Les Belges achètent de plus en plus online... et pour les experts, «2022 va continuer à bouleverser nos habitudes d’achats »

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Les Belges achètent de plus en plus online... et pour les experts, «2022 va continuer à bouleverser nos habitudes d’achats »

Nos habitudes de consommation ont-elles changé avec le Covid ?

« Totalement. Aujourd’hui, nous constatons que de très nombreux Belges achètent online. La croissance du commerce électronique a d’ailleurs été très importante lors du COVID. Les estimations varient, mais elles se situent autour de 30% par an, soit un quasi-doublement depuis 2019. Cette croissance n'est pas due exclusivement à l'augmentation des commandes de personnes qui avaient l'habitude d'utiliser ce canal, mais surtout par l'ajout de nouveaux consommateurs qui ont été obligés de franchir le pas suite au lockdown. On estime que plus de 70% de la population belge a réalisé un achat en ligne au cours des 3 derniers mois. C’était inimaginable il y a 5 ans ».

Comment envisager 2022 ?

« Le commerce digital représente en Belgique 15% de la distribution. Dans certains pays voisins tels que les Pays-Bas ou l’Angleterre, ce chiffre oscille autour de 40% . Cette donnée illustre l'ampleur de la mutation en cours. Nous allons dans la même direction que nos voisins. Des géants tels que Amazon, ebay et Aliexpress transforment profondément nos habitudes de consommation. Ces dernières années, les secteurs traditionnels du e-commerce (voyages, livres, ...) ont d’ailleurs été rejoints par de nouveaux secteurs tels que l'électroménager, le grocery (alimentation générale sèche et fraîche) et l'habillement (vêtements et chaussures). Si le consommateur y gagne, tant au niveau de la facilité que du choix, il faut cependant rester prudent car les commerces online et traditionnels ne font pas toujours le même métier ».

C’est à dire?

« Il y a une bataille réelle entre les deux et cette bataille est injuste. L'e-commerce n’a pas de loyer ni les mêmes charges qu’un commerce traditionnel. Les e-commerçants peuvent donc avoir des politiques de prix plus agressives tout en restant rentables. Mais j’invite vraiment les Belges à ne pas regarder uniquement le prix d’achat. Tout ce qu’il y a autour est essentiel également : le service après-vente, la garantie de qualité et le service personnalisé qui sont parfois inexistant online. Sans compter les arnaques présentent sur internet ».

Comment le secteur traditionnel et les commerçants qui nous lisent peuvent s’adapter ?

« Il y a plusieurs solutions possibles :

1/ Tout d’abord, au début du confinement, de nombreux magasins traditionnels ont développés une boutique en ligne et un service de clic and collect. Ceux qui ne l’ont pas fait peuvent sauter le pas en 2022.

2/ Ils peuvent aussi prendre l’habitude de référencer leurs excédents de stock sur des places de marché telles que Amazon, bol.com ou ebay. Ou carrément créer des liens privilégiés en n’opposant pas les magasins physiques et online, mais en faisant des partenariats. Une complémentarité entre le commerce traditionnel et le commerce en ligne peut-être soulignée dans les modèles adoptés par Farfetch (magasin de mode) et Zalando connect qui référencent les produits présents en boutique pour ensuite transférer les commandes vers les magasins physiques qui les enverront aux consommateurs. Cette formule est pour l'instant réservée au monde de la mode, mais pourrait servir d'exemple dans d'autres secteurs de la distribution.

3/ Pour ceux qui en ont l’occasion, ils doivent faire de cette expérience online quelque chose de différent qui va amener du public dans le magasin physique. Ils doivent offrir une expérience consommateur nouvelle (organisation de défilés, cours de cuisine, dédicaces ou lectures, …). On notera d’ailleurs que certains sites qui étaient uniquement online ont aujourd’hui ouvert des magasins physiques. C'est le cas de Coolblue en Belgique qui s'est installé goulet Louise à Bruxelles. Amazon à l'étranger a racheté la chaîne de magasins bio Whole Foods pour avoir une implantation physique.

4/ Enfin, une dernière tendance est illustrée par des enseignes traditionnels tel que Décathlon. Celle d’ouvrir son e-commerce à des produits qui sont en dehors de leur gamme classique, mais qui restent dans l’esprit du magasin. Sur leur plateforme, les particuliers peuvent aujourd’hui revendre des articles de sport usagés comme ils le feraient sur eBay ».

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