoup impliqué dans son personnage. J’ai rarement vu ça. Très concentré, il vit à fond chaque scène et ne néglige aucun détail. Il a énormément de talent, mais aussi de la présence et ça, on l’a… ou pas. Sayyid souhaitait faire évoluer son personnage, changer de visage et c’est chose faite en rasant ses cheveux d’ange lorsqu’il rentre en prison. Il bascule alors dans l’ombre de l’univers carcéral, physiquement et psychologiquement. Le poids des apparences est terrible car ce nouveau visage le rend inquiétant. »

Tournage éprouvant

La comédienne de 53 ans avoue cependant que ce tournage a été éprouvant. « Je n’ai plus 20 ans et m’investir non-stop pendant trois mois est extrêmement épuisant. J’ai beaucoup travaillé dans ma vie et j’ai désormais décidé de faire une pause assez longue. J’ai envie de retrouver l’envie et pour ce faire, je vais me reposer un peu. » Mais avant cela, elle a quand même encore tourné dans deux autres projets : le téléfilm « Les enfants des Justes », adapté de Christian Signol, et le film « Chœur de rockers », qui sortira fin 2022 au cinéma.

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